« Je suis plus forte que je ne le croyais »

Francine Péloquin a combattu un cancer du sein

Quand la maladie frappe, c’est souvent quand on s’y attend le moins. Pour Francine Péloquin, mère de deux enfants, le cancer est entré dans sa vie par une froide journée de novembre 2008 : une tache rouge, remarquée par hasard, venait de faire son apparition sur un sein.

À l’époque, Francine Péloquin demeure à Chambly et travaille en tant qu’adjointe administrative pour une entreprise de Saint-Bruno-de-Montarville. À la suite d’une rencontre avec son médecin, elle passe une biopsie. C’est en décembre, quelque temps après avoir découvert cette rougeur. En janvier, le résultat lui est dévoilé. « J’avais une tumeur maligne au sein. J’ai oublié le nom exact du cancer, mais il avait atteint le grade 4. Je devais être opérée », mentionne Francine Péloquin, que Les Versants a rencontrée.

Entre la biopsie en décembre 2008 et le diagnostic en janvier de l’année suivante, Francine Péloquin garde le silence. Elle n’en dit pas un mot à ses enfants ni à sa famille. Et elle passe le temps des Fêtes comme si rien ne s’était passé, dans le doute, l’inquiétude, la crainte. « Il fallait conserver cette joie de vivre de la période des Fêtes, alors j’ai essayé d’être comme d’habitude », poursuit-elle.

À l’époque, madame Péloquin est séparée. Pour elle, le plus difficile, c’était d’annoncer le drame à ses enfants. « Ils sont ce que j’ai de plus proche. Je savais qu’ils seraient ébranlés par la nouvelle de ma maladie. Évidemment, quand je leur ai dit, en janvier, ils ont pleuré. Mais ils m’ont grandement soutenue. J’ai fait plusieurs séjours chez eux. Ma famille, ma belle-famille, mes amis m’ont beaucoup aidée. Ils m’apportaient des repas quand je n’avais pas trop envie de cuisiner. C’est très important d’être bien entourée et je crois que c’est une des raisons pour laquelle je suis passée au travers. »

Lors de la rencontre avec son médecin de famille où elle apprend qu’elle a un cancer, madame Péloquin explique qu’elle n’a pas eu de réaction, qu’elle ne s’est pas mise à pleurer. Aujourd’hui, elle se demande pourquoi. « Par contre, j’ai demandé à mon médecin : “Maintenant, que fait-on?” Elle m’a remis une liste de chirurgiens en référence. Et je lui ai dit : “Si tu avais un cancer, tu irais voir qui?” C’est comme ça que je suis me suis rendue à l’hôpital Pierre-Boucher pour mon opération, où j’ai été très bien traitée. »      

Francine Péloquin a été opérée le 11 février 2009. La tumeur qu’on lui a retirée mesurait 4 cm. En janvier 2010, elle retournait au travail. Entre ces deux dates, celle qui habite maintenant Beloeil a subi 4 séances de chimiothérapie et 20 traitements de radiothérapie. « Je n’ai pas à me plaindre du service que j’ai reçu. Tout a été très rapide. Une fois que tu entres dans le réseau, ça va bien. Je n’ai rien à dire contre le système de santé. Aujourd’hui, ce serait différent. Aujourd’hui, je suis beaucoup plus inquiète parce que je perds mon médecin de famille. Juste pour mon examen annuel, ça me fait peur », déclare-t-elle. 

Rémission

Depuis février dernier, cinq ans après son opération, Francine Péloquin est en complète rémission. Pour elle, c’est un soulagement, d’autant plus que son chirurgien lui avait dit qu’elle avait le cancer du sein le plus sujet à récidive. « Pendant ces cinq ans, j’avais cette épée de Damoclès au-dessus de la tête, comme un rappel pour me dire qu’il pouvait être de retour. Je n’en ai pas fait une obsession, mais ça m’habitait parfois. »

Aujourd’hui, toujours à l’emploi de la même compagnie depuis 26 ans, Francine Péloquin prend soin d’elle. Elle fait attention à son alimentation, essaie de se tenir en forme, s’entoure de gens qui ne lui causent pas de problème et évite le stress.

La cause de son cancer du sein? Évidemment, les médecins n’ont pas de réponse, mais selon la principale intéressée, puisque ce type de cancer n’est pas dans sa famille, la cause pourrait être attribuable à des émotions refoulées. « La relation avec ma mère. Elle était fermée à toute discussion. Disons que notre relation n’était pas aussi bonne que celle que j’ai avec ma fille aujourd’hui. Alors, personnellement, je mets en partie la cause de ma maladie sur cette relation difficile. Le sein, c’est maternel… ça peut être relié. »

Francine Péloquin est fière d’avoir réagi à la maladie de la bonne façon et d’avoir su garder le moral durant le processus. « Jamais je n’ai été défaitiste. Je suis restée optimiste, positive face au cancer. J’ai découvert que je suis plus forte que je ne le croyais », indique la femme.

Mot de la fin

Francine Péloquin a deux enfants, dont une fille de 37 ans. Un jour, celle-ci a souligné à sa mère : « Si jamais ça m’arrive, j’espère réagir comme toi tu as su si bien le faire, maman. »

Mme Péloquin conclut : « Ça fait du bien d’entendre ça. »