Ravages: le personnage d’Alexandre Nachi au cœur des revendications
Alexandre Nachi, originaire de Sainte-Julie, interprète le rôle de Gabriel Fortin, un militant environnemental dont les moyens de revendication peuvent être qualifiés d’extrémistes dans la nouvelle série Ravages, coécrite par Frédéric Ouellet et Sophie Deraspe, qui en signe également la réalisation.
La série suit l’avocate Sarah Deléan, jouée par Caroline Dhavernas, dont la vie sera bouleversée par la découverte du corps d’une femme. En menant sa propre enquête, elle découvre les activités controversées de Minexore, une puissante société minière canadienne liée au cabinet où elle travaille. Plongée dans un réseau complexe et dangereux d’alliances et de trahisons aux lourdes conséquences, tant en Amérique latine que sur la Côte-Nord du Québec, Sarah devra choisir son camp.
C’est à l’intérieur de ce réseau complexe qu’Alexandre incarne le personnage de Gabriel Fortin. « Je suis quelqu’un qui s’implique dans les mouvements écologistes, mais de manière un peu extrême. Il a le coeur dans le camp des anarchistes et il n’a pas peur de faire des dégâts pour faire valoir son point », explique l’acteur sans vouloir divulgâcher plus de détails sur son rôle, dont plusieurs secrets sombres sur le passé du personnage, qui seront à découvrir au fil des épisodes.
À ses côtés, le personnage a un partenaire beaucoup moins extrémiste, Maikan Colle, joué par Samian. Ce dernier souhaite arriver au même objectif, mais de manière plus pacifiste avec le dialogue et en se prêtant au jeu politique. Son personnage est aussi en relation avec Krista Eliasson, interprétée par Catherine Brunet. Parmi la distribution, notons Robin Aubert, Benoit Brière, Ako Chanoine, Sophie Prégent, Mark Anthony Krupa, Pierre Verville et Julie Vincent. Par ailleurs, la série sera offerte en anglais, et Alexandre a pu assurer le doublage de son personnage.
Tourner sous terre
Lors du tournage, Alexandre Nachi a dû passer quelques jours dans les mines, une expérience de plateau qui a marqué le trentenaire. « Le tournage a été, par moments, un peu intense. Tourner dans les mines, c’est un environnement plutôt difficile. Mes cheveux étaient poussiéreux, je toussais de la poussière. Je n’ose pas imaginer les gens qui y travaillent quotidiennement », confie-t-il, impressionné par l’immensité des mines. D’autres acteurs de la distribution ont d’ailleurs tourné quelques jours au Mexique.
Le personnage de Gabriel Fortin est différent de l’acteur, même si ce dernier assure mettre un peu de lui dans chaque rôle qu’il doit interpréter. « J’essaie toujours, dans chaque rôle, d’y mettre un peu de moi, puisque je crois que ça permet de rendre le personnage encore plus authentique », explique-t-il.
La perception du personnage sur ses actions nous porte à croire qu’il n’est jamais le méchant. « Le personnage ne se voit pas comme un vilain. Dans sa vérité, il a ses raisons d’agir », précise-t-il. Il cherche alors toujours comment amener l’humanité dans chacun des rôles, même les plus grands méchants, pour l’interpréter de la manière la plus fidèle à la réalité, et ce, dans tous les types de personnages que l’acteur a pu jouer dans les vingt dernières années. L’acteur confie être lui-même quelqu’un qui, comme Gabriel Fortin, baigne dans l’action et le concret. « J’ai pu transposer cette force-là, que j’ai, à mon personnage, mais c’est certain que je ne suis pas anarchiste écolo qui veut tout faire sauter non plus », lance-t-il.
Cours de théâtre à Saint-Bruno
Le parcours d’acteur d’Alexandre Nachi se met en branle quelques mois après son arrivée à Sainte-Julie, lorsqu’il débute sa quatrième année à l’école primaire du Tourne-Vent. À l’extérieur des heures de classe, le jeune, âgé alors d’une dizaine d’années, intègre à la fois les scouts et des cours de théâtre à Saint-Bruno. « Une agence est venue rencontrer les élèves de ce groupe et j’ai été le seul qui a été retenu », mentionne-t-il.
Si c’était une première étape pour réaliser le métier qu’il souhaite exercer depuis toujours, le jeune garçon a ensuite essuyé plusieurs refus alors qu’il a enchaîné une douzaine d’auditions dans une même année. « À ma douzième audition, je me suis dit que c’était la dernière audition que je faisais. C’était difficile d’être toujours confronté au refus », mentionne-t-il. Il a toutefois décroché son premier rôle en 2006, Toby, dans le film Bon voyage.
Tout donner au plan A
Les rôles s’enfilent à travers les années et après une session à l’université, où il est à moitié présent en raison de rôles appelés sur le plateau de tournage, l’acteur se rend en Californie en voiture pour se consacrer à son plan A à 100 %. « J’étudiais à Concordia en développement international comme plan B, mais en discutant avec d’autres acteurs du milieu, j’ai réalisé qu’il faut se consacrer à notre métier à fond pour concrétiser ce rêve », avance-t-il.
Il quitte alors le Québec pendant six mois pour la côte ouest américaine, où il rêve de devenir un grand acteur. Il revient toutefois vivre à Sainte-Julie, où lui et une amie préparent chacun une audition pour le conservatoire d’art dramatique de Montréal. Une fois accepté, le jeune homme quitte Sainte-Julie pour déménager à Montréal et, après ses études, il auditionne pour le rôle d’Arturo dans le film 1991, de Ricardo Trogi. « J’ai déjà menti pour obtenir le rôle d’Arturo en disant que je savais jouer de la guitare. J’ai appris une chanson en trois jours. Dans ce métier, il faut dire oui à tout et apprendre après », lance-t-il en riant.
Les 6 épisodes de 60 minutes de la série Ravages sont offerts, depuis le 28 août, sur illico+.
