Quand écrire devient un emploi

Emmanuel Lauzon publie un cinquième roman

En novembre 2015, Emmanuel Lauzon nous avait parlé d’un projet sous embargo signé avec les Éditions de la Bagnole. Le fameux projet, un roman de littérature jeunesse, le premier tome d’une série, verra le jour, puisque l’auteur, originaire de Saint-Bruno-de-Montarville, en fera le lancement officiel le 11 mars prochain au Centre multisports du Collège français (1720, boul. Curé-Poirier Est, Longueuil).
Un joueur en colère, le premier tome de la nouvelle série des Éditions de la Bagnole, Objectif : L’Impact (comme dans L’Impact de Montréal), est un court roman qui se déroule dans l’univers du soccer et du programme sport-études de l’Académie de L’Impact. « Mon héros est un passionné de soccer, un excellent défenseur, qui souhaite devenir professionnel, mais qui gère très mal ses émotions », explique Emmanuel Lauzon.
L’intrigue aborde aussi l’aspect social et psychologique, des thèmes importants pour Emmanuel Lauzon. Sur le terrain, le personnage central de ce premier tome, Miguel Racicot, collectionne les cartons jaunes et les cartons rouges. « C’est un joueur à problèmes, colérique, impulsif », ajoute l’écrivain qui sera, en compagnie d’une délégation d’une vingtaine d’autres noms, au kiosque Québec Édition du Salon du livre de Paris, à la fin mars.

« Je suis loin d’être riche, mais je réussis à tirer mon épingle du jeu. […] Avec le recul, je peux dire que c’est la meilleure décision de ma vie. » -Emmanuel Lauzon

Plusieurs tomes
Les Éditions de la Bagnole, qui ont donné carte blanche au Montarvillois, souhaitent publier une série de bouquins sur le soccer – le tome 2 écrit par Pierre Szalowski, C’est moi le meilleur!, sera disponible en mars, et le tome 3, sur lequel Emmanuel Lauzon s’est penché, est en cours de rédaction. « Il y a le côté soccer, avec chaque fois un personnage différent, mais en filigrane, comme toile de fond, il y a ce très léger côté social qui sera immanquable », mentionne le jeune homme de 35 ans qui a sauté sur un terrain de soccer de Saint-Bruno pour la première fois il y a fort longtemps; un sport qu’il pratique encore aujourd’hui, à Saint-Basile, en amateur. « J’ai tendance à croire que selon l’intérêt des gens, il pourrait y avoir encore davantage de tomes à venir. »
Le lancement, organisé avec la collaboration du Club de soccer de Longueuil, aura lieu ce samedi 11 mars, de 14 à 17 h. Le livre sera en vente à 12,95 $, Emmanuel sera sur place pour les dédicaces, et 0,50 $ par exemplaire vendu seront remis au Fonds d’aide du Club de soccer de Longueuil.
Vivre grâce à l’écriture
Depuis quelque temps, Emmanuel Lauzon a délaissé son emploi régulier afin de se consacrer à l’écriture. Pari risqué pour ce nouveau père de famille, qui dédie d’ailleurs Un joueur en colère à son fils. « Au Québec, il y en a très peu qui réussissent à vivre grâce à leurs droits d’auteur. Les autres vont s’appuyer sur un deuxième travail. » Emmanuel Lauzon a publié, en 2012 et 2013, deux romans jeunesse (Pou-Ah! et Opération Sauve qui pou!) et plus tard, en 2014 et 2015, il a apposé sa griffe sur deux titres de la collection Tabou des Éditions De Mortagne (La rage de vivre et Taguée). Un joueur en colère  est donc son cinquième ouvrage.
Animateur et intervenant jeunesse dans son passé, Emmanuel a également fait beaucoup de recherches sur le TDAH pour l’un de ses livres. Ce qui lui permet aujourd’hui d’aborder notamment ce sujet dans ses nombreuses conférences; des conférences qui, avec les droits d’auteur et les autres animations culturelles qui entourent le monde littéraire (rencontres dans les écoles et les bibliothèques, salons du livre…), lui permettent de s’en tirer financièrement. « Je suis loin d’être riche, mais je réussis à tirer mon épingle du jeu. Je savais que c’était risqué, mais je reste lucide dans ce processus. Avec le recul, je peux dire que c’est la meilleure décision de ma vie. »
Pourquoi écrire?
Si Emmanuel couche sur le papier ses idées, c’est parce qu’il croit qu’il a ce grand besoin de communiquer et de faire vivre des émotions, mais contrairement à d’autres qui exercent la même passion que lui, il admet qu’il n’a pas toujours aimé écrire. C’est le hasard professionnel qui l’a conduit dans cette voie, alors qu’il œuvrait comme animateur, maître de cérémonie et coordonnateur d’événements. « J’y ai découvert une façon supplémentaire de m’exprimer, autre que par la parole. Avec le temps, j’ai développé un intérêt marqué pour l’acte d’écrire et la langue française. J’aime savoir que mon travail suscitera une émotion ou une réflexion, qu’elle soit bonne ou mauvaise. C’est très valorisant de réaliser qu’on peut avoir un impact dans la vie d’un lecteur ou d’une lectrice », de conclure celui qui a fréquenté l’École Albert-Schweitzer.