Saint-Bruno: l’ouverture du Festival de Théâtre Arts-études à l’école secondaire arrive

Du 24 novembre au 4 décembre prochains, les élèves de première secondaire jusqu’à la cinquième secondaire participeront au Festival de Théâtre Arts-études de l’école secondaire du Mont-Bruno.

La nervosité et l’excitation étaient bien au rendez-vous, deux semaines avant le début de cette première édition, chez les élèves de deuxième secondaire. « J’ai hâte à la fois d’être sur scène et de regarder les autres niveaux jouer », mentionne Charleson, l’un des personnages principaux dans Le Cid. 

La fameuse pièce de Corneille, éponyme de l’adaptation d’Isabelle Sasseville, est un grand classique du théâtre. « C’est une pièce qui, à la première lecture, est difficile à comprendre, mais qui est le fun à jouer une fois qu’on la saisit bien », mentionne le jeune comédien, qui avoue sortir de sa zone de confort par l’interprétation de l’un des protagonistes. 

Pour Vincent St-Louis-Michaux, coordonnateur des trois programmes d’Arts-études, la création d’un tel festival de théâtre est une occasion unique pour les élèves, mais aussi pour l’école d’ouvrir ses portes à la communauté. « L’évènement se déroule dans l’agora de l’école secondaire du Mont-Bruno. Le mot vient prendre tout son sens, puisque l’on invite la communauté à venir voir ce que les jeunes font directement dans cet espace public », explique M. St-Louis-Michaux, aussi emballé que les élèves à l’idée de produire cinq spectacles en deux semaines.

Un éventail de choix

Pour souligner l’ouverture de ce tout premier festival de théâtre, ce sont les élèves de troisième secondaire qui interpréteront la pièce La chambre se meurt, une adaptation de Jérémie Poirier de la pièce d’Eugène Ionesco, Le roi se meurt. « On est, avec cette pièce, dans du théâtre de l’absurde, où l’on aborde la notion de pouvoir qui rend fou », explique le coordonnateur du programme. L’offre théâtrale diversifiée donne un éventail de choix aux amateurs de théâtre de la région. Les élèves de quatrième et cinquième secondaire présenteront une adaptation et un collage de plusieurs textes de David Paquet, un dramaturge canadien.

« Le titre, Radio Charlot, prend vraiment tout son sens lorsqu’on connaît un peu les œuvres de David Paquet », lance Charles-Aubey Houde, comédien et porte-parole du FTAE, lors de la lecture du titre de la pièce. Cette pièce parle des réalités des adolescents de manière crue, drôle, dramatique, tragique et surtout nécessaire.

Charles-Aubey Houde sera également membre du jury lors de ce festival, et le choix de ce comédien pour lancer cette première édition n’est pas anodin.

« Je suis venu à plusieurs reprises travailler avec les jeunes, notamment pour le jeu devant une caméra », raconte l’acteur, que l’on peut voir dans plusieurs séries québécoises.

Sa première collaboration avec le programme de théâtre à l’école Mont-Bruno remonte à il y a cinq ans, pour un cours de voix et de diction dans l’agora, un espace très ouvert, où la projection de la voix demande beaucoup de travail.

Un programme qui évolue

M. Houde rappelle que c’était alors avec les élèves de première secondaire, la toute première cohorte de ce programme. Ce sont ces mêmes élèves qui, cinq ans plus tard, présenteront Radio Charlot.

« C’est impressionnant de les revoir en fin de parcours », raconte le comédien. Les jeunes de cinquième secondaire, qui aiment s’appeler la « cohorte test » auprès du coordonnateur, sont fascinés par l’ampleur du programme aujourd’hui, témoigne Vincent St-Louis-Michaux.

« Ils ont été aux premières loges de l’évolution du programme et c’est pour eux aussi une fierté que nous soyons rendus à offrir un festival qui perdurera, on l’espère, dans le temps, et qui ouvre leur travail à la communauté. »

L’expansion du projet au cours des cinq dernières années est surprenante. Alors qu’un élève sur quatre étudie en Arts-études au sein de l’établissement, l’école ouvrait deux classes en théâtre pour une première fois.

« Les élèves de cinquième secondaire n’en reviennent pas d’avoir été de ceux qui ont dû être convaincus de se joindre à un nouveau programme alors qu’aujourd’hui, ce sont plus de 400 élèves de la sixième année qui participent aux auditions pour intégrer le programme », explique le coordonnateur.

La sélection des élèves ne se base toutefois ni sur la performance, ni sur les résultats scolaires, mais sur la volonté d’intégrer le programme. « Le nombre de places dans le programme est limité par l’espace physique des lieux, mais on voudrait l’offrir à encore plus de jeunes », précise le coordonnateur.

Des « couleurs » différentes

Les deux classes de la première secondaire jouent la même pièce, Les Oiseaux, une adaptation de Félix Basque de la pièce du poète grec Aristophane. C’est l’histoire d’habitants d’Athènes fuyant une société corrompue et qui trouvent refuge chez les oiseaux. Si les textes sont les mêmes pour les élèves des deux groupes, l’interprétation et la mise en scène restent uniques.

« C’était un bel exercice de style pour les jeunes et pour les spectateurs. Ce sont deux spectacles différents avec les couleurs de chaque classe », explique-t-il quant à la tournure du travail effectué dans les derniers mois par les élèves. 

Charles-Aubey Houde fera partie du jury lors des cinq représentations où trois prix seront attribués à chacune des pièces. L’implication, l’aide en coulisse et la présence scénique sont les trois mentions que se verront remettre autant d’élèves dans chacune des pièces.