Patrice Michaud et le difficile processus créatif
Centre Marcel-Dulude
Pour l’auteur-compositeur-interprète Patrice Michaud, qui sera au Centre Marcel-Dulude le vendredi 17 mars à 20 h, il n’y a rien comme la scène pour éprouver un spectacle.
Patrice Michaud est en tournée depuis près d’un mois pour la sortie de son troisième opus, Almanach. Le premier extrait de ce nouveau disque, « Kamikaze », tourne en boucle sur les radios depuis quelques semaines déjà. « Il y a quelque chose de nouveau dans cette tournée. C’est la première fois que le début des spectacles est si rapproché de la sortie de l’album », lance le chanteur, joint par Les Versants alors qu’il est sur la route vers Waterloo.
Il parle alors d’une tournée progressive, à travers une « méchante tempête d’activités », de rencontres, d’échanges, de brainstorming. « Ce troisième disque, c’est probablement celui que le public attendait le plus. C’est effervescent. »
« Concevoir le squelette des chansons a été un long et pénible processus. Les sujets, l’élan ne venaient pas. Pire, je n’avais rien à dire. Je me suis demandé si la source n’était pas tarie. »-Patrice Michaud
Une genèse difficile
Bien qu’Almanach se retrouve maintenant sur les tablettes et que les critiques saluent les 11 pièces qui le composent, Patrice Michaud révèle qu’il a eu beaucoup de difficultés à démarrer le tout. Normalement, le deuxième album d’un artiste est très attendu, souvent il s’agit du disque de la vérité. Mais cette pression, Patrice Michaud avait réussi à la surmonter avec Le feu de chaque jour, paru en 2014, et qui contient les succès « Mécaniques générales » et « Je cours après Marie ». L’artiste qui a suivi des études en littérature (parce qu’il y avait absence totale de mathématiques!) parle de titres difficiles à démarrer, difficiles à écrire. Il poursuit : « Concevoir le squelette des chansons a été un long et pénible processus. Les sujets, l’élan ne venaient pas. Pire, je n’avais rien à dire. Je me suis demandé si la source n’était pas tarie… alors j’ai attendu un moment. Un travail laborieux. »
Mais il ne faut pas lui demander ce que représente cet Almanach dans sa carrière. « Je ne veux pas me poser cette question… pour ma santé mentale. Il sera légitime plus tard de le faire », affirme Patrice Michaud, qui le qualifie tout de même d’une production de grande liberté. « Avec l’expérience, il y a des choix qui s’offrent à nous, qui sont à notre portée, de notre ressort, mais que j’ignorais en début de carrière. » C’est la raison pour laquelle une fois que les étapes plus plaisantes ont refait surface, l’artiste s’est ensuite impliqué sur plusieurs fronts pour cet opus, notamment le choix des collaborateurs et la production.
Sur les références littéraires qui se retrouvent dans ses chansons (il cite notamment Paul Éluard et Réjean Ducharme), ce grand amateur de lecture indique que ce n’est pas quelque chose d’important pour lui, mais plutôt de naturel. « Les livres m’influencent autant que la musique. Je n’aurais pas eu envie d’écrire si je n’avais pas lu avant. »
Sur scène
Accompagné sur scène de quatre autres musiciens, le lauréat du Félix pour le spectacle de l’année au Gala de l’ADISQ 2015 cherche un équilibre entre le « bien-faire » et le fait de varier ce qu’il a réalisé auparavant. Le concert est mis en scène par Yann Perreau, une deuxième collaboration entre lui et Patrice Michaud. Et selon ce dernier, c’est important de bien séparer l’album de son spectacle. « Un show, c’est vivant, c’est une rencontre avec les gens. Et la rencontre est aussi importante que la musique. C’est agréable, direct, un échange qui passe au-delà de la musique.
Patrice Michaud et son Almanach, ce vendredi 17 mars, à 20 h, au Centre Marcel-Dulude (530, boul. Clairevue Ouest), à Saint-Bruno-de-Montarville. Des billets, au coût de 35 $, sont encore disponibles.


