Au secours des enfants perdus des montagnes
Serge Dessureault et Jean-Pierre Danvoye en mission en Haïti
Serge Dessureault et Jean-Pierre Danvoye sont de retour de leur voyage sportif et humanitaire qui les a menés en Haïti du 27 mars au 3 avril derniers. Une aventure d’une semaine organisée notamment pour financer une école et faire découvrir Haïti sous un meilleur jour. Avec quelques accompagnateurs, les deux Montarvillois ont réussi à amasser une somme de près de 6 000 $ pour l’établissement scolaire Mark-Bourque afin d’assurer le salaire des enseignants pendant une année.
« Il s’agissait pour nous d’une autre expérience de voyage en Haïti avec un groupe de touristes. Avant notre départ, Jean-Pierre et moi, nous devions préparer ces gens au périple, à l’aventure, afin de bien les guider rendus sur place. Encore une fois, ce fut un succès et nous avons pu remettre un montant de 6 000 $ pour assurer pendant un an le salaire des professeurs de l’école », mentionne Serge Dessureault, que le journal a rencontré.
Lors d’un voyage en Haïti en 2010, quelques mois après le tremblement de terre dévastateur du mois de janvier, Serge Dessureault, Jean-Pierre Danvoye et d’autres collaborateurs avaient réussi à recueillir 55 000 $, qui avaient servi entre autres à peinturer l’École Mark-Bourque, à coudre des uniformes pour les enfants, à faire l’achat de souliers, tableaux, meubles.
D’environ 60 jeunes habillés en guenilles au départ, aujourd’hui, quelque 150 écoliers portant l’uniforme, de la maternelle à la 6e année, fréquentent l’École Mark-Bourque, située en montagne. Ils y apprennent à écrire, à parler et à calculer.
Mais pour réussir un tel projet, ça prend des personnes-ressources, des contacts fiables et de confiance qui connaissent bien la culture du pays étranger. Pour Jean-Pierre Danvoye et Serge Dessureault, il s’agit de madame Clairethida Major, médecin pédiatre pour qui ce dernier a eu un gros coup de cœur. « Cette dame-là est une sainte et c’est elle qui est notre contact. C’est elle qui gère l’argent que nous donnons et le matériel scolaire que nous apportons aux enfants. » Les deux voyageurs comptent aussi sur les connaissances du guide Webil, un jeune homme de 33 ans qui veut venir en aide à son pays. « Sans eux, notre projet est cuit! » lance Jean-Pierre Danvoye.
Depuis 2010, les deux guides ont fait ce qu’ils appellent du « repérage sur le terrain » à quatre reprises avant de s’envoler vers Haïti accompagnés d’autres voyageurs pour subvenir aux besoins de « leur » école, mais aussi pour organiser une visite guidée afin d’observer un Haïti différent. Ces voyages se sont déroulés en 2012 et maintenant cette année. « L’idée derrière ce périple humanitaire, c’est d’en faire aussi un voyage sportif. Avec nos touristes, nous effectuons quelques jours de randonnée et de trekking en campagne, en montagnes et en forêts, ce qui nous permet de croiser des communautés reculées, par exemple à Montrouis, où les gens vivent 50 ans en arrière », explique monsieur Danvoye.
« Mais chaque fois, c’est un coup de cœur! Les habitants de ces petits villages n’ont pas l’air malheureux. Ils sont accueillants, toujours en train de sourire, de nous parler et de dire bonjour. Pour ces villageois de Montrouis, par exemple, ou bien de La Colline, j’ai l’impression qu’il y a de l’espoir. Mais il faut voyager discrètement, comme un caméléon. Nous ne pouvons pas débarquer comme ça sans s’avertir et prendre toute la place, sinon, ça peut les irriter », d’ajouter monsieur Dessureault.
L’Équateur, ascension au parallèle zéro
Jean-Pierre Danvoye et Serge Dessureault sont présentement en campagne de recrutement pour un nouveau périple en montagne. Cette fois, les deux hommes, qui ont voyagé à travers le monde avec pour objectif d’atteindre les hauts sommets, souhaitent accomplir un voyage au Cotopaxi en Équateur afin de grimper cinq sommets de 3914 à 5897 mètres en l’espace de deux semaines. L’argent recueilli pour ce voyage caritatif, qui se déroulera du 9 au 23 février 2014, sera versé à la Fondation Robert-Piché. Une réunion d’information a lieu à 19 h ce mercredi 1er mai au 1212, rue Panet, à Montréal.
« Quand je repense à notre projet en Haïti, je revois ces enfants que nous aidons, je les revois nous sourire et nous donner la main en marchant avec nous… En se mobilisant juste un peu et en mettant l’énergie nécessaire, il est possible de changer les choses, de transformer le sort des autres. C’est une cause qui est noble. Grâce à Jean-Pierre et moi, 150 jeunes vont à l’école en Haïti, et ce, c’est important, sans l’aide d’aucun organisme gouvernemental, sans intermédiaire. »


