Réal Calder, l’artiste du paysage

Artiste invité de la 20e Fête des arts

Le peintre Réal Calder, de Mont-Saint-Hilaire, sera l’artiste invité pour la 20e Fête des arts de Saint-Basile-le-Grand, qui se déroulera du 11 au 13 novembre. Le journal l’a rencontré.
Réal Calder participe depuis plus de 30  ans à des expositions au Québec et à travers le monde. Dans sa démarche, il explore la représentation du paysage en peinture. Ses tableaux, par leur matérialité et par leur facture, portent les traces de l’oscillation entre l’inquiétude et l’émerveillement suscités par l’appartenance à la nature. M. Calder mettra en lumière, dans le cadre d’une conférence à la Fête des arts, son cheminement artistique ainsi que la relation des arts visuels au réel. L’Extase du voir, une conférence de Réal Calder, aura lieu le dimanche 13 novembre à 10 h.

« Je trouve intéressante l’idée de m’impliquer, d’offrir une conférence, de rencontrer et d’échanger avec d’autres artistes. » – Réal Calder

« C’est un grand honneur pour moi d’avoir été invité à participer à l’événement de la Fête des arts, une activité qui contribue à l’essor des artistes de la région et à la diffusion des arts visuels. Je crois que c’est important d’encourager toute municipalité qui est prête à apporter sa contribution en culture », mentionne Réal Calder, dont le thème de prédilection est le paysage.
« C’est la première fois que je m’investis dans un événement de cet ordre, dans une fête artistique. Je trouve intéressante l’idée de m’impliquer, d’offrir une conférence, de rencontrer et d’échanger avec d’autres artistes », souligne celui qui a baigné toute sa vie dans les arts.
En effet, M. Calder s’intéresse à l’art depuis son adolescence. Il a fait ses études dans le domaine, puisqu’il a obtenu, en 1996, une maîtrise en arts plastiques, concentration création à l’UQAM. Il a également enseigné les arts visuels à l’Université du Québec en Outaouais.
Il demeure à Mont-Saint-Hilaire depuis 20 ans.
Démarche artistique
La démarche de Réal Calder, que l’on retrouve sur son site Internet, s’appuie sur la conviction profonde que la peinture figurative répond, d’une manière singulière, aux questions décisives posées par notre appartenance au monde. Une peinture qui tente de faire contrepoids à une époque dominée par les médias et le spectaculaire qui réduisent la vie à la seule dimension festive. Une démarche qui refuse l’instrumentalisation de la création au service du « message » qui transforme l’œuvre d’art en discours de l’évidence répondant aux critères normatifs des idéologies dominantes ou révolutionnaires. Une voie alternative à ces discours paternalistes déguisés sous le concept d’œuvre d’art qui laissent croire à l’impuissance de chacun à donner au monde un sens. Une position qui fonde la responsabilité de l’artiste sur l’épreuve d’une nécessité intime avant toute sollicitation mondaine et sur la nécessité d’une confrontation avec l’objectivité des discours au profit de la subversion du poétique.
Selon lui, la peinture, par sa matérialité et par sa couleur, rend perceptible la venue à soi du visible. Elle est une manière d’appréhender visuellement le monde et de traduire le regard confronté aux mouvements latents du visible. À partir de cette position, il explore la représentation du paysage en peinture, de « ce qui fait sens que par le non-sens absolu de son existence » (Michel Pouille).
Une théorie de la peinture qui implique que les structures du tableau sont les structures du voir et que dans le voir, nous sommes présents au monde. L’espace du tableau est alors un espace de manifestation qui suscite l’exercice de la visibilité. Ainsi, les moyens du réalisme (forme et modelé) comme les moyens de l’abstraction lyrique (gestuel et tache) sont présents afin de traduire la complexité de notre rapport au monde.