La famille Lambert
La première partie de cet article, publié le 29 août, nous a appris qu’à Saint-Basile-le-Grand, la famille Lambert est dans le commerce au détail depuis quatre générations. C’est l’ancêtre Aimé Lambert qui, le premier, y a tenu un magasin général dans le dernier quart du 19e siècle. Son fils Roméo a suivi et ensuite, les deux fils de ce dernier, Gérald et Yvan. Nous nous sommes laissés sur la famille de Gérald : cinq enfants.
En 1955, Yvan, frère de Gérald, épouse Renée Giroux et il s’installe au deuxième étage de la maison ancestrale. Le couple aura quatre enfants. « De ces neuf enfants, la plupart travailleront dans l’entreprise familiale à un moment ou à un autre », raconte Gérald.
L’année 1958 verra des transformations importantes. Les deux frères décident de posséder chacun leur entreprise. Gérald achète le commerce de son père et Yvan ouvre un magasin IGA à Pont-Viau (Laval). Gérald raconte : « Ici, à Saint-Basile, il fallait agrandir, mais mon père avait peur de l’expansion. Je suis allé voir l’oncle Salomon et je lui ai demandé 5 000 $, montant qu’il m’a accordé, sans intérêt. » En 1965, le Marché Lambert de Saint-Basile déménage en reculant plus au fond sur le même terrain. En 1971, Gérald et Yvan s’associent à nouveau pour fonder l’entreprise « Marchés Lambert et frères inc.», qui exploitera les deux supermarchés.
La quatrième génération
Les années 1980 sont profitables à l’expansion des marchés indépendants qui se regroupent sous diverses bannières : les Marchés Lambert profiteront de cette vague. Les fils de Gérald et d’Yvan suivent les traces de leur père. À Laval, c’est Ivan qui assure la relève. À la fin des années 1970, Bruno termine ses études et s’intéresse au commerce. Un superviseur lui conseille de faire un stage en dehors du giron familial. Ce stage dans un magasin de Longueuil sera décisif. Bruno désire tenir lui-même un commerce : une opportunité s’offre à Saint-Bruno et c’est ainsi qu’il occupera le poste de directeur du commerce acquis.
Quant à Luc, après 5 ans comme comptable agréé, il décide de quitter la pratique pour se joindre à l’entreprise familiale en 1984. Il intégrera le magasin de Saint-Basile à titre de directeur.
En 1986, Marché Lambert fait l’acquisition du magasin de Chambly avec Christian Lambert, 3e fils d’Yvan, au poste de directeur. En 1990, Serge Lambert, 2e fils d’Yvan, fera le grand saut vers le commerce au détail et dirigera le magasin de Saint-Constant. Ils seront sept membres de la famille Lambert à faire grandir l’entreprise pendant plus de deux décennies.
Gérald Lambert et son épouse passent la très grande partie de leur vie à Saint-Basile. Cependant en 2008, l’état de santé de Fernande les incite à s’installer au Manoir Saint-Bruno. Elle décédera en 2010. Gérald raconte qu’au Manoir, à 86 ans, il est servant de messe, membre de la chorale, pompier volontaire, et il joue à la pétanque. Bruno précise que ce n’est que depuis 2005 que son père ne fait plus sa petite visite quotidienne aux marchés de Saint-Basile et de Saint-Bruno. Gérald, qui, avec son frère Yvan, a travaillé très fort pour asseoir l’entreprise sur des bases solides, dit : « Pour faire ce métier, il faut aimer le public, on salue les clients par leur nom et quand l’un d’entre eux pose une question, on ne répond pas : « C’est là », on l’accompagne jusqu’au produit désiré. Voilà la force du marché indépendant! »
Et il se laisse aller à raconter ses souvenirs de jeunesse. « Le charbon arrivait par train, le wagon qui le transportait était laissé de côté pendant deux jours. Avec mon beau-frère Germain Chagnon, on allait le pelleter dans un tombereau pour le livrer directement chez les clients. Un gros travail, très salissant! L’huile à lampe, les clous et les barils de mélasse arrivaient aussi par train. On s’est souvent écrasé les doigts en les déchargeant, tant c’était lourd. Et, rendus à l’arrière du magasin, on installait un robinet aux barils de mélasse pour pouvoir la servir en pinte ou en gallon. Parfois, le robinet fuyait…
Bruno adore son métier. Il parle de la belle relation qu’il a avec ses employés, dont certains sont là depuis son arrivée à Saint-Bruno. « Nos actifs, c’est la brique et nos employés ». Le groupe Lambert compte maintenant 8 points de vente et plus de 1000 employés. Si deux des fils de Gérald sont dans l’entreprise, l’autre fils, Pierre, est fiscaliste « et toujours près de nous », de souligner Bruno. Quant aux filles, Lise travaille au bureau du magasin de Saint-Basile et Nicole est en travail social.
L’implication communautaire
Si le commerce au détail est une tradition familiale, on peut en dire autant de l’implication communautaire. Les ancêtres l’ont pratiquée et Gérald l’a aussi enseignée à ses enfants.
La cinquième génération
Certains des enfants de Luc et Bruno poursuivent des études dans des domaines qui leur permettront d’acquérir les connaissances nécessaires à la gestion de plus en plus complexe des commerces de détail. Ils y travaillent parallèlement afin de parfaire leur expérience et ainsi évaluer leur intérêt à prendre la relève…
(Sources : Une page d’histoire, de Bruno Labrosse; Une page d’histoire… depuis 1873, par Les Marchés Lambert; entrevue avec Gérald et Bruno Lambert.)

