Cohen, poésie et futur roman
Vicki Laforce
Quelques jours après le décès de Leonard Cohen, la poète montarvilloise Vicki Laforce est allée se recueillir devant le domicile du chanteur.
« Je m’y suis rendue pour les lieux, pour le silence et le respect, pour lui rendre hommage, souligner son passage et faire mémoire », mentionne au journal Vicki Laforce, pour qui Cohen était une inspiration. « Surtout parce qu’il était porté par une quête spirituelle, qu’il avait visité les grandes traditions, qu’il avait une passion amoureuse et aussi parce qu’il était Montréalais. Il y a plein de choses en lui qui me parlent et font en sorte que je me sens en terre connue, proche. Je peux m’identifier à lui. »
Elle poursuit en racontant que le jour même de son décès, elle a fait l’achat de You Want It Darker, le dernier album du chanteur. « Nous ne savions pas encore pour sa mort lorsque j’ai acheté le disque, mais je me disais qu’il nous parlait de sa fin prochaine et que je devais l’écouter avant que… enfin, il nous a quittés ce même jour. Je suis convaincue qu’il est parti tranquille, ayant pu nous livrer cet album… un peu comme Bowie. »
Poésie
Juste à temps pour la tenue du Salon du livre de Montréal, Vicki Laforce publiait son quatrième recueil de poésie, Chambres maîtresses. Publié aux Éditions de l’étoile de mer, ce recueil de 150 textes rédigés entre 2013 et 2014 se veut un « gros livre de poésie amoureuse », nous raconte Vicki Laforce.
« Doucement, je penche davantage vers le roman, mais c’est un défi, parce que ça prend beaucoup plus de patience. La poésie, c’est un sprint, un roman, c’est un marathon. » – Vicki Laforce
Une ode à l’amour
Alors qu’elle qualifie cette poésie de mystique amoureuse, son éditeur, lui, parle plutôt de Chambres maîtresses comme d’un recueil classique, d’un hommage à la passion amoureuse où désir et romantisme se côtoient. « Mon recueil ne répond pas aux critères actuels de la poésie, c’est ce qui en fait mon œuvre la plus personnelle à ce jour », explique l’auteure, qui l’a d’abord pensée pour elle. « Ça prenait beaucoup de place dans ma vie à ce moment-là et je me souviens qu’au moment de la rédaction des poèmes, je vivais des poussées intenses d’émotion. » Chambres maîtresses est d’ailleurs dédié au poète Yvon D’Anjou, le coup de foudre de Vicki à l’époque. Le dernier poème du recueil se lit comme une lettre, comme si l’écrivaine s’adressait à quelqu’un. « C’est lent, c’est doux, et c’est un pied de nez à la modernité », poursuit celle qui a remporté le prix du Club Richelieu en 2015 lors de la Soirée Harpe et poésie.
Aujourd’hui, quelques années après avoir réfléchi et mis sur le papier ces poèmes, elle se dit déjà ailleurs. « Oui, la sortie de Chambres maîtresses est une sorte de retour en arrière, mais je suis contente de publier enfin ces textes, qui ont été rédigés avant que je sois avec lui. C’est comme si j’immortalisais une période merveilleuse de ma vie », indique-t-elle en entrevue. Entre le moment de l’écriture des poèmes et la publication de ceux-ci, l’auteure a vécu son idylle avec celui à qui elle dédie l’ouvrage. « Même si nous ne sommes plus ensemble, c’est mon meilleur ami. »
Chambres maîtresses est disponible sur le site de la boutique de Bouquinbec
Quatre recueils
Chambres maîtresses, le quatrième recueil de Vicki Laforce, est publié à la suite de Étendues (2015), un ouvrage empreint de douceur, de mélancolie, d’espoir, et Je reprends mes quartiers (2015), un bouquin aux écrits élagués et contemporains, qui entraîne le lecteur vers des « vallées de douceur, de nostalgie et de questionnements ». Le premier recueil de la femme de lettres, Anémone des nuits (2012), se veut très classique, dense et aux inspirations baudelairiennes.
Un roman en chantier
Vicki Laforce écrit de la poésie « à l’infini », tellement qu’elle pourrait publier, selon elle, quatre autres recueils. « Je dois arrêter… évidemment, tout n’est pas bon et je devrais en faire un tri, mais je possède plus ou moins 400 autres poèmes », admet celle qui planche aussi sur un premier roman, un récit à la Sur la route de Jack Kerouac. Mais lorsqu’elle se relit, elle dénote des ressemblances avec Herman Hesse. En attendant, elle accumule des paragraphes ici et là et débroussaille le manuscrit. « Doucement, je penche davantage vers le roman, mais c’est un défi, parce que ça prend beaucoup plus de patience. La poésie, c’est un sprint alors qu’un roman, c’est un marathon. »
Pour Vicki Laforce, écrire et publier des recueils depuis quelques années vient confirmer que l’inspiration l’habite, que l’écriture est réellement essentielle pour elle. « Ce n’est pas qu’un moment, qu’un passage dans ma vie. »
La poète détient une maîtrise en histoire et une maîtrise en études du religieux contemporain. Ses études l’ont amenée à pratiquer dans le milieu de la santé. Aujourd’hui, elle est collaboratrice à l’agent pastorale de la paroisse de Saint-Bruno-de-Montarville. Le reste du temps, elle écrit.
QUESTION AUX LECTEURS :
Lisez-vous de la poésie?

