Les journaux voyageurs de retour
École primaire de la Mosaïque
Après huit mois de parcours à travers le globe, les journaux voyageurs des élèves de 6e année de l’École de la Mosaïque sont de retour depuis quelques semaines. Environ la moitié des cahiers sont revenus au bercail.
Le projet du journal voyageur est une initiative de Marie-Claude Lajeunesse, une enseignante de 6 année, qui avait tenté l’expérience l’année dernière. Elle a proposé l’idée à nouveau cette année à ses collègues, Marie-Ève Cardin et Mélanie Fradette. En octobre, les projets des élèves ont été mis à la poste, dans l’espoir de les voir revenir avant la fin de l’année scolaire. Le 15 mai 2017 était la date de retour proposée sur les envois.
« Le projet est une réussite! Nous avons des élèves fiers! » – Marie-Claude Lajeunesse
« L’an dernier, environ la moitié des journaux nous sont revenus. J’ai trouvé que ça valait la peine de recommencer », mentionnait Marie-Claude Lajeunesse lors d’une première entrevue. C’est exactement ce qui est arrivé pour les élèves de la cohorte 2016-2017 : 13 sur 26 pour la classe de Mélanie Fradette, 16 sur 26 pour celle de Marie-Claude Lajeunesse et la moitié des jeunes de la classe de Marie-Ève Cardin. « Le projet est une réussite! Les enfants ont reçu de très belles choses : textes, photos, images, pièces de monnaie… nous avons des élèves fiers! Plusieurs avaient des étoiles dans les yeux quand nous leur avons remis leur carnet. J’ai déjà hâte à l’année prochaine pour relancer le projet! » lance Marie-Claude Lajeunesse.
Témoignages
Le journal Les Versants a rencontré quelques jeunes, fiers de leur journal et de son contenu. Celui de Nathan, par exemple, qui a été envoyé directement en Chine en début de projet. Le carnet a passé entre les mains de nombreux élèves chinois avant de visiter plusieurs autres contrées : Suisse, Grèce, Roumanie, Afrique du Sud, Inde, Corée, Japon. « C’est un projet que j’ai trouvé très amusant! J’ai appris plusieurs choses, mais je vais aussi devoir prendre le temps de lire certains messages en anglais », raconte Nathan.
De son côté, Victor a donné son carnet à son frère, qui amorçait un voyage en France. La route du journal s’est ensuite poursuivie en Angleterre, en Espagne, en Australie et il est retourné en France. À l’intérieur, des cartes, des articles de journaux, des textes informatifs sur le mode de vie et les métiers des différents lecteurs.
Léa a décidé d’adresser son journal voyageur à son parrain, résidant en Californie. Le cahier s’est ensuite retrouvé en Argentine, en Inde, en Australie, ce qui a permis à la jeune fille d’en apprendre davantage sur les mariages (Inde), less parc nationaux (Californie), les sports différents comme le surf et le volleyball de plage (Australie). « C’est normal de vivre différemment : il n’y a pas toutes les mêmes traditions dans les pays. Grâce à mon oncle, j’ai aussi appris que j’ai une cousine que je ne connaissais pas! »
Le journal voyageur
Chaque jeune avait bâti son propre journal voyageur. Sur la première page du cahier, l’élève saluait son futur lecteur, se présentait et expliquait l’idée derrière le projet scolaire culturel. Ce préambule était rédigé en français, en anglais et en espagnol. À l’intérieur des pages, l’enfant écrivait sur son coin de pays, sa famille, ses valeurs, son école, ses activités, ses passions, ses idoles sportives, ses artistes préférés, ses projets (école secondaire, voyages, métier…). Il décrivait aussi les saisons, la température, la nourriture qu’’il préfère et posait des questions à son futur lecteur, pour s’ouvrir à l’autre, afin d’obtenir des réponses et en connaître davantage sur les autres cultures. Les carnets étaient parsemés de textes, mais aussi de photos, de dessins, de coupures de journaux. Les enfants avaient mis beaucoup de temps et d’efforts dans leurs œuvres.
Le but était de s’ouvrir au monde, faire rêver l’élève, mais aussi lui apprendre à vivre avec une déception. « Ce ne sont pas tous les cahiers qui reviennent. Une fois que le journal est à la poste, c’est un pile ou face, une bouteille à la mer », soulignaient les professeures.
Mélanie Fradette revient sur l’expérience : « Les enfants se sont investis dans quelque chose, dans un projet, et pour certains, il y a eu un retour. Les autres ont accepté la déception de ne peut-être pas revoir leur journal. Malgré tout, il y a eu partage parce que ceux qui avaient reçu le leur ont pris le temps d’en faire la lecture aux autres. Ce cahier, c’est leur album de finissants, un livre qu’ils garderont longtemps comme un trésor. »


