Saint-Bruno : Aswell… de la banlieue au berger
Le rappeur Aswell propose, depuis la fin février, Berger, un nouvel album contenant 10 chansons. L’artiste de Saint-Bruno-de- Montarville amorce une tournée de spectacles le 10 avril au MTELUS, à Montréal.
« Je ne voulais pas me faire attendre. Un premier album, tu as un peu toute ta vie pour le faire. Le deuxième doit arriver plus rapidement », explique en entrevue Aswell.
Le chanteur avait proposé Banlieue, son premier disque, le 8 mars 2024. Deux ans plus tard, presque jour pour jour, il rend disponible Berger. « Ça fait beaucoup d’années que je fais de la musique. Ça fait presque dix ans. Tout le chemin pour se rendre au premier album… un premier qui a bien fonctionné. Nous avons fait le tour des festivals, une grosse tournée. Le deuxième album, c’est un peu une réalisation », souligne celui dont le véritable nom est Louis Lussier.
Un ancien de La Collection
Avant sa carrière solo, Aswell fait partie d’un collectif. Adolescent, il enregistre ses premières chansons aux côtés du rappeur PC the Infamous (Alexis Plante), avec qui il formera La Collection. Le groupe se produira au Centre Marcel-Dulude, à Saint-Bruno-de-Montarville, à deux reprises. Une première fois en février 2017, puis plus tard la même année, le 2 décembre, afin d’assurer la première partie du concert de Koriass. Depuis, le clan s’est séparé, mais les membres de La Collection font de la musique en solo.
« Toute ma carrière, on voulait y arriver, on fait tout pour y arriver. C’est pour ça que le deuxième album, en ce moment, c’est un peu la consécration. On est à la place que je voulais être quand j’avais 17 ans à Saint-Bruno. C’est écrit de ce nuage-là. Ce n’est pas une fin comme »on est rendus là », c’est aussi un début. Le futur est brillant. On est excités pour l’avenir. L’album représente ça beaucoup », résume le jeune homme.
Le phénomène Aswell
Phénomène de l’écoute en ligne et nouvelle sensation du rap québécois, Aswell s’est imposé en à peine quelques années en tant que voix incontournable de la scène musicale d’ici, ainsi qu’à titre de figure de proue des musiciens de sa génération.
Porté par ses deux premiers projets en carrière, le microalbum Solo (2021), de même que l’album Banlieue, lancé dans un Club Soda à guichets fermés, le Montarvillois d’origine compte plus de 55 millions d’écoutes sur l’ensemble des plateformes de diffusion en continu et une certification single d’or pour son morceau Leaving.
Avec sa musique, Aswell oscille entre l’emo rap, la pop et le folk québécois. L’artiste se distingue par ses flux mélodiques et accrocheurs ainsi que par ses textes personnels, authentiques, empreints d’une volonté introspective dans lesquels il explore notamment les difficultés amoureuses, le vide existentiel et l’ambition de réussir entouré des siens.
Le berger
Le titre de ce deuxième opus, Berger, n’a pas été choisi au hasard. « Je suis rendu là, mais je suis rendu avec les gens que j’ai toujours côtoyés. Je me suis rendu ici avec les mêmes personnes avec qui j’ai traîné toute ma vie », explique-t-il.
Après La Collection, Aswell était un projet solo. L’artiste portait tous les chapeaux. Il mixait, faisait les beats, le matriçage. Le titre de son premier microalbum, Solo, n’avait pas été décidé au hasard non plus. Il s’occupait de tout. Aujourd’hui, il sort un nouveau projet, mais il est loin d’être seul. « J’ai touché aux beats, à la compo… Je suis partout à la fois, mais je suis entouré d’une grande équipe, que ce soit pour la production, les vidéos… »
Pour lui, c’est un plaisir d’être entouré en faisant de la musique. « C’est cool, faire de la musique seul. Mais la musique, c’est un truc qui a besoin d’être partagé avec des gens. La musique sort meilleure. Tout le monde peut briller dans ses forces. Il y a un effet de groupe. »
Il poursuit en insistant sur ce titre, ou ce rôle, de berger. « En fait, ma réalisation, ce que j’ai réalisé, c’est que le premier album, c’est Banlieue. C’est d’où je viens. C’est Saint-Bruno. Le deuxième, on est rendus ailleurs, on a make it [réussi]. C’est cool d’avoir make it. Mais c’est cool aussi d’être avec nos gens. Dans ma vie, ce qui me tient à coeur, c’est les personnes qui sont autour de moi et que j’ai côtoyées tout au long de ma vie. »
Plus jeune à Saint-Bruno, Louis Lussier organisait des partys. Ce qui l’animait, c’était de réunir ses amis de différents groupes pour qu’ils se rencontrent. « Comme un chien berger qui aime quand son troupeau est regroupé. Ce que j’aime pour de vrai, c’est de rassembler mes gens. La musique permet ça, rassembler le monde.
Mes parents sont divorcés, mais les seules fois qu’ils se voient, c’est à mes shows », confie celui qui se qualifie d’« éternel nostalgique ».
Du rap… et du folk
Berger ne propose pas seulement du rap. Des chansons comme Last Name, Ce gars-là et Hochelaga donnent dans le folk ou ce qu’il appelle de la chanson québécoise. Banlieue en avait aussi. Et c’est pleinement assumé par le principal intéressé. « C’est quelque chose qui vient de façon organique. »
Aswell sera en concert à Montréal le 10 avril. L’Impérial Bell de Québec lui ouvrira ses portes le 24 avril. D’autres dates seront annoncées.
