Demetri Paschalis se remet d’une rare maladie

Syndrome de Goodpasture

À force de boire, fumer, faire la fête avec des amis toute la nuit et manquer de sommeil, Demetri Paschalis a oublié la personne qu’il était, l’homme qu’il pouvait devenir. Il a également passé à côté de ses priorités. Jusqu’au jour où une maladie très rare, le syndrome de Goodpasture, le rattrape et lui fait prendre conscience que la vie qu’il mène… ne l’amènerait nulle part.

« Si j’ai un regret dans ma vie, c’est d’avoir négligé ma famille. L’alcool, les drogues, la vie de nuit, ça ne donne rien. Ça ne mène à rien. C’est ce que j’ai compris à la suite de ma maladie », mentionne au journal Demetri Paschalis, un Montarvillois âgé de 21 ans.

Aujourd’hui, il se remet d’un mal qui aurait pu lui être fatal, le syndrome de Goodpasture, rarissime, car il peut affecter une personne sur un million.    

En octobre 2011, les premiers symptômes voient le jour, ce qui conduit Demetri à visiter les cliniques. Les verdicts des médecins sont contradictoires, et bien loin de la vérité : des sinus trop secs ou une pneumonie.

Les choses empirent au début de l’année 2012. Demetri se voit cracher du sang et développe un problème à ses poumons. Il poursuit ses séjours dans les cliniques et les urgences, rencontre des spécialistes; tous sont catégoriques, il souffre d’une pneumonie. « Les médecins ne comprenaient pas pourquoi je revenais les voir. Je crachais du sang et ça empirait de plus en plus. J’ai fait du ping-pong comme ça assez longtemps », explique le jeune homme d’origine grecque.

Le 25 février, Demetri se rend à nouveau en clinique avec sa mère. Mais cette fois, il ressent trop de douleurs et décide de partir à l’hôpital Royal-Victoria, où il est mis sous observation immédiatement parce que le pourcentage d’oxygène dans son sang est au plus bas. « Ils m’ont transféré dans une chambre aux soins intensifs. C’est étrange parce qu’il s’agissait de la même pièce dans laquelle j’ai dit mes derniers mots à mon grand-père avant qu’il meure. »

À l’hôpital, le garçon vomit du sang. Ses poumons s’en remplissent et ses reins cessent de fonctionner. Il passe trois semaines aux soins intensifs, dont 48 heures dans un coma artificiel, à partir du 8 mars. Il est notamment testé pour le VIH et la tuberculose, et on lui fait une biopsie des reins. Quelques jours après son arrivée à l’hôpital, on découvre enfin le nom de la maladie qui le ronge : le syndrome de Goodpasture. « Le coma, c’était afin que je puisse récupérer et pour que les médecins puissent me soigner. Je ne devais pas bouger parce que je crachais alors du sang. J’étais intubé de partout. »

Un miraculé

« Les médecins, les infirmières, ils ne croyaient pas que je m’en sortirais. J’étais très avancé dans la maladie. Ils me considèrent comme très chanceux. Ma mère capotait. Je crois qu’elle n’a jamais quitté l’hôpital. Ma tante veillait aussi sur moi. Mon père vit en Grèce et durant mon séjour à l’hôpital, ma mère lui a demandé de venir au pays me visiter », de poursuivre Demetri, qui a perdu 20 livres de muscles durant son séjour à Royal-Victoria. « Je ne voulais pas pleurer sur mon sort. Je me suis pris en main et j’ai décidé de travailler fort pour sortir de l’hôpital le plus vite possible. »

Méthode de guérison

En avril, afin de réapprendre à marcher, Demetri a rendez-vous en physiothérapie en raison de ses muscles atrophiés. Il doit aussi suivre des traitements de chimiothérapie et avaler un cocktail de pilules, entre autres pour reprendre du poids et pour la pression de son sang. Le 20 avril, Demetri Paschalis retourne enfin chez lui. « À l’hôpital, je suis passé de 200 à 180 livres. Et ensuite, de 180 à 240 livres. » Aujourd’hui, il fait osciller la balance à 220 livres. Comme pour lui rappeler tout ce qu’il a vécu, le haut de son corps est marqué par les vergetures.

Un an plus tard

Lors de l’entrevue avec Les Versants, le vendredi 8 mars dernier, Demetri fait remarquer qu’un an plus tôt, il entrait en coma artificiel. « Depuis, j’ai repris ma vie en main. Mon style de vie a changé et j’ai effectué un virage à 360° », indique le jeune homme qui est retourné aux études à temps plein au Collège Champlain, à Saint-Lambert, afin d’étudier en publicité et administration.

Demetri est également un passionné de musique. Il chante et compose ses propres chansons; certaines d’entre elles se retrouvent sur YouTube sous son nom d’artiste, Don Delta. Pour lui, la musique demeure une échappatoire, une thérapie. Ça lui permet de sortir ses émotions. « Aujourd’hui, je connais mes priorités. Ma famille, la vie, la musique, les arts, mes amis. Le reste, ça ne mène à rien. »