Réflexion et inspiration

Boudro

Est-ce que la COVID-19, dans tout son malheur, peut inspirer? Est-ce que la pandémie mondiale qui s’abat sur la planète amène à la réflexion? C’est ce que croit l’artiste peintre Boudro, à qui le journal Les Versants s’est adressé.

« La planète souffre. La moitié de la terre est en confinement. Il n’y a plus d’avion dans le ciel, l’eau de Venise est plus claire, des changements immenses sont en train de se dérouler sous nos yeux. La planète est en train de demander une pause. Partout », répond Boudro, un artiste reconnu à l’international. Il est entre autres représenté dans différentes galeries en Europe et aux États-Unis.

Or, dans plusieurs villes de la planète, le commerce est au ralenti, quand il n’est pas complètement en arrêt. « Pour les galeristes et leurs artistes, comme pour tous les métiers d’ailleurs, la pandémie vient compliquer bien des affaires », affirme un Boudro qui avait le projet de rapatrier certains tableaux au pays et de préparer un solo en Allemagne pour le mois de juin. « Cela n’aura pas lieu, dit-il. Tous les artistes qui avaient des expositions dans les semaines à venir ont dû les reporter. »

« La planète souffre. La moitié de la terre est en confinement. […] La planète est en train de demander une pause. » -Boudro

Il salue la créativité de tous ceux qui ont su s’adapter rapidement à la situation. « La beauté de la chose, si je peux me permettre, c’est que les gens deviennent plus créatifs, trouvent des solutions. Les petits restaurants, par exemple, qui n’avaient jamais livré auparavant, se virent de bord et offrent ce service! », mentionne Boudro, évoquant un constat semblable de la part de galeristes, qui se tournent vers différentes plateformes Web pour promouvoir leurs protégés.

Malgré la situation financière précaire à laquelle plusieurs citoyens doivent ou auront à faire face, Boudro rappelle que « l’art fait du bien ».

Inspiration

Selon lui, les artistes – le peintre comme le musicien, l’écrivain ou tout autre – devraient tirer quelque chose de la situation exceptionnelle dans laquelle l’être humain est plongé depuis quelques mois. « Un artiste, à moins d’avoir les yeux complètement fermés à ce qui se passe autour de lui, aura le goût de créer quelque chose en lien avec cette histoire. Personnellement, en tant que peintre pop art, c’est sûr que je veux m’inspirer d’un événement comme ça. »

Rappelons qu’en hommage à la ville de New York pour le 10e anniversaire soulignant les attentats du 11 septembre 2001, Boudro avait collaboré avec l’artiste Roger Katch afin de créer Piece Of Love. L’œuvre, en forme de cœur typique à Katch, découpée en puzzle propre à Boudro, avait été exposée à la galerie d’art Michel-Ange, à Montréal, avant de s’envoler à la galerie Bartoux, en France.

Plus récemment, Guy Boudreault publiait sur sa page Facebook une œuvre du passé avec ce commentaire « Stay Home! We Love You! » [traduction : Reste à la maison! Nous t’aimons!]. La toile illustre un Oncle Sam en noir et blanc à l’avant-plan, son doigt autoritaire pointé vers l’observateur. Le personnage est entouré de ces dessins animés colorés reconnaissables de l’œuvre de Boudro. « C’est un tableau que j’ai conçu il y a longtemps. C’est l’original, que je n’ai pas retouché, sur lequel je suis tombé par hasard, et dont je trouvais d’actualité! On y voit un Oncle Sam autoritaire qui veut faire respecter les consignes, entouré de personnages joyeux et qui démontrent une belle joie de vivre. Je trouvais que c’était de circonstance », de déclarer le principal intéressé.

Enfin, un événement mondial comme la COVID-19 amène à réfléchir plus en profondeur, en tant que société. Selon Boudro, les gens ne verront plus les choses de la même manière après la pandémie. Des éléments risques de changer. « Les grandes croisières, les voyages outremer, il y aura une réflexion profonde à faire sur ces périples. » Récemment, le premier ministre, François Legault, a évoqué l’après-crise lors d’un point de presse. Il a parlé de privilégier l’achat local et les produits locaux. Boudro précise sa pensée : « C’est une réflexion sur laquelle il faut se pencher. L’achat local s’applique aussi pour le tourisme, les voyages… pourquoi ne pas découvrir le Québec et le reste du Canada, partir dans l’ouest développer mon travail, me réaliser en tant qu’artiste, mais au pays? »

QUESTION AUX LECTEURS :

Artistes, la COVID-19 vous inspire-t-elle?