Souvenirs, famille et un peu de brandy

Thérèse Lamoureux aura bientôt 100 ans

« L’important, c’est d’être capable de s’occuper de notre personne, de ne pas se négliger, d’être bien entourée et de prendre la vie au jour le jour. Je ne réalise pas encore que je vais avoir 100 ans, parce que je ne le sens pas. Pour moi, ce sera un anniversaire comme un autre. »

Ces paroles sont celles de Thérèse Lamoureux, une Montarvilloise qui célébrera son 100e anniversaire le 29 mars prochain, en compagnie des membres de sa famille.

Lorsqu’elle se dit bien entourée, madame Lamoureux parle de ses huit arrière-petits-enfants et ses huit petits-enfants, mais d’abord et avant tout de ses quatre enfants, deux hommes, deux femmes, dont l’une avec qui elle habite. « J’ai autour de moi de bons enfants, qui prennent bien soin de moi. Je me suis toujours occupée de ma personne, j’ai toujours fait attention à moi, pour ne pas donner de trouble à personne. Aujourd’hui, je reste avec l’une de mes filles, mais je les considère toutes les deux comme mes “mamans” », mentionne au journal Thérèse Lamoureux.

Thérèse Lamoureux est née dans Hochelaga en 1915. Elle est la 10e enfant d’une famille de 17, dont trois sont décédés en bas âge. Des 14 bambins, seule madame Lamoureux, deux de ses sœurs et un frère sont toujours en vie, dont Madeleine, le bébé de 86 ans. Entre 1939 et 1945, elle a vu deux de ses frères s’enrôler dans l’armée; l’un est parti pour l’Allemagne, l’autre est resté au pays pour réparer des avions. Mariée, elle vivait chez ses parents à cette époque, dans une maison que son père avait bâtie dans le quartier Rosemont. La Montarvilloise a travaillé dans une manufacture de chaussures de la rue Crescent, à Montréal, jusqu’à l’âge de 65 ans.

À l’aube de ses 100 ans, l’intéressée est encore en santé. Elle fait un peu d’anémie, entend moins bien d’une oreille, a besoin de gouttes pour ses yeux et d’un supplément de protéines parce qu’elle ne mange pas assez, mais sinon, elle ne fait pas de rhumatisme et a su conserver une excellente mémoire. Elle met de la crème matin et soir et parfois, quand elle est fatiguée, elle arrose ses souvenirs d’une petite rasade de brandy. Elle ne commence jamais une journée sans rôties de pain aux raisins, beurrées de confiture et de fromage Velveeta, banane, café et aussi noix de cajou.  

Elle a fait un peu de zona et s’est cassé la hanche à l’époque, vers l’âge de 87 ou 88 ans, à la suite d’une mauvaise chute à la maison. Elle était seule et a passé la nuit sur le plancher. C’est son fils qui l’a trouvée le lendemain. Depuis, Thérèse Lamoureux profite du programme PAIR, c’est-à-dire que tous les matins à 10 h, elle reçoit un appel automatisé afin de s’assurer que tout va bien. Il s’agit d’une mesure de sécurité. Dans son poignet, elle porte aussi un bracelet Lifeline, qui permet d’obtenir de l’assistance par simple pression d’un bouton. Cette malencontreuse chute ne l’a pas empêchée de jouer aux quilles jusqu’à 92 printemps.

Comment explique-t-elle sa longévité et sa santé? « J’ai fait beaucoup de sports : vélo, patinage, tennis, raquette, ski de fond. Plus jeune, j’étais toujours dehors. »

Thérèse Lamoureux est venue s’installer à Saint-Bruno-de-Montarville en 1981. Dès lors, elle a fait partie du Cercle de fermières, du Club de l’âge d’or et de la chorale. Elle a également joué à la pétanque et aux quilles. Très manuelle, elle a fait de la courtepointe, du tricot, de la broderie japonaise. Des pièces ornent notamment les murs de la maison. Son chanteur préféré est Michel Louvain. Durant la journée, elle s’occupe avec des grilles de mots cachés et regarde la télévision, les téléromans d’époque qui repassent aux canaux spécialisés, comme Cormoran et Les belles histoires des pays d’en haut, sur ICI ARTV. Et elle lit. Beaucoup. Lorsqu’elle ferme l’écran, elle se plonge dans ses romans, parfois jusqu’à 2 ou 3 h de la nuit. 

À 75 ans, elle a perdu son mari, le père de ses enfants. Il était âgé de 81 ans. Ensemble, ils ont voyagé en Afrique à plusieurs reprises pour visiter l’une de leurs filles, mariée à un Gabonais. Ils ont aussi visité la Suisse et les États-Unis. « J’ai eu une belle vie. Tout au long de notre union, mon mari m’a gâtée. Il a été bon pour moi et faisait tout dans la maison. Parfois, je rêve à lui. »

Ses plus beaux souvenirs liés à sa jeunesse remontent à l’époque où tous les membres de la famille – et ils étaient nombreux – se réunissaient les dimanches pour préparer le repas ou pour faire des pique-niques. Ce qui devait donner ce genre de scène, évoquée par Claude Léveillé: « Tu t’rappelles le dimanche? Autour d’la table, Ça riait, discutait, Pendant qu’maman nous servait. »

Thérèse Lamoureux est fière de ses enfants, sa famille, et d’être encore en santé. Elle souhaiterait que les gens se souviennent d’elle comme d’une femme de bonne humeur, souriante et qui aimait beaucoup danser.