Vivre un voyage à la fois

Nous sommes en 2000 et, l’espace d’un instant, la terre s’est arrêtée de tourner pour Marcel Béliveau : le diagnostic est tombé… maladie de Parkinson. Aujourd’hui âgé de 69 ans, M. Béliveau remercie tous les jours le ciel d’avoir mis une conjointe aimante sur sa route et un bon neurochirurgien; grâce à ces deux personnes, M. Béliveau a droit à une vie normale, remplie de voyages.

Peu importe la maladie diagnostiquée, on ne sait jamais d’avance comment on va réagir à son annonce. Dans le cas de M. Béliveau, il s’est senti emporté par une pente descendante abrupte. « On réagit bizarrement à une nouvelle comme celle-là, parce qu’on ne sait pas ce qui se passe. Tout ce qu’on sait, c’est qu’on est condamné à régresser, à vivre dans une pente continuellement descendante », exprime M. Béliveau.

À cette époque, un nouvel amour venait de naître entre M. Béliveau et sa conjointe, Diane Couture. Sans hésitation, celle-ci a devancé son départ à la retraite pour vivre chaque moment aux côtés de son amoureux. « Marcel a toujours aimé voyager et je ne voulais pas que ça cesse. On voyage aussi souvent que sa santé nous le permet », raconte-t-elle.

Une opération miraculeuse

Alors que la santé de M. Béliveau tendait à se dégrader, il a eu la chance de faire partie des quelques candidats aptes à être opérés à l’Institut et hôpital neurologiques de Montréal. Il y a donc un an et demi, des électrodes ont été placées sur son cerveau, à des endroits stratégiques, afin que ses neurones soient continuellement stimulés.

« L’opération a été une décision importante que j’ai prise vite parce qu’elle était ma seule voie possible, étant donné ma condition. J’étais conscient que les risques étaient élevés, mais finalement, ils ont été plutôt minimes; pour ma part, ils m’ont surtout occasionné des problèmes d’élocution. Aujourd’hui, je ne regrette pas mon choix, puisque je n’ai plus aucun tremblement. »

Depuis ce temps, M. Béliveau vit avec une petite machine installée sous sa peau, laquelle ressemble à un stimulateur cardiaque (pacemaker), qui lui permet de vaquer à ses activités quotidiennes préférées : la marche, le vélo, le jardinage et, bien entendu, les voyages. « Marcel a toujours des idées de projets, même que des fois, c’est moi qui suis obligée de le freiner! », ajoute Mme Couture.

En attendant les prochaines aventures de voyage, M. Béliveau participe à des séances d’exercices physiques qui lui permettent de travailler son tonus musculaire, de combattre l’évolution de la maladie et les effets dégénératifs.