La Roselière perd son statut d'école à projet particulier
Exit la pédagogie Waldorf
Dès la prochaine rentrée scolaire, l’école de la Roselière à Chambly deviendra une école primaire régulière. Des manquements importants dans la formation des élèves découverts lors d’une enquête auront mis fin à l’enseignement de la pédagogie Waldorf.
L’enquête effectuée l’automne dernier par Yolande Nantel, directrice générale à la retraite et consultante en éducation, avait pour but de vérifier si l’école de la Roselière respectait divers encadrements légaux, soit la Loi sur l’instruction publique, le Régime pédagogique, le Programme de formation de l’école québécoise et la progression des apprentissages.
« À la lecture du rapport, les membres du Conseil des commissaires ont pu constater que la situation de l’école présente des manquements importants, notamment parce que le Programme de formation de l’école québécoise, qui doit obligatoirement être enseigné à tous les élèves du Québec, ne l’est pas en totalité à l’école de la Roselière », explique-t-on sur le site de la Commission scolaire des Patriotes à propos des résultats de l’enquête commandée par le Conseil des commissaires.
À la suite de cette analyse, le Conseil a pris la décision de ne pas présenter sa demande de renouvellement de l’approbation à la ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) afin de maintenir le projet particulier de pédagogie Waldorf pour la prochaine année.
De son côté, la Commission scolaire des Patriotes indique qu’elle a consenti des efforts soutenus et des ajouts de ressources, dont un directeur adjoint à temps plein et le soutien d’un conseiller pédagogique, pour aider l’école à se conformer aux directives du MELS. « Toutefois, force est de constater que ces efforts n’ont pas permis à l’école de la Roselière de respecter ces encadrements », explique-t-on.
Onde de choc chez les parents
Par un communiqué, la Corporation des parents de l’école de la Roselière a dit vivre une véritable onde de choc à la suite de la nouvelle. Pour appuyer son incompréhension, elle a indiqué que l’approche répondait aux besoins d’un nombre grandissant de familles, tellement que la demande d’admission à la maternelle 2012 était de deux fois plus élevée que la capacité d’accueil de l’école.
« La Corporation des parents déplore les irrégularités entourant le processus de renouvellement du permis. Au lieu de choisir la conciliation et la médiation, la Commission scolaire des Patriotes a décidé d’agir unilatéralement. Les parents sont mis face au fait accompli, sans même avoir été avisés des points litigieux et sans avoir eu l’occasion de proposer des solutions », a déploré la Corporation, qui réunit les parents de l’école de la Roselière et qui est représentée par un conseil d’administration élu.
La Corporation se dit être convaincue qu’il est toujours possible de trouver une entente pour assurer la pérennité de la vocation particulière de l’école de la Roselière et demande à la Commission scolaire des Patriotes d’être consultée et entendue dans la recherche de solutions.
Démission d’une commissaire
Ils étaient plus de 350 parents et anciens élèves à vouloir infirmer la décision de retirer la pédagogie Waldorf de l’école de la Roselière à Chambly, lors du dernier conseil des Commissaires de la Commission scolaire des Patriotes, le 5 février.
« Les parents et les enseignants n’ont pas eu voix au chapitre pendant le processus décisionnel et demandent maintenant que les commissaires révisent leur décision », a indiqué Karine Lamoureux, porte-parole des parents.
Élément marquant de la soirée, qui s’est déroulée à l’École secondaire du Mont-Bruno, Lucie Legault, commissaire de la circonscription numéro 20 à Chambly et parent fondateur de l’école de la Roselière, a donné sa démission. Celle-ci occupait son poste depuis 12 ans. Notons que Mme Legault s’était retirée du vote pour le non-renouvellement de la demande d’approbation qui a eu lieu récemment.
