Comme chiens et chats
Centre canin international et les services animaliers
Dans une lettre envoyée au journal Les Versants, le propriétaire du Centre canin international (CCI) de Greenfield Park, Gérald Vaillancourt, explique qu’il tente en vain de convaincre les dirigeants des municipalités qu’ils peuvent économiser des milliers de dollars en offrant le service animalier à une entreprise privée plutôt que de s’entendre avec un organisme sans but lucratif (OSBL), à l’instar, entre autres, de Saint-Bruno-de-Montarville, Beloeil, Mont-Saint-Hilaire, Sainte-Julie. Il a d’ailleurs porté plainte à l’Unité permanente anticorruption pour vérifier les dossiers des services animaliers dans les municipalités.
« On va se dire les vraies affaires : nous sommes une entreprise privée et nous sommes dans les affaires pour faire des profits. Nos prix sont la moitié de n’importe quel OSBL. Et qui paie le gros prix? Le citoyen contribuable! » indique monsieur Vaillancourt dans son texte.
Il ne comprend pas pourquoi les municipalités s’associent à un OSBL. « C’est un non-sens, point à la ligne! Le plus bel exemple, c’est Saint-Basile-le-Grand, qui s’est dissociée de l’OSBL des Services animaliers de la Vallée-du-Richelieu pour un contrat avec le Centre canin. Avec cette décision, la Ville fait des économies de 60 000 $! »
En effet, la municipalité de Saint-Basile-le-Grand a confié un contrat d’un an au CCI. Contrairement à d’autres villes de la région, Saint-Bruno-de-Montarville, Longueuil, Boucherville, par exemple, qui se sont entendues avec l’OSBL des Services animaliers de la Rive-Sud pour la gestion des animaux morts ou égarés, Saint-Basile-le-Grand, elle, a décidé de faire confiance à l’entreprise privée de Greenfield Park. « En se basant sur nos données et le nombre d’appels reçus au cours des trois dernières années, la Ville dépensait en moyenne entre 8 000 et 10 000 $ en services animaliers. Afin d’avoir une petite marge de manœuvre, nous avons donc décidé d’octroyer un budget de 15 000 $ pour notre entente avec le Centre canin international », de dire le directeur général de la Ville de Saint-Basile-le-Grand, Jean-Marie Beaupré.
Mentionnons que la tarification est établie « à la pièce » (cueillette, hébergement, disposition); le CCI présentera un rapport mensuel des activités tenues sur le territoire quant aux besoins signifiés par Saint-Basile-le-Grand ou la Régie intermunicipale de police Richelieu – Saint-Laurent (RIPRSL). « Il ne s’agit pas d’un montant forfaitaire. Par exemple, si le CCI vient ramasser un chien, il faudra débourser 50 $. D’ailleurs, près de 85 % des services offerts ne dépassent pas cette somme », ajoute monsieur Beaupré.
Le CCI s’engage à recevoir et traiter avec diligence tous les appels de service provenant de la municipalité de Saint-Basile-le-Grand ou de la RIPRSL; faire la cueillette d’animaux morts (sauf les orignaux, ours et animaux élevés sur une exploitation agricole) et éliminer les carcasses conformément aux lois et règlements en vigueur; capturer et garder les chiens errants, abandonnés ou dangereux ainsi que les autres animaux de compagnie; faire enquête pour retrouver le propriétaire ou le gardien des animaux recueillis, sinon, les offrir en adoption (sauf s’ils sont malades ou jugés agressifs, auxquels cas une euthanasie est pratiquée conformément au protocole vétérinaire applicable); et travailler en étroite collaboration avec la Ville et la RIPRSL.
De plus, aux frais du citoyen demandeur, le CCI peut installer une cage, capturer et déménager une moufette, un raton laveur, un écureuil ou tout autre animal présent sur la propriété au coût de 100 $. « Je fonctionne sur appel. C’est-à-dire qu’à chaque demande, je charge à la ville. Ce n’est pas un contrat annuel comme le font les OSBL. Nous offrons des services 24 h/ 24, 7 jours/7, 365 jours par année, et ce, même le soir de Noël. Les villes ont besoin d’un service animalier, c’est très important », affirme Gérald Vaillancourt, propriétaire du Centre canin international depuis deux ans.
Rappelons que les municipalités de la Vallée-du-Richelieu ne sont plus desservies par la Société de contrôle d’animaux domestiques de Saint-Hubert, qui a fermé ses portes il y a un peu plus d’un an. Les villes se sont réunies afin de mettre sur pied un organisme sans but lucratif chargé du dossier. Malgré une facture moins élevée, les municipalités de Sainte-Julie, Varennes et Saint-Amable ont cessé leur contrat avec le Centre canin international afin de se tourner vers les Services animaliers de la Vallée-du-Richelieu, qui doit voir le jour ce printemps.


