Anne-Marie Sicotte poursuit son épopée sur les Patriotes
Rue du Sang, deuxième tome de la quadrilogie Le pays insoumis
La romancière Anne-Marie Sicotte dévoile la suite de sa saga historique Le pays insoumis en publiant chez VLB éditeur le deuxième tome, Rue du Sang. Dans la suite de cette épopée, l’auteure de Saint-Bruno-de-Montarville se penche sur la prétendue émeute électorale de Montréal-Ouest, un épisode crucial dans l’escalade des tensions qui mènera à la Rébellion de 1837-1838.
Un an après la sortie du roman Les chevaliers de la croix, Anne-Marie Sicotte lance le deuxième tome, Rue du Sang, un bouquin dans lequel l’écriture est beaucoup plus fluide que dans son prédécesseur, et l’histoire, bien entamée. « Le premier était une entrée en matière, je donnais vie à mes personnages. Dans Rue du Sang, même si c’est une histoire difficile à rédiger, l’écriture a été plus facile. Je peux enfin dire que c’est parti, que ma saga est enclenchée et que j’ai atteint ma vitesse de croisière », mentionne Anne-Marie Sicotte, que le journal a rencontrée dans un café de la rue Montarville.
Le pays insoumis comportera au total quatre tomes, qui sortiront à raison d’un par année. Les deux autres sont déjà organisés, conçus, planifiés et l’auteure planche présentement sur la rédaction du troisième.
Rue du Sang
De douloureux secrets de famille sont mis au jour, mais portés par le vent de liberté qui souffle sur le Bas-Canada, Gilbert et sa sœur Vitaline, les Dudevoir, poursuivent l’aventure de leur existence. Tous deux plongent dans l’ivresse amoureuse, tout en s’investissant dans la lutte patriote, qui s’intensifie afin de bouter hors de la Province of Quebec une oligarchie de profiteurs. Cependant, ces derniers refusent de perdre les privilèges à la source de leur opulence et n’hésitent pas à faire jouer les rouages d’une impitoyable mécanique de répression, ce qui, en 1832, fait couler le sang d’innocents Canadiens.
Pourquoi écrire?
« J’écris parce que je ne me vois pas faire autre chose; il s’agit de mon meilleur talent. Mais je raconte des histoires aussi parce que j’ai des choses à dire, des messages à transmettre et que ça passe toujours bien dans un roman », poursuit l’écrivaine de la trilogie des Accoucheuses, une autre saga historique romanesque couchée sur le papier dans les années 2000.
Parmi ces messages à transmettre, la mère de trois enfants estime qu’il reste encore beaucoup à apprendre de l’histoire des Patriotes en raison de pans d’ombre et de choses qui sont encore aujourd’hui ignorées. Selon elle, le clergé s’est chargé d’alimenter un discours qui se voulait rempli de préjugés envers les Patriotes. Puisqu’elle est passionnée d’histoire et du sujet, Anne-Marie Sicotte a décidé de se consacrer au dossier. « Il y a des événements dans leur histoire qui n’ont pas été racontés comme il se devait », estime l’historienne de formation. Pour déterrer ces secrets enfouis, la Montarvilloise de 50 ans s’est penchée sur les écrits des Patriotes, notamment leurs propres témoignages sur l’époque et aussi la correspondance de ces gens-là. Elle a aussi plongé dans les journaux de ce temps-là, qui étaient d’une « extrême richesse » et très nombreux.
Son souhait? Que les professeurs d’histoire se servent de ses romans historiques dans leurs cours pour enseigner aux jeunes.
Passionnée par la découverte du passé, Anne-Marie Sicotte a publié deux importantes biographies, celles de Marie Gérin-Lajoie et de Gratien Gélinas, en plus de s’intéresser à la photographie ancienne. Mais la fiction l’interpelle depuis fort longtemps et, en 2003, elle publiait un premier roman, Les amours fragiles. Ont ensuite suivi Les Accoucheuses et maintenant, Le pays insoumis.

