Saint-Bruno: Résilience polaire, de Caroline Côté, au lac du Village

Caroline Côté, exploratrice polaire, photographe et cinéaste d’aventure, expose jusqu’au 31 décembre au Parcours du lac, situé au lac du Village à Saint-Bruno-de-Montarville.

« C’est ma première exposition en extérieur. Avec le changement de température à l’automne, la première neige qui pourrait arriver en décembre, je sentais que l’exposition prenait tout son sens à cet endroit », raconte Caroline, qui s’entraîne parfois au parc national du Mont-Saint-Bruno.

Avec Résilience polaire, la photographe, grâce à plusieurs périls dans des territoires extrêmes et glacés, témoigne de la beauté, de l’immensité et de la résistance de milieux polaires. « Lorsqu’il fait froid, même ici au Québec lorsqu’il y a une tempête et que l’on voit quelqu’un de pris sur le bord de la route, on est plus enclin à s’arrêter et à l’aider », explique-t-elle. Par cette exposition, à travers ses photographies, l’artiste souhaite entre autres témoigner de cette entraide avec les autres explorateurs dans les territoires plus hostiles qu’elle a visités. Même si Caroline détient le record mondial féminin pour avoir atteint le pôle Sud en ski de fond sans assistance, une aventure de 1130 kilomètres entre Hercules Inlet et le pôle Sud, qu’elle a traversé en 33 jours, 2 heures et 53 minutes, l’exploratrice voyage beaucoup avec d’autres aventuriers comme elle, comme son conjoint Vincent Colliard.

Univers à découvrir

C’est aussi l’occasion de montrer les milieux polaires, que les gens connaissent moins, et d’en apprendre à ce sujet. « Les Québécois ont tendance à aimer le froid, pas celui avec de la slush à Montréal l’hiver, mais celui que l’on retrouve dans les milieux sauvages », exprime-t-elle.

L’artiste a elle-même découvert cet amour de l’aventure après celui de la création. C’est lors de sa première expédition en Antarctique qu’elle a débuté ce parcours, qui l’a amenée à des dizaines d’explorations polaires.

Celle qui habite aujourd’hui la Norvège souhaite que tous les visiteurs qui se rendront au Parcours du lac puissent prendre un pas de recul par rapport à leur quotidien en contemplant l’air frais, le froid de la glace ou le craquement de neige qui se cachent dans ses photographies. « Les explorations m’ont amené un meilleur mode de vie. J’espère que l’exposition permettra aux gens de prendre un pas de recul et de prendre un moment alors que nos vies défilent à toute vitesse », précise-t-elle.

Nouvellement maman, l’exploratrice doit revoir ses expéditions, limitant la longueur de ses périples dans les froids polaires.

« L’exposition témoigne aussi des différents stades de ma vie. Il s’agit d’un petit bilan de l’ensemble de ma carrière », exprime l’artiste passionnée par les longues distances.

En autonomie complète

Elle a d’ailleurs participé à plusieurs Ultra-Trail Harricana, Les Traces du Nord Basse-Terre ou la Trail La Clinique du coureur. Son conjoint et elle ont entre autres parcouru l’archipel du Svalbard, dans le cercle polaire arctique, pendant 63 jours en autonomie complète au cours de la nuit polaire. C’est un phénomène qui se produit uniquement dans les cercles polaires. Pendant cette période, le soleil ne se lève jamais. 

Si la photographie est l’un des médiums qu’elle utilise pour capturer ses explorations, Caroline réalise et filme aussi des documentaires pour raconter ses expéditions.

Chaque image est le fruit d’une expédition dans des lieux uniques. Capturées sans se poser de questions, les images de l’exploratrice sont prises dans des conditions parfois si dangereuses qu’elle ne peut s’attarder longtemps pour prendre une multitude de clichés. « J’aime, dans mes photos, illustrer la force des gens qui prennent part à ce monde hostile », explique-t-elle.

Préparation physique

Que ce soit pour un périple en Antarctique, à Svalbard, à Pond Inlet ou à l’île d’Ellesmere dans le Nord canadien, l’exploratrice doit s’entraîner à l’année pour arriver à de tels exploits. « Je fais beaucoup de ski de fond, des entraînements en musculation, on tire parfois des pneus à notre taille pour simuler notre traîneau, mais je n’ai jamais osé le faire au mont Saint-Bruno », précise-t-elle en riant concernant sa préparation physique. Lors de ses expéditions en autonomie, les explorateurs doivent traîner avec eux leur nourriture, leur matériel, leur eau, un poids considérable sur les cuisses dès les premières journées, alors que le traîneau est chargé à son maximum. 

L’exposition Résilience polaire, au Parcours du lac jusqu’au 31 décembre.