Isaac Jobin, le violoniste voyageur
Isaac Jobin est sur le point de quitter le pays pour un séjour en Suisse, du 25 mai au 17 juin, afin de donner une série de concerts. Le violoniste de Saint-Basile-le-Grand a rencontré le journal pour faire le point sur sa carrière.
Âgé de 29 ans aujourd’hui, Isaac Jobin ne tient pas un violon dans ses mains pour la première fois. Il commence l’apprentissage de l’instrument à l’âge de huit ans, soit assez tardivement, selon lui. « J’ai entendu et vu quelqu’un jouer du violon à la télé. L’intérêt découle de là. Ma sœur jouait déjà du piano et mes parents ont voulu s’impliquer aussi. C’est comme ça que tout a commencé; que j’ai eu la piqûre », se rappelle le Grandbasilois rencontré par le journal. Il affirme que l’implication de ses parents a été primordiale dans son cheminement musical. « C’est une grande faiblesse de nos jours, le soutien des parents. Sans eux, l’enfant se retrouve sans guide ni personne pour l’aider. Ça se perd », note celui qui enseigne maintenant le violon à d’autres.
« Le violon vient avec moi. C’est une école de vie, un mode de vie. C’est intense… » – Isaac Jobin
Il est donc aux premières loges pour constater l’absence des parents. « Ils doivent s’impliquer. Le jeune s’épanouit en apprenant la musique, ou encore le sport, mais bien davantage si son père et sa mère investissent le temps nécessaire pour le soutenir, l’accompagner. Je gravite autour d’eux, les jeunes, et je constate les manques », déclare-t-il.
Études
Après deux ans d’enseignement avec un professeur, Isaac Jobin entre au Conservatoire de musique de Montréal, où il étudie quelques années en compagnie de Claude Richard. En 2005, à 17 ans, il poursuit son apprentissage à l’Université de Montréal. S’accumulent alors les bourses : lauréat d’une bourse pour performance exceptionnelle à son audition d’entrée à l’Université de Montréal, il reçoit aussi une bourse pour son dossier scolaire exemplaire, et bénéficie à compter de 2013 de plusieurs bourses d’études afin de perfectionner son art en Suisse auprès d’un maître pédagogue, Habib Kayaleh. Il obtient plusieurs diplômes : il complétera un baccalauréat en interprétation violon (2008), une maîtrise en interprétation violon (2010), un diplôme d’études supérieures spécialisées en interprétation violon (2011) et un doctorat en violon interprétation (2016). Il étudie depuis cinq ans avec la pédagogue et violoniste Laurence Kayaleh.
Ces stages sur le continent européen lui permettent de se produire comme soliste en Suisse et France. C’est la raison pour laquelle il y retourne ce printemps, du 25 mai au 17 juin, pour une série de concerts non loin de Genève. « J’y retourne une fois ou deux par année depuis mes études au doctorat. Ça me permet d’apprendre encore avec des stages et de me produire sur scène », explique Isaac Jobin. Le violon fait partie de sa vie. « Le violon vient avec moi. C’est une école de vie, un mode de vie. C’est intense… », poursuit le musicien, qui joue actuellement sur un violon des luthiers montréalais J.B. Stensland & T. Girard, qu’il a obtenu en 2013 par l’entremise d’un prêt du Prix d’Europe.
OSM
Le 3 décembre dernier, le virtuose participait à sa première audition professionnelle avec l’Orchestre symphonique de Montréal. Pour celui qui souhaite en faire le plus possible avec son art, ce fut une expérience unique qui n’a pas été facile. « Cela fait trois ans que je voulais tenter cette audition. J’essayais de gagner, bien sûr, mais surtout, c’est l’expérience et les contacts créés sur place qui sont importants à mes yeux. »
Depuis 2013, le jeune homme est également musicien régulier dans les sections des premiers violons pour la Sinfonia de Lanaudière. À l’occasion, il est aussi pigiste pour les orchestres symphoniques de Sherbrooke, de Longueuil, de l’Estuaire, de Laval, du Saguenay-Lac-Saint-Jean, de Drummondville et de Trois-Rivières.
Camp musical
Isaac Jobin donnera un camp musical pour la Ville de Saint-Basile au cours de la saison estivale, camp dont l’objectif est de redonner aux jeunes ce qu’il a vécu et leur insuffler le goût de la musique. « L’important dans l’enseignement, c’est de transmettre l’intérêt pour l’instrument, l’amour et la passion de la musique. L’enfant doit aimer ça avant tout. Ensuite, il apprendra les techniques plus aisément. » À la suite des deux semaines de chaque camp, les musiciens professionnels et les animateurs, Isaac Jobin et son collègue Anthony Lapointe du Groupe Izanto, présenteront un petit spectacle.



