Des titres boursiers en forte hausse profitent à certaines personnes de la région
Certaines actions à la bourse américaine ont vu leur valeur exploser à la bourse américaine au courant de la dernière semaine. Quelques investisseurs d’ici ont réussi à en tirer de bons profits.
Parmi ces petits actionnaires, on trouve un jeune homme originaire de Saint-Basile-le-Grand, âgé et de 22 ans et qui désire garder l’anonymat par souci de sécurité. Nous l’appellerons Jacques. Depuis janvier 2021, il suit le titre de la chaîne américaine de cinémas AMC. « Je passe 3 à 4 heures par jour à m’instruire à propos de la bourse depuis un an et demi », dit-il, mentionnant qu’il désirait avoir un petit revenu supplémentaire avec la venue de la COVID-19 qui avait affecté son salaire. Au mois de janvier 2021, cette action était vendue aux environs de 2 dollars américains chacune.
Pour la majorité des personnes présentes sur le parquet de la bourse de Wall Street, AMCétait vouée à faire faillite au courant de l’année. La majorité des investisseurs, dont les fonds de couverture -qui s’enrichissent lorsque l’action de compagnies diminue- ont pris la décision de parier que c’est vers une faillite que se dirigeait l’action d’AMC, dans l’espoir de récolter l’argent dans l’éventualité où leur pari serait bon.
Mais pour Jacques et plusieurs autres petits investisseurs sur les réseaux sociaux, cette entreprise était une occasion en or de faire des profits.Au moment où le prix d’une action monte, les fonds de couverture qui ont parié que le titre allait descendre perdent de l’argent et doivent absolument revendre le titre à la hausse pour ne pas perdre trop d’argent, ce qui profite aux petits investisseurs.
200 000$
C’est la valeur actuelle du portefeuille de Jacques, un citoyen de Saint-Basile qui a investi dans le titre d’AMC alors qu’il coûtait en moyenne autour de 10$ par action.
« J’ai commencé à faire du profit en achetant des titres à la bourse et en les revendant rapidement lorsqu’ils faisaient du profit », dit Jacques. Cette technique lui a permis d’accumuler une dizaine de milliers de dollars, qu’il a ensuite réinvestis peu à peu dans le titre d’AMC. « J’ai fini par tout mettre ce que j’ai accumulé dans cette action là. Aujourd’hui, le titre est autour de 50$ l’action, ce qui fait que mon portefeuille vaut environ 200 000$. »
Occupy 2.0
Questionné à propos de ce qu’il compte faire de ses actions, Jacques indique qu’il n’a pas l’intention de les vendre tout de suite, puisqu’il est convaincu que leur prix pourrait bientôt exploser et monter à quelques centaines de dollars chacune. « Au point où nous en sommes, il y a deux possibilités:tout le monde vend et le prix de l’action chute ou les gens se rallient et gardent les actions, ce qui ferait monter le prix et forcerait les fonds à découvert à fermer. Il y aurait également des changements dans le système. »
Ultimement, l’objectif visé par Jacques et d’autres personnes qui suivent le mouvement n’est pas seulement de faire des profits, mais de faire cesser les investissements de banques et de divers fonds à découvert dans des entreprises pour qu’elles fassent faillite. « Le but principal, c’est de faire justice à la manipulation du marché et de donner l’argent qui est entre les mains des fonds de couverture aux citoyens normaux. »
Jacques va même jusqu’à qualifier le mouvement d’Occupy 2.0, en référence au mouvement qui a eu lieu sur les places boursières du monde pour critiquer le système capitaliste après la crise économique de 2008. « C’est un combat de David contre Goliath, mais en se mettant tous ensemble, on pourrait gagner. » En date du 4 juin, les fonds à découvert ont perdu environ 20 milliards de dollars dans ce type d’investissement, des sommes qui sont gagnées par de petits investisseurs au détriment de professionnels de la finance.
Jusqu’à maintenant, deux exemples marquants de ce type de situation se sont produits dans l’actualité récente. Les actions de l’entreprise Gamestop, qui exploite les commerces de jeux vidéo EBGames au Canada, ont vu leur prix passer de 18,84 dollars américains le 31 décembre dernier, à plus de 250 dollars américains au 1er juin.
Jeu très risqué
Pour Philippe LeBlanc, président de l’entreprise de gestion de portefeuille cote 100, qui est établie à Saint-Bruno, ce type d’investissement fait par soi-même peut certes rapporter gros à certains actionnaires, mais est également un type d’investissement risqué. « Les personnes qui achètent ces titres ne s’informent pas nécessairement sur l’entreprise et veulent seulement l’obtenir pour le revendre à court terme avec les profits obtenus grâce à la spéculation. »
Il ajoute que les acheteurs qui font partie de la présente bulle autour d’entreprises comme Gamestop ou AMC ont « ciblé l’action et ont décidé de se mettre ensemble pour écraser les vendeurs à découvert. Il n’y a rien de fondamental à ce type d’investissement, qui ne cible pas des titres sous-évalués pour les faire augmenter à leur juste valeur. »
M. LeBlanc estime que d’ici peu, ce genre de situation risque de faire mal à plusieurs investisseurs, qui pourraient perdre gros, comme ce fut le cas lors de la bulle informatique de la fin des années 1990. « Une nouvelle génération fait cela aujourd’hui et c’est un jeu particulièrement dangereux. » Il va même jusqu’à qualifier la pratique de haute-voltige et la compare à jouer son argent au casino, « mais au moins au casino ils offrent des consommations gratuites. »
Selon l’expert en finance, le genre d’investissement que font les acheteurs individuels dans des entreprises comme Gamestop et AMC sont souvent uniquement dans ces entreprises, ce qui est dangereux car tout le risque est concentré au même endroit. Il comprend cependant les personnes qui choisissent de jouer le jeu, qui pourrait rapporter gros à plusieurs personnes, mais recommande plutôt aux nouveaux investisseurs d’acheter des indices ou des fonds mutuels diversifiés pour ne pas risquer de tout perdre sur le marché.
Avez-vous tenté votre chance dans cette saga de titres boursiers?


