Coalition A-30: au-delà des discours

Par Marianne Julien
Coalition A-30: au-delà des discours
(Photo : Archives)

Saint-Bruno-de-Montarville

Il y a déjà deux semaines que la Coalition A-30 faisait sa grande sortie devant les médias et le gouvernement. Voici ce qu’il y a à savoir en dehors des discours de politiciens prononcés le 21 mars.
Rappelons que ce n’est pas la première fois que les villes réclament des mesures de la part des gouvernements. Des représentations semblables ont été faites par le passé, notamment le Midi de la chambre en action pour la fluidité des transports sur l’autoroute 30, un événement organisé par la Chambre de commerce de la Rive-Sud au printemps 2017. Un mémoire y avait été déposé, demandant que des mesures soient prises.
La mairesse de Longueuil, Sylvie Parent, a expliqué en quoi cette coalition renforçait les représentations antérieures : « On vient rappeler que c’est encore d’actualité et qu’il n’y a pas eu de solutions qui ont été proposées. L’ajout du REM vient mettre une pression supplémentaire. Les compagnies, le pôle logistique, le port de Contrecœur, tout ça s’ajoute à ce qui s’est passé dans les 12 derniers mois sans qu’il se passe quoi que ce soit, donc on vient renforcer la demande. »
Le maire de La Prairie, Donat Serres, a renchéri : « On est 45 villes dans la coalition, ça ne s’est jamais fait, c’est historique ce qui se passe. »

Des mesures « pas temporaires »

« Le moment est important afin de sensibiliser l’ensemble des partis politiques à Québec pour dire qu’ils doivent en faire un enjeu électoral. » – Sylvie Parent

La coalition demande dans l’immédiat que les voies d’accotement soient réaménagées afin de servir de voies réservées pour les autobus et le covoiturage. Une mesure temporaire à l’image de ce qui a été fait sur l’autoroute 10 « le temps de mettre en place, par exemple, des échangeurs capables d’absorber la circulation », selon Suzanne Roy, mairesse de Sainte-Julie.
Elle affirme toutefois qu’ils ne tomberont pas dans le piège des mesures temporaires qui deviennent permanentes : « On a vécu le temporaire sur le pont Champlain pendant 40 ans, mais avec une coalition forte comme celle-là et une unanimité comme celle-ci, on ne restera pas à la solution temporaire. » D’après elle, cette mesure de mitigation ne prendrait que quelques semaines à réaliser.

Parlons d’argent

Les voies réservées sur l’accotement ne coûteraient pas très cher, selon les membres de la coalition, même s’ils n’ont pas pu préciser un montant. « Dans un premier temps, c’est peu d’investissement, mais ce sont des investissements efficaces qui vont nous permettre d’amener un peu de fluidité le temps qu’on fasse les analyses pertinentes pour une troisième voie », révèle-t-elle.
Pour ce qui est du financement de la grande demande, c’est aussi nébuleux. Ce qui est sûr, c’est que la facture ira aux gouvernements. « Il y a assez d’argent au fédéral et au provincial pour financer le projet, lance Martin Murray, maire de Saint-Bruno-de-Montarville. Ce ne sera pas aux municipalités de sortir le financement pour l’élargissement de l’autoroute 30, c’est un réseau routier qui appartient au gouvernement provincial et on a nos propres problèmes en infrastructures. »

Où est Saint-Bruno là-dedans?

Bien que faisant partie de la coalition, le maire de Saint-Bruno ne semble pas être l’une des figures de proue : « On n’a pas eu une implication aussi active, car si je me rappelle bien, nous étions absents lors de la première rencontre et ça a un peu affecté l’impact de notre présence dans les autres qui ont suivi. Mais je garantis qu’on est vraiment pour la coalition et que nous la soutenons, c’est pourquoi nous avons fait l’annonce ici à Saint-Bruno. On est une des villes les plus touchées par la congestion de la 30. »

Quelques mois avant les élections

Ce n’est pas un hasard si la Coalition A-30 surgit quelques mois avant les élections provinciales. « Le moment est important afin de sensibiliser l’ensemble des partis politiques à Québec pour dire que pour nous, il n’y a plus d’attente possible et qu’ils doivent en faire un enjeu électoral », soutient Sylvie Parent
Suzanne Roy affirme que les demandes sont couramment envoyées au ministère des Transports, mais que peu de réponses viennent en retour. « Il est clair qu’on se fait un devoir de rappeler quotidiennement nos besoins à chaque personne de chaque parti, chacun de nos députés », de conclure la mairesse.
À la suite de l’annonce de la Coalition A-30, plusieurs députés de la CAQ, tels que Nathalie Roy, députée de Montarville, et Jean-François Roberge, député de Chambly, ont appuyé les demandes du regroupement.

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