Afrique du Sud et ses enfants oubliés…

Chronique « Solidarité Tour du monde » par Louise et Janouka Paradis

Dès notre arrivée en Afrique du Sud, nous avons été surprises par l’immense richesse et la grande pauvreté qui se côtoient sans cesse.

Après quelques jours passés à Johannesburg, nous nous sommes dirigées vers Durban afin de profiter un peu de ses magnifiques plages. Quelle a été notre surprise de constater que toutes les guesthouses et tous les lodges étaient remplis!

Pendant près de 5 heures, nous avons marché et questionné afin de trouver où nous loger. Grâce à la gentillesse d’un chauffeur de taxi, nous avons finalement pu déposer nos sacs à dos et profiter d’un repos nécessaire. 

C’est dans un petit village zoulou, près de Durban, que nous avons commencé notre travail de solidarité. C’est incroyable combien le village est pauvre, et pourtant, il est situé à quelques minutes à peine de grandes et riches maisons. Ce contraste rend la misère encore plus laide et choquante.

En visitant le village, nous étions profondément tristes et mal à l’aise, car les maisons sont construites les unes sur les autres et avec n’importe quoi. Sincèrement, nos cabanons feraient figure de château à côté de leurs demeures. C’est inimaginable!

De plus, le village est surpeuplé, car de plus en plus de familles viennent s’y installer. Ce ne sont pas des rues ni des ruelles qui séparent les maisons, mais de tout petits sentiers de terre. Comme nous avions le coeur gros de voir cette pauvreté! Mais le sourire et la bonne humeur des enfants nous ont vite consolées.

À travers jeux, danses et chants, nous avons aisément créé le contact. Les enfants sont tellement beaux et attachants que nous nous sommes rapidement senties accueillies. Cependant, les adultes étaient un peu plus surpris de voir des Blancs venir fraterniser avec eux. Car, même si grâce à Nelson Mandela la discrimination raciale n’existe plus en théorie, dans les faits, il en est tout autrement. Noirs et Blancs ne se fréquentent pas vraiment. Il y a de la méfiance de part et d’autre. Les Blancs sont d’un côté de la plage et les Noirs, de l’autre. Même en ce qui concerne les transports publics, il est rare d’y voir des Blancs. Pour nous, c’était un réel plaisir de nous mêler à la population noire. 

Comme en décembre toutes les écoles sont fermées, puisque c’est la fin de l’année scolaire pour eux, plusieurs enfants venaient chaque jour au terrain de jeux. Nous en avons profité pour leur organiser quelques sorties, telle une journée à la mer. 

Nous avons loué deux minibus et, avec 40 enfants qui chantaient et dansaient tout en rivalisant de force d’un bus à l’autre, nous avons vécu une superbe journée. Nous avions préparé des lunchs pour tout le monde et c’est le seul moment où ils ont accepté de sortir de l’eau. C’était magnifique à voir. Ces enfants oubliés savent trouver le bonheur malgré tout!