Chronique horticole : changements climatiques… adaptation ou atténuation ?

Les changements climatiques bouleversent de plus en plus notre façon de vivre. 

L’augmentation des températures et la multiplication des phénomènes météorologiques extrêmes, tels que les épisodes de très grande chaleur, les sécheresses, les feux de forêt, les tempêtes et les inondations, affectent les infrastructures, les récoltes et les écosystèmes, notamment par la migration ou le déclin de certaines espèces. Ces bouleversements majeurs exigent une adaptation à tous les niveaux : dans la planification des infrastructures, les pratiques de culture agricole et la gestion des écosystèmes.

Adaptation climatique, désigne l’ensemble des actions et des stratégies mises en œuvre pour s’adapter, réduire la vulnérabilité, et augmenter la résilience face aux impacts des changements climatiques.

L’urgence de s’adapter

Pour limiter le risque de conséquences désastreuses, la société doit s’adapter rapidement aux changements climatiques. Exemple de ces risques :

Pénuries alimentaires résultant de cultures agricoles détruites par la sécheresse et les inondations; Augmentation des inondations, maisons et quartiers, les tempêtes devenant plus violentes; Fréquence de la chaleur extrême, des feux de forêt, et des inondations, un risque pour la santé humaine, causant de plus de décès; Disparition d’animaux et de plantes de certaines régions, ne pouvant survivre aux conditions imposées par les bouleversements climatiques, ou les forcer à migrer vers d’autres régions entraînant des conséquences non négligeables.

Afin de protéger la population, les écosystèmes et les infrastructures, des ravages causés par les phénomènes météorologiques extrêmes, les pays, les collectivités et les individus doivent s’adapter et mieux anticiper les risques inhérents aux changements climatiques.

Adaptation à plusieurs niveaux

Les gouvernements fédéral et provinciaux sont responsables, à différents niveaux, de la conception des plans et stratégies d’adaptation climatique à être mises en œuvre. Par exemple, les plans d’économie verte et plusieurs programmes de soutien aux municipalités, des initiatives de résilience climatique et de protection des écosystèmes.

Le rôle crucial de la municipalité

Étant le gouvernement de proximité, la municipalité a une fine connaissance des besoins du territoire et de la population, son rôle est crucial, soit mettre en place les mesures d’adaptation climatique. Par exemple : les services d’urgence essentiels aux sinistrés; la gestion des questions comme l’aménagement du territoire; les infrastructures; et la gestion des ressources naturelles.

Proactivité des municipalités

Afin d’illustrer ceci, voici quelques exemples d’adaptation climatique déjà en place ailleurs au Québec. Vous allez constater, qu’il n’existe pas de mesures uniques à être déployées, chaque collectivité fait face à des défis spécifiques qui requiert ses propres mesures d’adaptation. Chose certaine, la façon d’habiter le territoire, de s’y déplacer, ainsi que les modèles alimentaires sont à revoir. Maintenant, voyons différents exemples concrets…

Infrastructures vertes. L’utilisation de solutions fondées sur la nature pour réduire les risques d’inondation, comme la plantation d’arbres, l’installation de toitures vertes et la restauration des milieux humides. Exemple : La Ville de Montréal a aménagé 7 parcs éponges et 800 trottoirs éponges. Un trottoir éponge est fait de matériaux poreux qui permettent à l’eau de pluie de s’infiltrer dans le sol au lieu de s’accumuler à la surface, et ainsi prévenir les inondations.

Planification urbaine. Interdire les constructions dans les zones inondables, réduire l’espace occupé par des surfaces minéralisées (telles que l’asphalte, le béton, le pavé, le gravier), et ajouter de la verdure et des arbres pour réduire l’effet des îlots de chaleur. Exemple : Le futur tracé du tramway de Québec prévoit le verdissement et la végétalisation des routes du tramway, ainsi que la plantation de 1 200 arbres.

Construction de bâtiments et d’infrastructures plus résistants. Concevoir et construire des bâtiments et des infrastructures plus durables et plus résilients, faits de matériels plus résistants, avec des toits végétalisés. Exemple : Le toit végétalisé sur le campus de l’Université de Montréal absorbe l’eau de pluie, en plus d’offrir une isolation thermique.

Modification des pratiques agricoles. Prioriser les cultures qui tolèrent mieux la sécheresse ou la chaleur ou adapter les périodes de semis aux nouvelles conditions climatiques pour favoriser leur survie et leur croissance. Exemple : Le haricot est une légumineuse qui est plus résistante à ces nouvelles conditions climatiques, et sa culture se popularise au Québec.

Le rôle incontournable de la population

L’Institut Climatique du Canada estime que chaque dollar investi maintenant dans des mesures d’adaptation au Canada entraînera, à long terme, des économies de 13 à 15 $.

Le coût de l’inaction climatique. Agir inadéquatement face à la crise climatique entraîne d’énormes coûts économiques, tels : dommages matériels, dégradation des infrastructures, pertes agricoles, etc. Plus on néglige nos obligations à limiter les changements climatiques, plus les coûts continueront à s’accumuler. Par exemple : Les primes d’assurance augmenteront sans cesse à cause de la multiplication des catastrophes naturelles; certaines zones à risque deviendront inassurables, laissant une partie de la population sans protection financière face aux éléments.

C’est la responsabilité des différents gouvernements de mettre en place des plans et des stratégies d’adaptation, ambitieux et conséquents. Étant donné que tout le financement vient de la même bourse, la nôtre, les sommes allouées aux municipalités sont limitées et souvent insuffisantes. La mise en œuvre, de ces plans et initiatives, est donc grandement ralentit, un procédé d’adaptation pourtant pressant pour affronter les événements de météo extrême.

Adaptation versus atténuation

L’adaptation est indispensable pour limiter les dommages causés par la crise climatique, mais elle ne suffit pas à en atténuer tous les effets. Il demeure essentiel de poursuivre la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES), qui constituent l’une des principales causes des changements climatiques, afin d’en limiter les impacts futurs. Bien que certaines conséquences de ces changements soient là pour y rester, il est encore possible, par des actions individuelles visant à réduire la pollution, d’éviter qu’elles ne s’aggravent.

Quelques mesures citoyennes favorisant la réduction des émissions

L’atténuation et l’adaptation climatique vont de pair, les deux sont essentielles pour répondre aux défis de la crise climatique :

Priorisation des énergies renouvelables. Le recours aux énergies fossiles amplifie les changements climatiques et provoque davantage de catastrophes naturelles pour encore plus de dégâts. Transition vers les transports actifs et collectifs.

Cet effort collectif requiert innovation, collaboration et engagement à long terme. En plus de l’implication politique, une réelle ambition citoyenne de collaborer à définir des pistes de solution à la crise qui répondent adéquatement aux besoins de la collectivité, respectant une transition juste et durable.