Lesotho, cher pays d'Afrique
Chronique « Solidarité Tour du monde » par Louise et Janouka Paradis
Tout petit pays, entouré par l’Afrique du Sud, le Lesotho nous a semblé l’endroit rêvé pour découvrir vraiment l’Afrique avec ses maisons rondes, sa terre rouge, ses nombreux bergers, sa joie de vivre qui se communique par les chants et les danses. Les soeurs du Bon Pasteur nous ont gentiment accueillies chez elles dans un petit village de montagne appelé Sefikeng : il n’a pas encore l’électricité et se sert donc de l’énergie solaire. La plupart se lavent avec l’eau de pluie récupérée. Leur mission ici est extraordinaire. Elles ont ouvert un dispensaire, une école maternelle ainsi qu’un centre pour mères célibataires pouvant accueillir 36 jeunes filles et leur bébé (malheureusement pour nous, puisque ce sont les vacances de Noël, les jeunes filles sont retournées dans leur famille). Dans ce centre, elles leur enseignent à prendre soin de leur enfant, mais aussi à s’occuper d’une maison, à coudre, à élever des animaux, à poursuivre leur éducation et surtout, à se sentir bien, puisque plusieurs ont été chassées de leur famille. Les jeunes filles restent là pendant deux ans et à la fin, elles reçoivent un certificat.
Au dispensaire, les gens affluent jour après jour. Le 1er janvier, une jeune femme de 20 ans a donné naissance à deux jolies petites jumelles d’à peine 3 lb. Comme il fallait les conduire à l’hôpital, puisque la maman était malade et que l’infirmière devait s’occuper d’elle, c’est nous qui avons pris soin des bébés pendant tout le trajet. C’était génial de tenir ces si petits êtres!
Comme nous sommes arrivées au Lesotho pendant les vacances, ce ne fut pas simple de se trouver quelque chose à faire. On ne pouvait pas vraiment aider à la clinique faute de formation et de langue. Nous avons donc décidé de chercher un orphelinat aux alentours. C’est à Sekamaneng, petit village près de Maseru, que nous avons trouvé le « Centre for poor and less privilegied « , tenu par les soeurs de la Charité d’Ottawa. Comme nous étions fières de nous rendre là-bas le premier jour en pensant que nous allions prendre soin des bébés et des petits enfants! Quelle surprise pour nous, à notre arrivée, de découvrir que c’étaient surtout des jeunes de 10 à 18 ans! Oups, nos jeux n’étaient plus du tout adaptés! La surprise passée, nous avons commencé par faire connaissance. Les soeurs nous ont expliqué qu’en 1995, il y a eu un gros accident dans les mines et qu’une cinquantaine de personnes du Lesotho étaient décédées, laissant dans le deuil de nombreux orphelins. C’est pourquoi les soeurs ont ouvert ce centre à la demande du gouvernement et de l’évêque. De plus, comme le sida fait des ravages au Lesotho (plus de 50 % de la population est atteinte), cela augmente le nombre d’orphelins. Normalement, ils sont 80 enfants à y vivre, mais à cause du congé des Fêtes, plusieurs de ces enfants avaient trouvé de la parenté chez qui aller passer les vacances. Par contre, 20 jeunes n’avaient ni tante ni grand-mère pour les accueillir. Nous avons donc décidé de leur concocter un super beau party de Noël. Nous avons organisé plein de jeux à travers lesquels ils ont pu se défouler, rire et s’amuser! Quand nous leur avons demandé ce qu’ils voulaient pour Noël, ils nous ont répondu: » Du PFK « . Ce fut donc notre dîner. On a vraiment passé une super belle journée! Nos cadeaux (désodorisants, vernis, ballons, billes, crèmes, gloss, cahiers, etc.) ont fait des heureux : ils sont tellement pauvres qu’un rien leur fait plaisir.
Chaque matin, nous nous rendons au Centre et nous jouons au volley-ball tout en leur en enseignant les bases. À travers les jeux, chacun d’eux se révèle peu à peu. Pour ces enfants, la vie n’a pas été tendre! Quand tu n’as plus rien, ni papa, ni maman, ni personne pour qui tu comptes, c’est difficile de te sentir bien. Les soeurs font un travail extraordinaire, mais le manque d’argent et de ressources se fait tout de même sentir; les jeunes sont profondément reconnaissants envers elles, car elles leur fournissent, à tous, l’opportunité de s’éduquer et d’apprendre à travailler. Elles ont bâti une petite ferme où cochons, vaches et poulets leur permettent de se nourrir et d’avoir un revenu. Dans quelques jours, nous les quitterons et c’est le coeur gros que nous leur dirons au revoir : ils sont devenus pour nous, des amis, des frères et même des fils. C’est certain qu’à notre retour au Canada, nous continuerons à les aider en leur faisant parvenir toutes sortes de choses.


