Chronique finance : les corrections boursières sont normales et récurrentes

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Par Frédéric Khalkhal
Chronique finance : les corrections boursières sont normales et récurrentes
Philippe Leblanc, Chef des placements à COTE 100 (Photo : courtoisie)

S’il y avait encore des doutes, ils ont été effacés au cours des derniers jours : nous sommes bien dans un marché baissier.

Philippe Le Blanc, CFA, MBAChef des placements chez COTE 100

En date du 24 mai 2022, l’indice américain Nasdaq avait perdu près de 30,5 % de sa valeur depuis son sommet de novembre dernier. Cet indice étant composé en bonne partie de sociétés technologiques, on peut s’imaginer le carnage qui a eu lieu dans ce segment du marché au cours des derniers mois.
Quant à l’indice S&P 500, il accusait le 19 mai une baisse d’un peu plus de 19 % depuis son sommet de janvier dernier.
On sait qu’une baisse de plus de 10 % par rapport à un sommet récent est techniquement appelée une « correction », alors qu’une chute de 20 % ou plus est un « marché baissier ». L’indice Nasdaq est officiellement dans un marché baissier depuis quelques semaines et l’indice S&P 500 s’en approche dangereusement.
Comment expliquer une telle chute des marchés boursiers en si peu de temps?
Tout d’abord, il est, à mon avis, très difficile, sinon impossible, d’expliquer de tels mouvements boursiers avec certitude. Plusieurs pointeront vers la hausse des taux d’intérêt comme étant le principal coupable de la chute boursière; elle a fort probablement eu un impact important. Il reste qu’il y a tant de variables qui entrent en jeu, dont la psychologie humaine, qu’il est difficile d’identifier les causes des corrections boursières.
L’important est de se rappeler que de telles corrections boursières sont normales et récurrentes. L’investisseur qui investit en Bourse pour le long terme doit se préparer mentalement à de douloureux épisodes du genre, car ils font partie intégrante de l’expérience de l’investisseur à long terme.
De 1928 à 2021, il y a eu 55 corrections boursières (une en moyenne toutes les périodes de 1,7 an), 21 marchés baissiers (baisses de 20 % ou plus; une tous les 4,5 ans), 13 baisses de 30 % ou plus (une tous les 7,2 ans) et trois chutes de 50 % ou plus (une tous les 31 ans). Or, cela n’a pas empêché le marché de procurer d’excellents rendements aux investisseurs à long terme : au cours de la période, le rendement annuel composé du S&P 500 a été de 9,98 %.
Si l’on doit trouver une raison derrière la correction récente du marché, je pointerais vers le haut niveau de spéculation qui a englobé les marchés depuis quelques années, particulièrement depuis la pandémie.
À mon avis, celui qui a investi dans des entreprises solides financièrement, qui sont rentables et en bonne santé financière et dont le titre est raisonnablement évalué, ne devrait pas s’inquiéter outre mesure de la baisse des marchés.
Entre-temps, patience et longueur de temps…

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