Patrick Senécal à Saint-Basile-le-Grand

Dans le cadre des activités organisées par la bibliothèque Roland-LeBlanc pour la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur, l’écrivain Patrick Senécal sera de passage à Saint-Basile-le-Grand le mardi 18 avril, à 19 h 30. La rencontre sera animée par Amélie Boivin-Handfield, qui est au micro de l’émission Samedi de lire à la radio communautaire urbaine CKIA-FM.
Pour Patrick Senécal, considéré par plusieurs comme le maître de l’horreur, du suspense et du roman noir au Québec avec des titres comme Sur le seuil, Le vide, Hell.com et la série Malphas, la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur devrait se dérouler à l’année. « Son existence est importante, ça va de soi. Personnellement, ça devrait toujours être la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur, mais la réalité est tout autre », mentionne au bout du fil Patrick Senécal, qui explique que derrière les livres, il y a aussi des gens. « Peu d’entre eux vivent de leur plume et la plupart des auteurs ont besoin d’un deuxième emploi pour vivre. » Il admet par contre qu’il n’est pas représentatif de tous les écrivains parce qu’il fait partie d’un groupe très sélect de romanciers québécois qui vivent grâce à leurs écrits. « Je suis chanceux; je vis très bien, mais c’est important de rappeler l’existence de cette Journée mondiale. Je suis tributaire des lecteurs, et un jour, peut-être que ça ne fonctionnera plus pour moi. »

« Heureusement, il y a encore de la couverture culturelle littéraire au Québec; ils sont quelques résistants, et Amélie en fait partie. » -Patrick Senécal

 
Amélie Boivin-Handfield
La rencontre, devant public, sera animée par Amélie Boivin-Handfield qui, en plus d’être au micro de l’émission Samedi de lire (ce qui lui a permis de recevoir Patrick Senécal à deux reprises, en septembre 2013 et en janvier 2017), s’occupe des soirées Rencontres littéraires à la bibliothèque Roland-LeBlanc depuis le mois de février. « Amélie est une grande passionnée de littérature; elle lit beaucoup, c’en est ridicule! Mais ce qu’elle souhaite toujours, c’est de faire connaître les auteurs. Chaque fois qu’on se rencontre, elle pose les bonnes questions et réalise des entrevues de fond. Je pense que les écrivains aiment beaucoup Amélie parce qu’elle nous met en vitrine. Heureusement, il y a encore de la couverture culturelle littéraire au Québec; ils sont quelques résistants, et Amélie en fait partie », poursuit le père du roman Aliss, une relecture moderne et grinçante du Alice aux pays des merveilles de Lewis Carroll.
Pour lui, ce contact avec le public est stimulant : « Ce genre de rencontre avec les gens est une manière pour moi de garder les pieds dans la réalité. Un écrivain vit pendant un certain temps dans un univers fermé, cloîtré. Mais comment pourrais-je parler du monde réel dans mes livres si je n’allais jamais à sa rencontre! »
Succès
Patrick Senécal est un auteur à succès. Ses romans se vendent en milliers d’exemplaires, trois d’entre eux ont d’ailleurs été adaptés au cinéma (Sur le seuil, 5150 rue des Ormes, Les sept jours du Talion), dont l’un par PODZ, les lecteurs font la file dans les salons du livre pour le voir ou lui demander une dédicace, il a remporté quelques prix, notamment le prix Boréal du meilleur roman (Aliss), le prix Ténébris Spécial du jury aux Printemps meurtriers (Faims) et le prix Saint-Pacôme du meilleur roman policier québécois (Le Vide). Comment explique-t-il sa notoriété, lui qui rédige pourtant des récits sanglants, des scènes troublantes, des histoires horribles, mais qui concernent toujours l’être humain? Car contrairement à Stephen King, avec qui plusieurs font la comparaison, les monstres, les vampires et les démons ne peuplent pratiquement pas les pages du romancier québécois. « Mon succès n’est pas calculé », répond Senécal, qui précise qu’il a toujours écrit ce genre d’histoires, qu’il s’est toujours senti attiré par le côté noir de l’être humain. « Pourquoi dans mon cas, ça fonctionne? Peut-être parce que je suis dans les premiers à aller si loin, à décrire des trucs si heavy. » Il se dit au service de son histoire, pas de sa renommée. Selon lui, il a un talent pour raconter. « L’efficacité des récits que j’écris peut aussi être une raison. Je suis un bon storyteller. J’ai un talent pour captiver le lecteur. Même si ce que je raconte dans mes romans est peu probable, le lecteur, lui, doit y croire », indique Senécal, 50 ans, qui se dit flatté de voir que d’autres auteurs, qu’il aurait inspirés, sont en train de prendre la relève avec des romans noirs, fantastiques, d’horreur et de psychologie tordue.
Thème central
Bien que certains des romans soient parfois connectés par de petits détails, pour ce père de famille qui a publié 18 ouvrages, il existe un thème pivot, central, qui réunit tous ses livres. « Dans chacun de mes romans, le personnage va toujours au bout de lui-même. Que ce soit positif ou négatif, ça arrive toujours. Il y a chaque fois ce point de non-retour, qui l’empêche de revenir en arrière. Mes histoires sont construites de sorte qu’à un moment, mon héros est engagé dans une pente et la seule façon de s’arrêter, c’est de rentrer dans le mur au bout de la côte. Ça arrive presque partout. »
Patrick Senécal a publié chez Alire en novembre dernier L’autre reflet, dans lequel il aborde la relation auteur-lecteur, la création littéraire et le succès commercial. Il s’explique : « Est-ce que je suis prisonnier de mon succès? J’écris ce que je veux écrire. C’est facile à dire quand ça fonctionne si bien, mais serais-je aussi catégorique dans ma liberté si je ne connaissais pas autant de succès? C’est sur cette réflexion que j’ai mis sur papier L’autre reflet. »
Il planche actuellement sur un nouveau titre, Il y aura des morts, dont l’intrigue, une chasse à l’homme, se déroule à Drummondville, où il est né et où il a enseigné pendant plusieurs années.
Le nombre de places étant limité, l’inscription pour cette rencontre est requise. L’activité est gratuite, mais des frais de 5 $ s’appliquent pour les non-membres de la bibliothèque, sous réserve de places disponibles. Pour plus de détails, communiquez au 450 461-8000, poste 8500.
QUESTION AUX LECTEURS :
Pourquoi lisez-vous les romans de Patrick Senécal?