Saint-Bruno : le lac du Village Sous Zéro

La Ville de Saint-Bruno-de-Montarville présente une nouvelle exposition sur le Parcours du Lac, situé au lac du Village. Sous le nom de Sous zéro, il sera possible d’admirer le travail de Mario Cyr, une référence mondiale dans la photographie animalière et aquatique.

Même en été, difficile de passer à côté des beautés de la nature hivernale, surtout lorsqu’elles sont immortalisées par Mario Cyr.

Ce Madelinot exposera, jusqu’à la fin du mois de décembre sur le Parcours du Lac, au lac du Village de Saint-Bruno-de-Montarville, une première exposition intitulée Sous zéro. Jusqu’à la fin du mois de décembre, les visiteurs auront la chance de voyager jusqu’au cercle polaire grâce aux magnifiques photos d’un pionnier de la prise de vue sous-marine. « L’exposition Sous zéro nous permet d’admirer un écosystème impressionnant, où la nature et la faune sont aussi magnifiques qu’imposantes. J’invite les citoyens de Saint-Bruno à venir découvrir en grand nombre les mers du monde et les univers glacés », explique Hélène Ringuet, conseillère du district 6 – De la montagne, et responsable de la culture.

Depuis toujours 

Le journal s’est entretenu avec l’artiste qui devrait être à Saint-Bruno pour admirer pour une première fois son exposition. « Je n’ai pas eu encore l’occasion de la voir. C’est vraiment une partie de mon travail qui sera exposée. Ce sera une première pour cette exposition. Tout s’est fait avec beaucoup de professionnalisme dans l’ensemble du processus avec la Ville », de préciser M. Cyr.

Cela fait depuis de nombreuses années que l’homme écume les étendues d’eau du monde pour dérouler sa pellicule au service de la nature. « Je fais de la plongée depuis plus de 50 ans, mais cela fait 35 ans que je fais de la photographie. Je suis souvent allé dans l’Arctique canadien, l’Antarctique, la Norvège, le Groenland. J’ai fait 45 expéditions. C’est là que j’ai trouvé mon créneau, ma passion. Les photos représentent une partie de mon travail », explique-t-il.

Né aux Îles-de-la-Madeleine, M. Cyr a grandi au bord et dans l’eau. « Ça fait partie de mon ADN. Quand j’étais jeune, l’eau, c’était mon terrain de jeu. » Son premier cours de plongée, il le fait à 16 ans et, à 19 ans, il en fait sa profession dans le monde commercial pour faire des travaux sous-marins. Très vite, il commence à photographier ce qu’il voyait et son nom a commencé à circuler. « Le monde de la prise de vue sous-marine est petit. Une équipe de Californie est venue un jour pour un tournage au Groenland. Elle m’a engagé comme guide. C’est à partir de ce moment que j’ai eu le goût de montrer aux autres ce qu’il se passait sous l’eau. »

Avec les plus grands

En travaillant pour la construction de ponts, surtout en hiver, son corps s’habitue progressivement au froid. « Au début, je ne pouvais pas rester longtemps dans l’eau froide et je me suis habitué. Dans les années 90, le monde de la photo et de la vidéo par grand froid était rare. Alors, lorsqu’on voyait mes photos d’ours polaires, de phoques, de manchons sous la glace ou dans l’eau, les entreprises dans ce créneau commencent à t’appeler. C’est arrivé comme cela, complètement par hasard. »

C’est ainsi qu’il a travaillé pour plus de 200 projets, que ce soit pour des documentaires ou des films animaliers pour des entreprises aussi prestigieuses que Discovery, la BBC ou encore National Geographic.

Plonger dans les eaux glacées de l’Antarctique est une passion plus grande que tout. Croiser le regard des baleines, être à proximité d’un ours blanc dans l’eau, c’est la présence de gros animaux dans un univers glacé qui fait vibrer le plongeur. « Je suis fan de gros animaux. Quand je me trouve en face d’eux, je suis comme en transe devant leur beauté. Ensuite, tu espères que la technique va bien marcher, qu’il y aura le bon focus. À ces moments-là, il y a comme une espèce de connexion qui se fait avec ces animaux. Les sensations sont extrêmement fortes. »

Après toutes ces années aux pôles, Mario Cyr est forcé de constater les effets du réchauffement climatique. « Il n’y a aucune ambiguïté. En Arctique, en 1991, tout semblait normal jusqu’en 1995. Pendant 34 ans, j’ai vécu des gros froids, des glaces intenses. À partir de 1995, la glace a commencé à fondre. Aujourd’hui, c’est incroyable comme tout a changé.

L’épaisseur de la glace, sa superficie ont diminué énormément. C’est flagrant, même à l’œil nu. C’est un peu décourageant de voir que les êtres humains ne semblent pas être concernés par cette situation », de conclure M. Cyr.