Jean-Luc Morin écrit la pièce Jérémiades

Théâtre

Après Ottilia (coécrite avec Lyse Veilleux) en 2015, le Montarvillois Jean-Luc Morin publie Jérémiades, une nouvelle pièce de théâtre présentée en un seul acte. Le dramaturge est maintenant à la recherche d’un metteur en scène et d’une troupe de comédiens pour que son œuvre vive sur les planches.
Jean-Luc Morin dédie sa pièce de théâtre « à toute personne à la recherche de son équilibre personnel ». Parce que le sujet du texte, il est là : l’équilibre d’un individu, aux prises avec un parent critique ou un parent aidant extrême.
Jérémie, le personnage principal de Jérémiades, est âgé d’environ 16 ans lorsque le lecteur fait sa connaissance. Mais sa souffrance, car il a mal dans tout son intérieur, remonte à plus loin encore, alors que ses parents étaient encore en vie. À la suite d’un moment-clé de sa jeunesse, Jérémie a souffert d’une carence d’encadrement positif et de soutien affectif, amical (le parent aidant, personnifié par le Jérémie-Adulte dans la pièce). Une partie de lui s’est donc retirée, a pris la poudre d’escampette, laissant toute la place à une entité dictatoriale, autoritaire, qui prend contrôle de la vie du jeune garçon (le parent critique, tenu par le Jérémie-Major vêtu en militaire, en homme d’affaires, en chef de chantier dans l’œuvre).

« Jérémiades est complétée seulement à moitié parce que le projet d’une pièce de théâtre n’est terminé que si elle est jouée. » -Jean-Luc Morin

Avec sa pièce de théâtre, l’auteur voulait faire prendre conscience aux gens de cette scission qui existe chez chacun d’entre nous. « Très jeune, j’ai réalisé ce jeu de rôles entre les trois entités. J’ai été guidé par cette idée. Je souhaitais soulever le dilemme parce que nous vivons tous cette trilogie intérieure. Parfois, comme Jérémie, c’est extrémiste, mais parfois, c’est l’inverse, ce qui rend un individu molasse, avec peu d’ambition », mentionne en entrevue avec le journal Jean-Luc Morin.
Pour l’auteur, il est nécessaire de passer son message afin que tous puissent, un jour, trouver leur équilibre.
Bien que son texte soit parsemé de notions de psychologie, M. Morin admet qu’il n’a pas trop lu sur le sujet, afin de ne pas se laisser influencer et biaiser sa perception. « Mon intention était de mettre sur papier ce que je ressentais sur cette trilogie », explique-t-il.

Son grand rêve

Maintenant que la pièce de théâtre est rédigée et notamment disponible en copie papier à la bibliothèque de Saint-Bruno-de-Montarville et en visitant sa page Facebook, le grand désir de Jean-Luc Morin est de voir un metteur en scène adapter ses écrits afin que les personnages de Jérémie, du Major, de l’Adulte, de Camille et de Myriam prennent vie devant un public. « Pour l’instant, Jérémiades est complétée seulement à moitié parce que le projet d’une pièce de théâtre n’est terminé que si elle est jouée », croit Jean-Luc Morin, pour qui l’idéal serait de voir des finissants en théâtre s’attaquer à son oœvre, Jérémiades, autant que Ottilia (l’histoire d’une jeune femme de 26 ans, qui apprend un jour qu’elle est atteinte d’une rétinite pigmentaire, une maladie dégénérative des yeux). Pour sa plus récente pièce, il imagine un spectacle « flyé de jeu de lumières, de musique et de sons qui permettront de porter son message et faciliteront la discussion ».

Plan très détaillé

Avant de se lancer dans l’écriture de Jérémiades, qui a pris environ six ans, Jean-Luc Morin a effectué un plan très détaillé, longuement réfléchi et mûri, un travail de réflexion et d’analyse sur chacun de ses personnages, parsemé de schémas, qui pourrait, éventuellement, aider un metteur en scène. Le Montarvillois parle ici d’une déformation professionnelle, puisqu’il est analyste d’affaires en technologies de l’information à la retraite depuis janvier dernier. « À partir du moment qu’un auteur possède un sujet, la règle d’or est d’établir un plan. C’est impératif », de poursuivre le père de trois filles.
En 2002, Jean-Luc Morin, qui est récemment devenu membre de la Société d’histoire de Montarville, a mis sur le papier Le contretemps, une pièce qui n’a jamais été publiée et qu’il a transformée en roman-théâtre. « À cette époque, je ne connaissais aucune technique d’écriture dramatique. » Chose qu’il a palliée avec les pièces suivantes grâce aux conseils de l’entreprise montréalaise Création scénique. Aujourd’hui, M. Morin planche sur des histoires pour enfants, un projet en chantier depuis le début des années 2000 et pour lequel il aimerait obtenir l’aide d’un illustrateur. Il réfléchit également à la rédaction d’un roman. Jérémiades, la pièce de théâtre, est disponible pour 15 $. L’illustration de la couverture, « qui reflète bien la pièce », est une œuvre de l’artiste Claude Melançon, que l’auteur a découvert lors d’une exposition à Saint-Bruno.