Sainte-Julie : du hockey en poésie
Un enseignant de l’école secondaire du Grand-Côteau, à Sainte-Julie, a développé une manière originale d’aborder la poésie en classe avec comme thème les Canadiens de Montréal et le hockey durant les séries éliminatoires.
Mordu de hockey et des Canadiens de Montréal, Patrick Dupont a voulu rendre le volet poésie de son programme d’enseignement plus attrayant pour ses élèves. Il a alors eu l’idée d’allier sa passion à l’apprentissage de la prose. « Je cherchais une façon de stimuler mes élèves à s’intéresser à la poésie, particulièrement les garçons, qui sont en général plus réticents à apprendre ce genre littéraire », raconte-t-il.
L’enseignant de 3e secondaire voulait aussi valoriser le phénomène et la culture entourant ce sport qui fait partie de la tradition québécoise. « Durant les séries, il y a une énergie incroyable dans l’air et je voulais que mes élèves puissent aussi vivre cette fièvre du hockey à l’école. Mes cours de poésie coïncident avec cette période de l’année, même si j’ai parfois dû mettre le projet sur pause, les Canadiens n’ayant pas participé aux séries pendant un certain temps! », dit-il en riant.
Histoire et poésie
Pendant environ trois cours, les élèves apprennent à démystifier les figures de style propres à la poésie qu’ils doivent intégrer à leur travail final en lien avec les Glorieux. M. Dupont assure que son enthousiasme envers ce projet et sa passion pour l’enseignement depuis 30 ans réussissent à faire participer toute sa classe, même les moins convaincus. « Il arrive que certaines filles, qui n’ont pas un grand intérêt pour ce sport, soient un peu rebutées au départ, mais elles finissent par se prêter à l’exercice, elles embarquent », mentionne-t-il.
L’enseignant en profite également pour intégrer à ses cours des notions sur l’histoire du hockey et du Tricolore. « Le « Go Habs Go » est bien évidemment permis dans les travaux. C’est un pan important de l’histoire du hockey au Québec, explique-t-il en montrant l’œuvre d’un de ses élèves qui a utilisé le slogan. Le mot « Habs » est un diminutif d' »Habitants », un surnom autrefois donné aux équipes de hockey francophones. »
Des élèves enthousiastes
L’un des élèves de la classe de M. Dupont, Hugo, qui suit les matchs des Canadiens, particulièrement durant les séries éliminatoires, affirme que le projet l’a grandement motivé. « Je pensais davantage aux Canadiens qu’à l’aspect académique lors de l’exercice. Ç’a été vraiment le fun à faire! », s’est-il exclamé. L’adolescent a aussi apprécié les lectures sur l’histoire du hockey et de l’équipe montréalaise proposées par son enseignant.
Elsa, qui joue au hockey depuis un an, ne s’est pas fait prier pour faire son devoir. « J’ai toujours aimé les Canadiens et ma famille est fan de hockey. C’était un travail plaisant à faire et, comme je connais beaucoup de faits sur l’équipe, ç’a été assez facile pour moi », dit l’adolescente de 15 ans, qui s’est inspirée de l’esprit d’équipe et de l’ambiance au Centre Bell durant les séries.
Sa camarade de classe Annabelle a aussi été séduite par le projet. « Je baigne là-dedans depuis que je suis toute jeune. Je regarde les matchs des Canadiens assidûment avec ma famille », ajoute l’adolescente de 15 ans, qui s’est initiée au hockey avec son père. Idem pour Maeva, qui est une adepte du sport. « J’ai voulu écrire un beau poème enrichi, alors je me suis appliquée, mais ç’a été un travail assez facile à faire en soi », mentionne-t-elle. Les quatre étudiants sont unanimes : ils ont adoré l’expérience.
Une tradition à l’école
Lors des jours de match des Canadiens, les élèves sont invités à arborer les couleurs de l’équipe, une tradition instaurée à l’école du Grand-Coteau à l’époque où un code vestimentaire était encore imposé. « Il y a quelques années, les élèves devaient porter un polo à l’école. Mais durant les séries, ils avaient la permission de porter des vêtements aux couleurs des Canadiens ou de leur équipe favorite, ce qui rendait la frénésie des séries encore plus palpable dans les corridors », se rappelle l’instigateur de l’activité lancée il y a 15 ans.
Cette année, le partisan du Tricolore s’est même appliqué du vernis à ongles bleu, blanc et rouge afin d’illustrer à ses élèves l’expression « fan jusqu’au bout des doigts ». M. Dupont se dit fier de son projet, qui permet aussi de renforcer les liens entre le personnel de l’école et les étudiants. « Je me suis créé un pseudonyme pour lire de la poésie à l’intercom de l’école quand les Canadiens jouent un match. Je prends une voix amusante, ce qui fait bien rire tout le monde », confie-t-il en souriant. « Mes élèves participent et mettent beaucoup d’efforts pour écrire des poèmes de qualité. Ça m’impressionne chaque année », conclut M. Dupont.

