Jacques Lacoursière et la guerre inutile
Pour marquer le 60e anniversaire de la Société d’histoire de la Vallée du Richelieu (SHVR), 70 personnes provenant des sociétés d’histoire membres de la SHVR ont participé dernièrement au dîner-conférence, à Chambly. Le conférencier invité, Jacques Lacoursière, a parlé de la Guerre de 1812, dont le 200e anniversaire a été célébré l’an dernier. « Une guerre inutile », a affirmé le conférencier.
Lors de cet événement, dans une atmosphère de fête, plusieurs personnes ont été honorées pour leur apport important à la SHVR : Réal Boutin, Alain Côté, Pierre Gadbois, François Lafrenière, Bernard Guilbert, Lise Dumesnil et Andrée Dufour. Les trois dernières personnes sont membres de la Société d’histoire de Montarville. Comme le veut toute fête bien réussie, de nombreux prix de présence ont été tirés au sort.
La Société d’histoire de la Vallée du Richelieu, fondée en 1952, regroupe les Sociétés d’histoire environnantes, dont celle de Saint-Bruno, nommée Montarville, celles de Saint-Basile-le-Grand, de Saint-Antoine-sur-Richelieu, de Beloeil – Mont-Saint-Hilaire, de Chambly et de Beaujeu – Lacolle.
Depuis 1976, la SHVR gère le prix Percy-W.-Foy, qui vient récompenser des recherches en histoire, ethnologie, généalogie et patrimoine, présentées par des concurrents des sociétés membres. En vertu de ce concours, des prix substantiels sont attribués. Depuis 1998, la SHVR organise chaque été un voyage de quelques jours à la découverte d’un coin de pays, en compagnie de l’illustre historien Jacques Lacoursière.
Les membres du CA de la SHVR sont : François Lafrenière, président, Claude Leblanc, vice-président, Jacques-Marie Gaulin, trésorier, Johanne Boivin, secrétaire. Les administrateurs : Pierre Gadbois, Claudette Monty, Mario Marchessault et Alain Côté. Et Bernadette Laflamme, conseillère honoraire.
Jacques Lacoursière et la Guerre de 1812 : une guerre inutile
Le moment très attendu a été la conférence de M. Lacoursière, portant sur la Guerre de 1812. Depuis 48 ans, il s’est donné comme mission de faire connaître et aimer l’histoire du Québec, autant par ses écrits que par la radio, la télévision, le film et les conférences. Il a occupé et occupe encore des fonctions importantes au sein de divers comités, conseils et commissions. Il s’est vu décerner de nombreux grands prix et reconnaissances. De plus, ce qui n’est pas à dédaigner, son nom se retrouve dans le Petit Larousse illustré, édition 2013.
Jacques Lacoursière, maintenant âgé de 80 ans, travaille toujours. Sa conférence a captivé l’auditoire composé de passionnés d’histoire. Il a brossé un tableau de la Guerre de 1812, qui s’inscrit dans les guerres napoléoniennes et qui, ici, a opposé les États-Unis à l’Angleterre. Elle s’est terminée par le traité de Gand, le 24 décembre 1814. Les deux parties ont convenu de maintenir les frontières des deux nations tracées avant 1812. Ce qui a fait dire à Jacques Lacoursière : « Cette guerre a donc été inutile. Lorsque Stephen Harper déclare qu’elle a donné naissance au Canada, il commet une grave erreur. Et quand on considère que les célébrations du 200e anniversaire de cette guerre auront coûté 60 millions de $, à une époque où l’argent ne coule pas facilement… »
Il a noté que pour le Québec, il faut cependant retenir la bataille de la rivière Châteauguay, le 26 octobre 1813, alors que les troupes canadiennes commandées par le lieutenant-colonel Charles-Michel de Salaberry ont remporté, avec 300 hommes, une importante victoire sur l’armée américaine, composée d’environ 6000 hommes, et commandée par le général Hampton. Grâce à cet exploit héroïque et stratégique, de Salaberry a acquis une renommée historique, légendaire même. Il est décédé à Chambly, en 1829. Parcs Canada commémore sa mémoire sur les rives de la rivière Châteauguay, tandis qu’une statue en pied de Charles-Michel d’Irumberry de Salaberry est érigée en face de la mairie, à Chambly.
