Marie-Josée Potvin garde les deux pieds sur terre

Ingénieure en structures spatiales à l’Agence spatiale canadienne

La Montarvilloise Marie-Josée Potvin est ingénieure en structures spatiales à l’Agence spatiale canadienne (ASC), située à Saint-Hubert. Mais elle est avant tout mère de quatre enfants, une fille et trois garçons âgés de 14 à 21 ans, dont le plus jeune souffre de déficience visuelle d’origine corticale.  

Entre la complexité de son emploi d’ingénieure à l’ASC et son travail quotidien de maman à la maison, elle n’hésite pas une seconde pour dire que c’est ce dernier qui est le plus difficile, le plus exigeant. « Rien ne nous prépare à être maman d’un enfant handicapé. Il faut plonger et faire de son mieux. Il n’y a pas de manuel d’instructions qui vient avec la nouvelle que votre est atteint d’un trouble neurologique. C’est un défi de tous les instants », explique Marie-Josée Potvin, que le journal a rencontré à Saint-Hubert.  

La déficience visuelle d’origine corticale désigne l’absence ou l’altération des réponses visuelles alors que l’évaluation des réflexes pupillaires et des structures oculaires ne révèle aucune anomalie significative. Cette condition s’explique par l’impossibilité du cerveau à décoder adéquatement les informations visuelles et déclencher les réponses visuelles appropriées. « Avoir un enfant handicapé, ça remet bien des choses en perspectives; les rêves que l’on a pour lui ne sont pas les mêmes, l’autonomie n’est pas la même et les services ne sont pas les mêmes », ajoute la maman.

Dans le cas du fils de Marie-Josée Potvin, le diagnostic est tombé lorsque l’enfant avait 10 ans. « J’ai vu très rapidement que quelque chose n’allait pas dès sa naissance. Ses yeux ne suivaient pas et ne réagissaient pas à ce qu’il voyait, alors qu’il réagissait pourtant à ce qu’il entendait. À une semaine, je l’ai amené chez le pédiatre en croyant qu’il était aveugle. C’était si inhabituel que les médecins ont d’abord cru à plusieurs autres hypothèses mises sur la table, de la déficience intellectuelle à l’autisme avant de finalement parler d’un problème visuel. »   

Les jeunes atteints de déficiences neurologiques n’ont pas beaucoup d’activités qui leur sont consacrées. Souvent, ils se retrouvent donc isolés des autres enfants. Pour pallier ce problème, la Montarvilloise a démarré depuis un an un groupe de scouts à Saint-Bruno, la troupe Les loups blancs, destiné aux adolescents de 12 à 15 ans qui ont des atteintes neurologiques, comme de légers troubles envahissants du développement, de la dysphasie (trouble du langage) ou de l’épilepsie non contrôlée. Sans soutien, ces jeunes n’arrivent pas à fonctionner dans un groupe de réguliers, souvent en raison d’un retard scolaire ou de difficultés de socialisation. Pour le moment, quatre enfants profitent de ce nouveau programme, dont le fils de madame Potvin. « Le groupe scout permet de les prendre tous ensemble et de les intégrer à des groupes réguliers. C’est souvent le seul moment de la semaine où ils côtoient des jeunes réguliers pour faire des jeux et planifier des projets ensemble. Pour eux, c’est une fenêtre sur autre chose. On a vu au cours de la dernière année à quel point leur autonomie et estime de soi ont progressé. Ce sont de beaux moments à vivre », d’indiquer Marie-Josée Potvin, qui s’implique aussi dans sa communauté au soccer et à la paroisse. Selon elle, c’est important d’être « branchée parmi la communauté ».

« Quand je rentre à la maison, après avoir fermé la porte du bureau, il n’y a pas du tout de place pour le travail. C’est ma famille, mes enfants et un réseau d’amis assez importants aussi. »

Marie-Josée Potvin : ingénieure en structures spatiales, Ph. D.

Marie-Josée Potvin est ingénieure à l’ASC. Son travail de développement est principalement centré sur la préparation des structures et des mécanismes aux environnements planétaires. La poussière que l’on retrouve sur la Lune ou sur Mars est extrêmement abrasive et des mesures particulières sont requises pour s’assurer que les structures et les mécanismes puissent résister plusieurs mois. Ce travail de recherche est fait en collaboration avec des universités et des industries canadiennes dans le but de préparer la participation du Canada à d’éventuelles missions planétaires. Un autre aspect de son travail est la supervision de satellites construits par les industries canadiennes pour s’assurer que ces structures survivent au lancement, et par la suite, à l’environnement spatial.