Nicaragua….vivre ou survivre?
Depuis quelques semaines, nous travaillons au Nicaragua dans le département de Madriz, Totogalpa. Quel choc, après le Costa Rica, d’arriver chez le pays voisin et d’y rencontrer une terre si aride et sans eau!
Ce coin de pays est situé dans le corridor sec de l’Amérique centrale et, depuis quelques années, la pénurie d’eau a causé dans la région une grande crise alimentaire. Les gens ont faim, car ils vivent, ou plutôt survivent, des produits de l’agriculture.
L’an passé, à la saison des pluies, ils n’ont eu que trois jours de pluie en trois mois! Il y a bien quelques puits installés çà et là dans la région, mais c’est à peine suffisant pour répondre à la consommation quotidienne des familles. Et de voir ces femmes et ces jeunes filles de 10-12 ans marcher pendant des heures sous un soleil de plomb, le seau sur la tête afin de se rendre au puits pour pouvoir cuisiner, ça fait mal!
Deux jours après notre arrivée, nous avons eu droit à une grande averse. Quel bonheur! On y voyait là un signe annonciateur du début de la saison des pluies, mais depuis, plus une goutte et la chaleur est étouffante. Que faire pour les aider? Leur donner à manger? Oui, pour l’instant, ça peut être une solution, mais à court terme. Alors, que faire? Ils ont tous une petite parcelle de terrain, mais pas d’argent pour acheter les semences. Il ne leur manque qu’un petit coup de pouce et nous avons un budget réduit nous aussi. Nous nous sommes regardées et nous nous sommes dit qu’eux, ils meurent de faim et du manque d’eau, et que nous, en comparaison, nous sommes riches. Il faut faire quelque chose. C’est l’objectif de notre voyage, non, sauver des vies? On a des REER, un bon travail qui nous attend au retour, alors, pourquoi pas? Dans une première communauté, nous avons donc aidé à nettoyer les terrains pour pouvoir semer, acheter les semences et donner à chaque famille les quatre premières livres de frijoles et de maïs et nous avons vendu à demi-prix les livres en surplus que chaque famille désirait. Nous leur avons fait un minicrédit et au moment des récoltes et de la vente de leur production, ils nous rembourseront. C’est à peine 20 $ par famille. Nous avons aussi aidé à restaurer le puits afin qu’il soit suffisamment performant pour suppléer en cas de sécheresse.
Dans une autre communauté, nous avons décidé d’aider à démarrer une coopérative de poules et de poulets. Ces gens ont plein de cœur au ventre et ils travaillent si fort malgré la chaleur et le manque de ressources que nous en sommes estomaquées. Nous sommes allées visiter des terrains afin de voir lequel serait le plus propice à construire notre petite ferme d’élevage. Nous avons trouvé l’endroit idéal : centralisé (pour chaque membre de la coopérative, car tous leurs déplacements se font à pied) et avec une possibilité de creuser un puits qui donnera suffisamment d’eau pour nos animaux. De plus, il y a de grands espaces pour semer et être autosuffisant. Et c’est parti! La coopérative Luz Divina a pris officiellement naissance. C’est un gros projet qui nous demande beaucoup d’investissement, mais qui va faire une si grande différence, car l’une de nos règles est de soutenir le reste de la communauté à travers les profits. Seuls, ils ne peuvent pas beaucoup, mais ensemble, ils pourront faire de grandes choses. Ils n’avaient besoin que d’une petite impulsion. C’est tellement beau de les voir aller si heureux et si pleins d’espérance. Et les religieuses, avec qui nous travaillons, seront là pour les soutenir et les appuyer en cas de besoin. Encore une fois, nous pouvons dire : mission accomplie!


