Organismes communautaires: des dons en temps et en services

Les directeurs des centres de bénévolat de Saint-Basile, de Sainte-Julie et de Saint-Bruno sont unanimes : il est impossible de chiffrer tout ce que leurs bénévoles donnent et tout ce que chaque centre reçoit en dons.

Les organismes communautaires redonnent à la communauté beaucoup plus que l’on peut le croire.

« Les dons varient chaque année. Nous avons des donateurs présents chaque année, d’autres qui donnent sporadiquement. Chaque don est toutefois reçu comme une tape dans le dos qui nous remercie pour le travail que l’on fait », explique Sylvain Morin, directeur du Centre d’action bénévole Les p’tits bonheurs à Saint-Bruno.

Pour le directeur, les dons en argent ne sont qu’une partie de ce que le CAB reçoit annuellement. Il énumère quelques exemples, dont des tuques tricotées par le Cercle de Fermières de Saint-Bruno, qui ont été données puis redistribuées aux bénéficiaires du dépannage alimentaire. « Ce sont des dons inestimables, ça n’a pas de valeur de recevoir de tels biens », précise-t-il, visiblement touché par la générosité des organismes, des citoyens et des partenaires commerciaux, qui aide à combler certains besoins sans avoir à défrayer des sous.

Plusieurs sources de revenus

D’ailleurs, les trois centres bénéficient de subventions gouvernementales, dont le Programme de soutien aux organismes communautaires (PSOC). « Ces sommes sont largement insuffisantes pour la mission que nous menons. Il faut savoir aller chercher des fonds ailleurs et ne pas attendre après les instances gouvernementales pour faire avancer nos projets », mentionne Chantale Brais, directrice de l’Envolée, le Centre d’action bénévole de Sainte-Julie.

Pour l’Envolée, une grande partie de son financement provient de sa livraison de plats congelés offerts à petits prix pour les aînés ou certains citoyens selon des conditions d’admissibilité. Ce sont plus de 900 repas qui sont distribués par semaine. « Plus de la moitié de nos revenus provient de la vente de ces plats », précise-t-elle. Qu’il s’agisse de retombées financières directes par la vente ou par le don de denrées pour la préparation de ces plats, ce moyen de financement permet à l’organisme d’offrir d’autres services aux aînés. 

« On espère toujours beaucoup et l’on reçoit peu », précise Miriam Pomerleau, directrice du Centre de bénévolat de Saint-Basile-le-Grand, à propos des demandes de financement effectuées. De son côté, Mme Pomerleau précise qu’une bonne portion des revenus proviennent de la friperie, un constat similaire pour le CAB Les p’tits bonheurs. 

Des dizaines de milliers d’heures

Ce sont 10 526 heures que les bénévoles ont offertes en 2024 au Centre de bénévolat de Saint-Basile-le-Grand, dont 727 heures pour l’accompagnement médical, 1 903 pour la popote roulante et 4 191 à la friperie.

À Sainte-Julie, le temps offert par la centaine de bénévoles œuvrant auprès de l’Envolée s’évalue à 430 000 $ en salaires, si l’organisme devait les rémunérer. « Les bénévoles sont la clé pour offrir de tels services. Ils sont indispensables pour que l’on puisse répondre à notre mission », explique Mme Brais.

À Saint-Bruno, les 320 bénévoles inscrits totalisent plus de 26 000 heures annuellement, ce qui représente au moins une quinzaine d’employés à temps plein. « C’est important de prendre soin de nos bénévoles. Ils sont le pilier de nos services », reconnaît M. Morin.

Au-delà des dons

Avec la nouvelle construction de l’Envolée à Sainte-Julie, le centre devrait diversifier ses revenus. Mme Brais souhaite saisir les occasions d’offrir plus sans nuire aux autres organismes de la région. « Je souhaite aller rejoindre les gens directement là où les bénéficiaires peuvent se trouver », précise-t-elle.

Pour Mme Pomerleau, le temps, l’argent et les biens distribués ne sont qu’une partie de ce que le centre offre aux citoyens.

L’écoute, l’accompagnement et les liens sociaux créés par l’organisme font partie, eux aussi, de ce que redonne le centre à la communauté, même si ces services ne sont pas monnayables

ou chiffrables. 

C’est un constat partagé par Sylvain Morin. « On offre non seulement des services concrets, mais il y a aussi des liens qui se tissent entre nos bénéficiaires et nos bénévoles », explique-t-il. 

Chantale Brais est d’avis que le rôle des bénévoles va au-delà de la tâche pour laquelle ils souhaitent s’impliquer. « On aide les aînés à rester plus longtemps à domicile par le biais de nos services, mais nos bénévoles sont aussi aux aguets des problèmes que peuvent rencontrer nos bénéficiaires »,

exprime-t-elle, abordant également ce rôle transitoire pour fournir l’accompagnement adéquat selon les besoins de chaque personne.

Sylvain Morin conclut en mentionnant que les liens et les collaborations à Saint-Bruno sont multiples, autant avec la Ville qu’avec d’autres organismes. « On est tissés serrés comme dans les villages », précise-t-il.