Ils ont vu Paul McCartney

Plusieurs citoyens de notre territoire étaient au Centre Bell, la semaine dernière, pour assister à l’un des deux concerts de Paul McCartney. Le journal Les Versants a parlé avec certains d’entre eux. 

« J’y étais, pour la quatrième fois! » se réjouit Catherine Filion, qui a assisté au spectacle du 17 novembre avec sa fille de 16 ans, Mila. 

Paul McCartney a effectué, les 17 et 18 novembre, une rare visite à Montréal en 60 ans de carrière. Il était de passage avec sa tournée Got Back

Générosité et qualité

Pour Catherine Filion, Paul McCartney et les Beatles, c’est une histoire de partage familial. Avec ses tantes, aussi avec sa mère, elle a vu l’artiste. « Je suis en amour avec les Beatles, surtout avec Paul McCartney. Ce concert-là était à l’image des trois autres que j’ai vus, généreux et avec un répertoire de qualité », explique-t-elle. 

Toutefois, cette récente prestation de Macca est devenue sa préférée parmi toutes celles auxquelles elle a assisté. « Avec ce concert, il y avait un aspect plus émotif. À 83 ans, il est encore en forme et sa voix est riche et chaleureuse, mais est-ce que c’était l’ultime tournée? Aussi, j’étais avec ma fille, Mila, ça rend le moment encore plus spécial », témoigne Mme Filion, qui a payé 800 $ pour la paire de billets.

Sur la bucket list

Pour Éric Hughes, c’était la première fois qu’il voyait le musicien sur une scène. « C’était, à ma femme et moi, sur notre bucket list (liste de choses à faire avant de mourir). C’est-à-dire aller voir de proche le show d’une légende vivante. McCartney était dans mon top trois. Quand les billets ont été mis en vente, je n’ai pas hésité », raconte le Grandbasilois, qui qualifie l’événement de mémorable et excellent. Il a eu des frissons quand Let It Be a été interprétée au piano.  

Expérience émouvante

La Montarvilloise Andréa Legros était assise dans la section 305. « Nous étions loin. Nous avons payé 544 $ pour deux billets achetés en revente officielle. Nous pensions que c’était dispendieux avant d’apprendre que certaines personnes dans notre section avaient payé bien davantage quand les billets ont été mis en vente », relate Mme Legros, qui assure qu’une telle dépense valait la peine. 

Elle reprend. « Nous avons tripé. Bien que la voix de Sir Paul était, par moments, moins juste et un peu tremblante, il s’est donné corps et âme à son public. Son répertoire était un voyage dans le temps. Pour un couple de 66 et 65 ans qui a grandi et vieilli avec cette musique, l’expérience était émouvante. » 

Le Mozart des temps modernes

Louis-Michel Jutras n’aurait pas manqué la venue de Paul McCartney à Montréal. « C’était vraiment important pour moi d’y être. Le 18e siècle a eu Mozart, nous avons eu McCartney. À défaut d’avoir eu la chance de voir l’un, je me devais de voir l’autre », illustre le Montarvillois, qui a convaincu ses parents de l’accompagner pour l’événement.  

C’est la deuxième fois que Louis-Michel Jutras assiste à une performance de M. McCartney. La dernière fois remonte à 2011. « Il ne m’a jamais déçu. McCartney donne à ses fans ce qu’ils veulent. Des succès des Beatles et de Wings. Il ne change pas une recette gagnante », ajoute celui qui dit avoir préféré la partie pyrotechnie lors de la chanson Live and Let Die. « Ce génie mérite sa renommée. »

Une légende

Isabelle Lafleur a adoré son expérience. Elle s’est rendue au Centre Bell pour le deuxième soir. Elle dit du musicien qu’à 83 ans, il est encore bien en forme. « Ça fait trois fois que je le vois. C’est une légende! Je tournais autour du pot depuis un moment, car les billets étaient chers et personne ne voulait venir avec moi. Enfin, après avoir entendu parler de lui aux nouvelles lundi midi, je n’ai pu résister et j’ai acheté un seul billet pour le lendemain. J’y ai fait la rencontre de Luc, 73 ans, seul lui aussi. Un grand fan, comme moi. Nous avons passé une soirée extraordinaire! » témoigne la femme de Saint-Basile-le-Grand.

Chair de poule et larmes aux yeux

C’est ce que nous raconte Richard Chartrand, de Saint-Basile, après avoir assisté au fameux concert. « Difficile de mettre en mots la gamme d’émotions qui nous traverse sans avoir la chair de poule et les larmes aux yeux. Chaque chanson se rattache à une émotion vécue à un moment de notre vie, et hier, nous en avions pour six décennies de souvenirs offerts par Paul McCartney et ses musiciens », relate M. Chartrand.

D’après lui, les gens qui ont eu l’occasion de voir ce concert sont privilégiés de pouvoir vivre ces moments avec McCartney, et ce, malgré ses 83 printemps. Il évoque une « performance qui restera gravée à jamais dans l’imaginaire de ceux qui y étaient ». 

Un privilège

« Même si les billets étaient dispendieux, je ne regretterai jamais ce choix, confie Marie-Claude Lajeunesse, une Montarvilloise. C’est un privilège d’avoir été là », commente-t-elle. Avant même que les billets ne soient mis sur le marché, elle s’était inscrite au club d’admirateurs du chanteur afin d’obtenir un code et de magasiner durant une prévente.

« C’était là ou jamais. Je l’ai manqué lorsqu’il était de passage à Québec [le 20 juillet 2008 pour le 400e] et c’était impossible que je le rate à nouveau. J’ai réussi à acheter un billet dans la section 200, tout près de la scène, avec une vue parfaite! J’étais fière et fébrile à la fois », se souvient la jeune femme, qui est allée seule au concert. 

Elle explique son choix. « Je ne voulais pas imposer le spectacle à mes proches, car l’argent était un enjeu. En bout de ligne, c’est le plus beau cadeau d’anniversaire que je me suis offert. Être seule, parmi quelque 18 000 spectateurs, m’a permis de tout capter, de vivre mes émotions, de vibrer au son de la musique, de chanter à tue-tête, de pleurer, de sourire…

Lorsqu’il a chanté Blackbird, j’ai été émue aux larmes. Je me suis sentie bercée par sa musique. C’était doux, c’était rempli de nostalgie. J’ai réalisé, à cet instant, toutes les années de carrière qui ont forgé le personnage. »