Saint-Bruno: le vieux presbytère protégé depuis 60 ans

En décembre 1966, il y a bientôt de cela 60 ans, la Commission des monuments historiques a approuvé la démarche du maire Gérard Filion et du curé de la paroisse, Mgr Gilles Gervais, pour classer le vieux presbytère comme un monument national.

Cette démarche est survenue après la construction, en 1960, d’un presbytère moderne rattaché à l’église. L’existence de l’ancien presbytère, dont l’entretien était devenu trop onéreux, était alors menacée et la démolition de la pittoresque maison de pierres semblait inévitable.

Le style d’architecture possède toutes les caractéristiques inhérentes aux bâtiments érigés au cours de la première moitié du XIXe siècle.

Par son architecture, sa dimension et sa beauté, cette vieille maison québécoise capte le regard de quiconque passe près du lac du Village. Cet ancien presbytère, autrefois situé près de l’église catholique, a été bâti vers 1851 sur un terrain donné par le seigneur de Montarville. Henri Favreau, maître menuisier en bois, et Guilbert Provost, maître maçon, tous deux de Boucherville, en ont été les artisans. 

6 000 $ C’est le prix de la construction du vieux presbytère à l’époque.

Un dollar

Le 28 février 1934, l’église a été la proie des flammes. En moins de deux heures, le bâtiment disparaissait, est-il écrit dans un ouvrage de la Société d’histoire de Montarville, Fragments d’histoire. Le presbytère a toutefois été épargné par le feu, mais l’entretien de la vieille maison devenait difficile et coûteux.

La pierre des champs mouchetée, utilisée pour l’extérieur et les cheminées doubles ancrées dans les pignons, caractérise bien le type de maison rurale que l’on trouvait à l’époque en périphérie de Montréal. Les murs ont de quatre à cinq pieds de profondeur. On y retrouve encore aujourd’hui de la quincaillerie et de la serrurerie d’origine.

La structure interne est constituée presque entièrement de bois de pin. Il est intéressant de noter que le coût de la construction n’était, à l’époque, que de 6 000 $. 

Deux ans avant le classement patrimonial, soit en 1964, la Ville en a fait l’acquisition après avoir acheté l’édifice pour un dollar. Dès lors, le vieux presbytère a été démoli, pierre par pierre, et reconstruit en bordure du lac du Village. 

En 2007, des travaux majeurs de restauration ont été entrepris pour maintenir sa valeur et son cachet patrimonial par l’utilisation de matériaux appropriés.

Plus de 5000 visiteurs

Après moult considérations et discussions sur le rôle du Vieux Presbytère, une décision a fait l’unanimité au conseil municipal. Il serait officiellement destiné à servir de centre civique. Depuis 1967, cette maison pittoresque sert de centre culturel et on lui attribue l’appellation de  » Vieux Presbytère « . Ce haut lieu de culture et de sociabilité abrite expositions, concerts, ateliers, rencontres et fêtes communautaires. Plus de 5 000 visiteurs s’y rendent chaque année.