Cindy Walsh s’attend à une hausse des inscriptions dans les clubs de soccer après la Coupe du monde féminine

Photo de Frédéric Khalkhal
Par Frédéric Khalkhal
Cindy Walsh s’attend à une hausse des inscriptions dans les clubs de soccer après la Coupe du monde féminine
Cindy Walsh a été, pendant le mois de la Coupe du monde féminine de soccer, chroniqueuse pour le journal . Elle est ici avec des jeunes joueuses du camp de sélection de l’ARSRS. (Photo : archives)

La Coupe du monde de soccer féminine a vu l’équipe des États-Unis l’emporter une quatrième fois. Nous avons décidé de revenir avec Cindy Walsh, notre collaboratrice pendant ce mois, sur ce qu’il faudra en tirer pour le soccer canadien.

Pendant toute la durée de la Coupe du monde de soccer, qui s’est terminée en France le 7 juillet, l’ancienne internationale canadienne et résidante de Saint-Basile-le-Grand, Cindy Walsh, a commenté l’événement international dans les pages des Versants. À l’heure du bilan, après la victoire américaine contre les Pays-Bas 2 à 0, Cindy Walsh a répondu à nos questions concernant l’évolution du soccer féminin et de nos clubs au Québec.

Le premier point positif après une coupe du monde de soccer féminine, « c’est que l’on voit toujours un boom des inscriptions dans les différents clubs. Cette dernière Coupe du monde était intéressante, car il y avait un nouveau format avec plus d’équipes participantes. Je pense que le soccer féminin est entré dans une nouvelle époque », explique l’ancienne joueuse internationale.

Elle se réjouit que les médias s’intéressent de plus en plus au soccer féminin en Amérique du Nord, en Europe, au Japon : « nous donnons de maintenant des modèles féminins dans ce sport aux plus jeunes. Dans les premières Coupes du monde, nous pouvions voir des joueuses athlétiques. Elles étaient rapides, pouvaient jouer au ballon, mais elles n’avaient pas de technique. Aujourd’hui, on peut voir des femmes qui ont les mêmes qualités techniques que les hommes et au Canada, nous avons une relève très solide. »

Cependant, la performance des Canadiennes n’a pas été au rendez-vous après leur élimination en huitième de finale contre les Suédoises. « La volonté de jouer était là, mais elles ne se sont pas créé d’opportunités de tirs offensifs. De plus, la transition défensive manquait. Elles n’ont pas réussi réellement à s’imposer dans toutes leurs rencontres. »

Quant à savoir si la joueuse vedette, qui est dans l’équipe nationale depuis 1999, aura la chance de refaire une coupe du monde, Cindy Walsh ne semble pas parier là-dessus. « C’est dur de dire si Christine Sinclair raccrochera ses crampons ou pas. Moi, à sa place, c’est ce que je ferais. Je n’ai pas vu à cette Coupe du monde la Christine Sinclair que j’ai connue.

L’exode des joueuses

L’engouement des spectateurs lors de cette dernière Coupe du monde de soccer en France montre l’intérêt grandissant qu’a le public pour ce sport féminin en Europe. Mais qu’en est-il ici? « Il y a de plus en plus de clubs connus en Europe qui ont leur équipe féminine, mais ce n’est pas le cas ici. L’Impact n’a pas son équipe féminine, le FC Toronto non plus et malheureusement, ce manque criant pousse les joueuses de notre équipe nationale à s’exiler aux États-Unis ou en Europe. Si elles ne font pas ça, elles ne sont pas prises dans l’équipe canadienne. »

Elle met de l’avant le fait que le soccer est vu par les clubs comme une source de revenus « et les équipes féminines ne semblent pas intéresser les clubs canadiens pour l’instant. » Cette tendance semble cependant changer. En France, selon le journal économique Les Échos, les recettes publicitaires de la chaîne qui a diffusé les rencontres pourraient être rentables.

Rappelons aussi que l’équipe féminine américaine qui a gagné pour une quatrième fois cette Coupe du monde est très bien encadrée par leur fédération. « Ma sœur Amy, qui a joué pour l’équipe nationale aussi, a décidé d’arrêter le soccer après son accouchement, car elle devait à ses frais payer une gardienne pour son enfant lors de ses déplacements. Par exemple, les joueuses de l’équipe nationale américaine peuvent voyager avec leur enfant aux frais de sa fédération. À l’exception du soccer américain, le soccer féminin n’a pas encore assez d’argent. »

Il y a cependant auprès des clubs au Québec une volonté de mettre de l’avant les équipes féminines. « Brossard, Saint-Hubert ou encore Longueuil ont mis en place leur équipe féminine semi-pro. C’est un pas dans le bon sens. »

« L’Impact n’a pas son équipe féminine, le FC Toronto non plus et malheureusement, ce manque criant pousse les joueuses de notre équipe nationale à s’exiler aux États-Unis ou en Europe. Si elles ne font pas ça, elles ne sont pas prises dans l’équipe canadienne. »

– Cindy Walsh

Restructuration des clubs

Plusieurs clubs au Québec sont en phase de restructuration. Les clubs de Saint-Bruno et de Sainte-Julie en font partie avec leur union pour former l’Association de soccer (AS) Montis. Les défis sont encore grands pour que la mayonnaise prenne. « Il faudra voir comment ils comptent diviser les tâches. Il est indispensable que les responsables s’assoient ensemble et trouvent une solution pour le futur des enfants. Il ne faut pas que les clubs voient là une opportunité de faire plus d’argent. Le plus important, c’est d’aider nos jeunes. »

Cindy Walsh

Aujourd’hui, toujours joueuse avec l’équipe semi-professionnelle du FC Sélect Rive-Sud, elle est entre autres directrice technique adjointe à l’Association régionale de soccer de la Rive-Sud (ARSRS) et entraîneuse au Collège-Français. Elle a également dirigé la sélection féminine des Jeux du Québec à plusieurs reprises.

Cindy Walsh est aussi connue comme l’entraîneuse des Comètes de Laval, une équipe qui évolue en W-League. La Rive-Sud, elle connaît très bien. C’est d’ailleurs à Saint-Bruno-de-Montarville qu’elle a fait ses premières armes en se frottant aux garçons. « J’étais dans une équipe féminine récréative à Saint-Bruno à mes débuts, mais il n’y en avait pas d’autres. Nous avions réussi à nous faire accepter dans une ligue en jouant contre des garçons. Je me rappelle avoir perdu tous nos matchs. » Mais elle ne s’est pas découragée et avec l’aide de son père, elle a pu continuer sa passion. À 13 ans, elle était dépistée par la sélection régionale, puis elle a participé aux Jeux du Québec. Après avoir joué avec plusieurs équipes de niveau AAA sur la Rive-Sud, elle a intègré la sélection nationale à l’âge de 18 ans pendant 4 ans. Elle obtiendra même une bourse pour jouer aux États-Unis.

Elle a d’ailleurs remporté un Championnat de la CONCACAF avec l’Équipe nationale canadienne, aux côtés de sa sœur Amy.

Partager cet article

Laisser un commentaire

avatar
  S'inscrire  
Me notifier des