Boisé des Hauts-Bois : changement de cap de Sainte-Julie

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Par Frédéric Khalkhal
Boisé des Hauts-Bois : changement de cap de Sainte-Julie
La Ville de Sainte-Julie a débuté des négociations avec le propriétaire du boisé des Hauts-Bois pour protéger de manière définitive l'endroit qui devait accueillir 15 habitations. (Photo : archives)

Sainte-Julie fait marche arrière dans le projet immobilier du domaine des Hauts-Bois. La construction dans un boisé jouxtant le mont Saint-Bruno était contestée par des citoyens. La Ville est en pourparler avec le propriétaire pour le protéger l’espace vert.

Sainte-Julie est désormais « à la recherche de partenaires pour protéger le boisé adossé au mont Saint-Bruno. » Contactée par le journal, Suzanne Roy, la mairesse de Sainte-Julie, qui quittait aujourd’hui officiellement la présidence de l’Union des municipalités du Québec (UMQ), s’est dite ravie de voir le propriétaire du terrain ouvert à la discussion pour éventuellement le vendre à la Municipalité. « Il y a des situations parfois où il est impossible d’y venir à bout. Le dernier développement dans ce dossier ça me rend heureuse. Maintenant, il va falloir être capable d’avoir un soutien financier pour faire un montage qui n’aura pas d’impact sur la fiscalité des citoyens. Les mesures d’aides des différents paliers gouvernementaux existent, mais ce n’est pas simple d’y accéder. Il faut remplir certaines normes. J’ai entendu les citoyens et je suis une fille qui croit en la défense de l’environnement, mais j’ai mis tellement d’effort pour qu’on puisse avoir une saine situation financière à Sainte-Julie pour les citoyens, qu’il était important qu’il y ait un dialogue avec le propriétaire. »

Toujours mobilisés

Sonia Pépin, une des membres du comité de citoyens qui est mobilisé pour défendre le boisé, se réjouit de la nouvelle. « Le projet vient de changer de nom. On parlait avant d’un projet immobilier, on parle désormais d’un projet de protection d’un boisé. C’est un pas dans la bonne direction, mais la mobilisation n’est pas finie. Nous avions jusqu’à présent une fin de non recevoir de la Ville, je suis super contente qu’elle soit maintenant à l’écoute des citoyens. »

Appel à tous

La Ville compte interpeller la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), le gouvernement du Québec, le gouvernement du Canada, les fondations spécialisées et tout autre partenaire pour aider la Municipalité à protéger à perpétuité le boisé adossé au mont Saint-Bruno.

« Par contre, il est impossible pour la Ville de Sainte-Julie d’acquérir le terrain seule sans faire un impact majeur sur l’endettement et le niveau de taxation. C’est pourquoi il est essentiel que les différents gouvernements et organismes de protection de l’environnement nous aident à acquérir ce boisé de 4,2 hectares. Je multiplie les démarches, appuyée par le conseil municipal, auprès des différentes instances », soutient la mairesse. Une résolution sera déposée à cet effet pour adoption à la séance du 8 juin.

« On parlait avant d’un projet immobilier, on parle désormais d’un projet de protection d’un boisé. » – Sonia Pépin

4,2 hectares

Rappelons que ce secteur situé sur le flanc de la montagne ne compte plus maintenant que 4,2 hectares à développer à des fins résidentielles. Des normes de protection environnementales très élevées ont d’ailleurs été imposées par le conseil municipal pour toute nouvelle construction dans ce secteur afin d’assurer son intégration harmonieuse et respectueuse de la forêt.

Depuis plusieurs années, la Ville travaille activement à préserver le plus de boisés possible sur son territoire. Avec le concours de Nature-Action Québec, c’est ainsi qu’elle a pu soustraire au développement 16 hectares de la superficie initiale de ce seul terrain qui restait à développer. La Ville indique avoir déjà protégé et mis en valeur 64 hectares de terrain avec l’aide de la CMM au parc des Étangs-Antoine-Charlebois ainsi que par l’adoption de sa politique de l’arbre, de son plan vert, du programme Grandir avec mon arbre, pour ne nommer que ceux-là.

« Comme dans tous les projets, nous souhaitons garder l’équilibre entre la protection de l’environnement, la capacité de payer des contribuables et la volonté des citoyens. Comme dans tout. c’est une question d’équilibre », conclut Mme Roy.

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