Des souvenirs plein la tête!
Solidarité Tour du Monde
Munies de deux sacs à dos et de cartes géographiques, Janouka et Louise Paradis ont traversé 17 pays, au cours de la dernière année, afin d’apporter leur aide à divers organismes dans le besoin. La fille et la mère sont revenues récemment de leur voyage humanitaire, la tête remplie de souvenirs et d’aventures à raconter.
Le Guatemala, les Philippines, l’Australie, le Cambodge, le Vietnam, l’Inde, le Népal, le Sri Lanka, Madagascar, la Tanzanie, le Brésil, la Bolivie, le Pérou, l’Équateur, le Costa Rica, le Nicaragua et le Honduras, rien n’arrêtait les deux voyageuses.
D’ailleurs, dès leur départ, le journal a suivi leur parcours grâce aux chroniques mensuelles que les aventurières rédigeaient. « Il n’y a aucun pays qui ne nous a pas marquées, qui ne nous a pas appris quelque chose, sur nous-mêmes, sur les gens ou les lieux. Ç’a été un voyage extraordinaire! », de souligner Janouka.
L’objectif de ce voyage était bien entendu d’apporter de l’aide, mais aussi de s’imprégner des conditions de vie des gens. « Nous prenions toujours le transport en commun; ça nous permettait d’être directement avec les gens et de voir comment ils vivaient », affirment-elles.
Ce qui a le plus marqué les deux globe-trotters, c’est la pauvreté et le manque d’hygiène. « À titre d’exemple, en Inde, nous nous occupions d’enfants handicapés… Ç’a été très dur moralement parce qu’ils n’ont aucune hygiène et font leurs besoins n’importe comment, raconte Mme Paradis. Et que dire des hôtels sans lit, des piqûres de punaises de lit, de la saleté constante, du manque d’eau, de la maladie, de la nourriture douteuse… Ceci étant, nous nous attendions à ça, et ça ne nous a pas empêchées de vivre de très bons moments. Nous avons vécu de belles aventures et c’est ce que nous voulions ».
Et d’aventure en aventure…
Partout où les filles sont allées, elles ont connu des accueils chaleureux. « Quand nous sommes arrivées aux Philippes, en plein typhon, les Sœurs de la Présentation nous avaient préparé un spectacle de bienvenue et des colliers de fleurs, cite en exemple Mme Paradis. Les gens vivaient des situations difficiles et ils avaient l’énergie et la bonne humeur pour nous accueillir aussi chaleureusement; il faut le faire, quand même! »
Il arrive aussi que des mauvaises surprises surviennent dans les longs voyages… Après neuf mois de périple, à prendre des centaines de photos et vidéos, voilà que les filles se font voler leur appareil photo. « C’était ce qu’on avait de plus précieux! Par contre, nous avons été chanceuses parce que nous avons vu d’autres personnes se faire complètement dépouiller. »
En plus de l’agression dont Janouka a été victime dans la rue en Afrique du Sud, ce qui a fait le plus peur à Mme Paradis, c’est lorsqu’elles se sont fait abandonner sur le bord de la route par des motos-taxis, au Vietnam. « Là j’ai vraiment paniqué! Nous ne savions pas où nous étions, ni dans quelle direction aller, et les gens ne parlaient pas anglais, donc nous n’arrivions pas à communiquer, décrit Mme Paradis. Par chance, nous avons rencontré un bon samaritain, après plusieurs heures, qui a bien voulu nous transporter jusqu’à l’hôtel le plus près. »
Une coopérative en développement
Pour Mme Paradis, un projet n’attend pas l’autre. Lors du séjour au Nicaragua, elle a eu le plaisir de rencontrer un Européen qui élève des poulets et les vend à prix modiques aux centaines de familles de la région dans le besoin.
Cette initiative lui a donné l’idée de démarrer une coopérative. Mme Paradis a alors contacté quelques-unes de ses connaissances et membres de la famille afin d’amasser suffisamment de fonds pour l’achat d’un terrain. Pendant deux semaines, Janouka et Louise, aidées de 14 autres travailleurs, ont préparé et nettoyé l’emplacement de la future Coopérative Luz Diniva. Toute l’équipe a réparé le puits, installé des panneaux solaires et bâti la grange qui accueillera les premiers poulets. « Ce projet m’excite beaucoup! Je prévois y retourner d’ici peu pour aller aider et voir l’évolution. »
De retour, Mme Paradis voudrait aujourd’hui partager son expérience humanitaire lors de conférences. D’ici à ce que cet autre projet se réalise, elle reprendra son poste d’enseignante d’éthique et culture religieuse au Collège Trinité, à Saint-Bruno, en septembre.


