Route des arts du Richelieu : vers l’économie solidaire

La Route des Arts du Richelieu célèbre son dixième anniversaire. Le projet s’oriente aujourd’hui vers l’économie solidaire pour se renforcer.

Pascal Normand est artiste en arts visuels. Installé à Montréal, il a décidé de s’installer sur la Rive-Sud en 2019. Dans le but de poursuivre son projet professionnel, il cherche un moyen efficace de se faire connaître et de prendre part aux activités culturelles de la région. « C’est à ce moment-là que la Route des Arts du Richelieu s’est rapidement présentée comme une opportunité. C’est une chance de faire partie d’un collectif d’artistes, de diffuser mon travail et de participer aux visites d’ateliers. »

Née du désir des artistes de promouvoir la culture, la Route des Arts du Richelieu permet au grand public de rencontrer les créateurs de la région, allant de Beloeil à Chambly. Outre les lieux d’exposition, les ateliers sont également ouverts à la visite. Les diverses activités offrent à Pascal Normand l’occasion de se faire connaître et, bien entendu, de faciliter la vente de ses œuvres. « Vivre de son art est toujours un défi, souligne-t-il. Je peux prétendre à une reconnaissance du public, de mes pairs, et gagner des prix, mais tout cela doit se maintenir au fil du temps. Il faut entretenir sa réputation. »

Économie sociale

Loane Ouellet, coordinatrice de la Route des Arts du Richelieu, milite depuis plusieurs mois pour donner un nouvel élan à la structure. « C’est un virage affirmé, assure-t-elle. Le projet est né d’un groupe d’artistes qui œuvrent par plaisir. Comme pour de nombreux organismes, il n’y avait pas de ressources rémunérées, donc cela finit par s’essouffler et disparaître. Mon but était de montrer que les bénévoles doivent être décisionnaires, et non opérationnels. »

C’est ainsi que Loane Ouellet a intégré l’économie sociale au projet.

« L’organisation devient ainsi plus solide, elle dépend moins des subventions. Nous avons vu que nous pouvions générer des revenus grâce à nos projets. Même si les subventions se réduisent de partout, le bilan est extrêmement positif. Nous chargeons des heures de cours à des prix dérisoires. Nous avons augmenté nos tarifs tout en intégrant des personnes issues du milieu communautaire dans notre conseil d’administration. L’économie sociale nous empêche de réaliser des profits, mais elle nous permet de couvrir nos frais. Si nous faisons un profit, il est directement réinvesti dans un autre projet, ce qui nous permet d’être autonomes. »

Ainsi, le travail est désormais assuré par une personne salariée plutôt que par un bénévole. « Au moins, chaque heure est rentabilisée, poursuit la coordinatrice, qui est aussi artiste. Nous avons également fait appel à des personnes extérieures à notre territoire pour intégrer notre collectif.

Nous avons changé notre culture et notre système de valeurs. J’entends souvent dire :  »Ton travail, c’est un loisir ». Même si cela est dit innocemment, cela révèle un tabou entre l’argent et la culture. Nous voulons changer cela et nous sommes passés à un niveau supérieur avec la Route des Arts du Richelieu. »