La jeunesse, j’y crois!

La jeunesse, j’y crois!

Martin Renaud

Crédit photo : Archives

Chronique jeunesse

Je sors de ma zone de confort avec vous aujourd’hui.

Je vais avoir 40 ans cet été; elle commence à s’éloigner, ma jeunesse d’adolescent. Pourtant, je me rappelle très bien qu’à la fin de ma 5 secondaire, vers 17 ans, j’ai réalisé dans quoi je m’apprêtais à embarquer en tant qu’adulte : j’avais la perception d’une longue aventure dans un système compliqué où l’argent et la politique mènent la parade. Honnêtement, j’ai eu peur.

Je commençais alors ma technique au Cégep du Vieux-Montréal pour devenir intervenant en loisir; j’avais enfin trouvé mon choix de carrière et j’avais l’avenir devant moi!

Pourtant, je ressentais une pression face à ce qu’on attendait de moi : performer. Pas par mes parents, ni par mes enseignants, mais plutôt par une société qui s’est construite sur des normes et des standards où la performance est utilisée comme un indicateur de compétence favorisant la progression au sein de la « chaîne alimentaire » d’une structure hiérarchique.

Sachant pertinemment que je ne pourrais pas changer le monde, je me suis mis à croire que je pouvais alors changer dans ce monde. Pour moi, sur les plans personnel et professionnel, tout est devenu une question d’attitude.

Je partage donc avec vous un poème que j’ai écrit vers 20 ans. Je ne me prétends pas poète, encore moins un écrivain. Je crois cependant qu’avoir mis des mots sur mon ressenti, en tant que jeune adulte, m’a aidé à faire une transition positive entre ma vision du monde et mon pouvoir d’agir, basée sur mes valeurs :

« C’est un réveil brutal, une vision brouillée, tel un mirage;

Je sors finalement de ma coquille, que vois-je…

La réalité d’un monde qui m’a laissé pour héritage,

Une humeur moribonde et un sentiment de rage.

Mon âme vagabonde, tel un navire en naufrage,

À la dérive profonde, à la merci des dommages.

Devant une société immonde, constatant tant de saccages,

J’attends qu’on me réponde, j’espère moins de bafouillages,

Pendant que les actions furibondes des Rois du gaspillage,

Se répandent comme une onde sur une terre victime d’escamotage.

Heureusement des idées abondent et émergent de ce marécage,

Évitons la fronde, essayons un virage.

L’espoir m’inonde, je pars en pèlerinage,

Pour supporter cette jeunesse féconde, propice au sauvetage. »

Je vous confirme que 20 ans plus tard, ce poème me parle encore. Lorsque je relis la dernière strophe, je me conforte en me disant que mon métier me comble et que j’ai bon espoir en cet organisme et sa mission sociale.

Malgré les contraintes de financement inhérentes à des décisions politiques, j’avance avec confiance, car la jeunesse, j’y crois.

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