Richard Lagrange se voit décerner le Prix Samuel-Charette
La Société d’histoire de Rivière-Rouge rend hommage
La Société d’histoire de Rivière-Rouge (SHRR) a honoré l’auteur et historien Richard Lagrange en lui attribuant le Prix Samuel-Charette lors d’une cérémonie spéciale en février dernier. Résidant de Saint-Bruno-de-Montarville, Richard Lagrange est l’un des membres fondateurs de la Société d’histoire de la région de Terrebonne (SHRT).
« C’est très humblement que je reçois cet hommage. Mes pairs ont reconnu mon travail; c’est le plus beau des cadeaux que l’on peut recevoir, et de son vivant de surcroît! S’ajoute à cela la motivation. C’est très stimulant! » mentionne Richard Lagrange, en entrevue avec le journal Les Versants.
La SHRR a rendu hommage à l’auteur et historien Richard Lagrange, qui a mis en valeur le patrimoine et la richesse culturelle de la région de la Vallée de la Rouge durant des décennies au moyen de livres et autres activités. « La contribution de monsieur Lagrange est d’une telle importance que, même aujourd’hui, lors de conversation au sujet de l’histoire de la région, son nom est présent », d’indiquer le président de la SHRR, Ronald Mc Gregor.
Il y a près d’un an, ce dernier a proposé au conseil administratif de la société la création du Prix Samuel-Charette. Cette distinction est remise à une personnalité vivante qui, par ses actions, a la reconnaissance de ses pairs. « Je suis resté surpris de cette décision. C’est la première fois que le Prix Samuel-Charette est décerné et mon nom a été suggéré unanimement. J’ai été très ému de ce geste parce qu’on ne travaille pas pour remporter des prix », déclare Richard Lagrange.
Pour le Montarvillois, outre les nombreuses conférences tenues dans les Laurentides et un peu partout au Québec, c’est surtout sa contribution écrite que l’on retient. Que l’on cite notamment Le Nord, mon père, voilà notre avenir… une histoire de L’Annonciation et de Canton Marchand (1986), La Vallée de la Rouge (réalisé en collaboration, 1981), De la Chute aux Iroquois à Labelle : 1880-1980 (1980). La plus récente publication de M. Lagrange est parue l’an dernier : Aimé Despatis, un journaliste engagé et gardien de la mémoire. Maintenant à la retraite, l’historien termine un important ouvrage sur les Patriotes. « J’y travaille depuis près de trois ans. Mon ouvrage, qui devrait voir le jour d’ici un an, met l’accent sur les rebelles, que je compare à des républicains de par leurs idéologies. Les recherches nous amènent souvent sur le terrain afin d’apporter la preuve des faits; c’est ce qui prolonge la rédaction d’un ouvrage d’histoire », de poursuivre celui qui s’implique également dans l’organisme Minta à Saint-Bruno.
Richard Lagrange a fait des études en histoire à l’UQAM de 1973 à 1978. Il est bachelier et détient également une maîtrise. « À la suite de mes études, j’ai eu une offre d’emploi à Mont-Laurier. Je ne connaissais rien à la région, mais j’y ai découvert quelque chose qui m’a interpellé en tant qu’historien. C’est la région du curé Labelle et de Séraphin Poudrier, que nous avons connus par le téléroman Les Belles Histoires des pays d’en haut. Il n’y avait rien d’écrit sur le sujet, et pourtant, l’émission se passait dans cette région. J’y ai fait des recherches pendant près de 20 ans! » Par la force des choses, il est devenu enseignant d’histoire au Cégep de Saint-Jérôme à Mont-Laurier, de 1983 à 1991.
En 1991, Richard Lagrange est transféré au Collège Édouard-Montpetit, à Longueuil, afin d’y enseigner l’histoire, et ce, jusqu’à sa retraite. C’est ce changement de région qui lui a permis de faire connaissance avec la Montérégie et, plus particulièrement, la ville de Saint-Bruno-de-Montarville. « Je me suis accroché à la première montagne que j’ai aperçue en arrivant par ici et c’était le mont Saint-Bruno. On ne connaissait pas du tout et j’ai eu un coup de cœur pour l’aspect village de Saint-Bruno », explique Richard Lagrange. En 2001, il a aussi collaboré au collectif Histoire du Richelieu-Yamaska-Rive-Sud, publié aux Presses de l’Université Laval.
Quand on demande à monsieur Lagrange ce qui lui a donné la piqûre de l’histoire et du patrimoine, il répond immédiatement que ça remonte à loin, que trois facteurs ont déclenché les débuts de tout. Son grand-père, un passionné d’histoire, de Bourassa et du général Charles de Gaulle. « Il a été mon premier éveil à la culture et à l’histoire. » Ensuite, la lecture de romans historiques, notamment les romans d’Alexandre Dumas, comme Les Trois Mousquetaires. « Pour moi, il y avait une possibilité de vivre ces épopées, de participer à ces histoires. » Enfin, en 4e secondaire, la rencontre d’un professeur d’histoire est venue confirmer son intérêt. « Il m’a demandé si l’histoire m’intéressait, et que si je voulais faire un choix pour le cégep, cette matière devrait me plaire. C’est venu confirmer l’appel et je n’ai jamais regretté mon choix », de conclure monsieur Lagrange.
