Budget 2021 à Saint-Bruno : hausse de taxe de 1,91 %

Photo de Frédéric Khalkhal
Par Frédéric Khalkhal
Budget 2021 à Saint-Bruno : hausse de taxe de 1,91 %
La séance extraordinaire du conseil municipal pour voter le budget 2021 de Saint-Bruno-de-Montarville s'est tenue hier par visioconférence. (Photo : Capture d'écran)

La Ville de Saint-Bruno-de-Montarville a annoncé hier, en séance extraordinaire, son budget pour l’année 2021. Un budget en hausse de 3 % qui entraînera une hausse de taxe résidentielle de 1,91 %.

Il n’y aura pas de gel des taxes municipales cette année à Saint-Bruno-de-Montarville, comme l’ont décidé plusieurs autres municipalité de la Rive-Sud. Le budget 2021 sera en hausse de 3 %, par rapport à l’an dernier, à plus de 74 millions de dollars.
Comme chaque année, la plus grande partie des revenus de ce budget provient des taxes qui seront en augmentation. La hausse sera de 1,91 % pour une maison moyenne d’une valeur de 419 759 $. Le taux de la taxe foncière est désormais de 0,2955 % par tranche de 100 $ d’évaluation municipale.

Toutes les tarifications sur l’eau potable, les eaux usées, les ordures, la collecte sélective sont en hausse entre 5 et 1 $.
En ajoutant les taxes sur la valeur des maisons à Saint-Bruno afin de payer la quote-part à l’agglomération de Longueuil et à la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), le compte de taxe pour une maison moyenne sera de 3 340 $ en 2021, soit une augmentation de 63 $.
Pour les commerces la hausse sera de 2,05 %, soit une hausse de taxe moyenne de 1 146 $ en 2021, soit 57 089 $.
Pour l’industrie, cette hausse de taxe sera de 2,04 %, soit en moyenne 1 034 $ de plus à payer par année, soit 51 771 $.

La quote-part
Du montant du budget 2021, 42,5 % est dédié aux quotes-parts que doit verser la Ville à l’agglomération de Longueuil (40,43 %) pour payer entre autre les services de sécurité incendie et police, la production de l’eau potable, l’élimination et le recyclage des matières résiduelles, le transport en commun ou encore le développement économique. Une quote-part beaucoup plus modeste, près d’1 % du budget pour chaque, est versé à la Régie intermunicipale assainissement des eaux usées (RIAEU) et à la CMM. Il reste ensuite 57,53 % du budget pour la Ville.

1,91 %
C’est la hausse moyenne des taxes municipales résidentielle à Saint-Bruno-de-Montarville pour 2021.

Les dépenses municipales
Dans les dépenses municipal, un secteur explose avec une hausse de 63,05 % soit celui de la Santé et bien-être. La pandémie contre laquelle doit lutter la Ville, comme le monde, est la conséquence de cette augmentation qui ne représente cependant qu’une somme de 70 600 $ en 2021.

Même si l’augmentation est moins spectaculaire, 10,98 %, ce sont près de 650 000 $ de hausse en 1 ans que la Ville va devoir assumer dans les salaires des fonctionnaires, pour un montant global de plus de 6,5 millions.

Réaction des élus
Le conseiller indépendant du district 4, et candidat annoncé au poste de maire, Ludovic Grisé Farand, a été le seul à voter contre le budget. « Je regarde la taxation et entre 2013 et 2020 elle a augmenté de 19 %, alors que l’inflation était de 11 %. C’est pourquoi certains commerces n’arrivent pas à joindre les deux bouts. On augmente nos taxes en pleine pandémie, bien au-delà encore de l’inflation qui est de 0,5 %. Entre 2006 et 2016, l’augmentation de la population a été très faible, mais les effectifs de la Ville augmentent. Alors, plutôt que de rehausser toujours les taxes, il va falloir étudier tout ça. Cette année cela aurait été justifié de ne pas refiler la facture aux Montarvillois. »

Caroline Cossette, conseillère indépendante du district 5, a voté en faveur du budget. « Si on gel les taxes, comment on va fonctionner avec la hausse du coût des infrastructures, la hausse des déficits des gouvernements provincial et fédéral qui pourrait se répercuter sur les Municipalités. Si on gèle nos taxes une année, jamais on ne pourra les récupérer. On ne peut pas couper au moment où les services aux citoyens sont de plus en plus essentiels. »

Vincent Fortier, conseiller indépendant du district 2, récemment démissionnaire du Parti montarvillois, a voté en faveur du budget. « Ce budget est respectueux des contribuables car il répond aux différents défis : l’augmentation des quotes-parts de l’agglomération de Longueuil, aux coûts des infrastructures, des égouts collecteurs, des connexions de pistes cyclables, des routes, du déneigement. Il fait une différence auprès des citoyens. J’aimerais donner un répit de taxe, mais un 0 % de taxe pour les résidences c’est insignifiant. On parle d’une augmentation de 63 $ pour une année. L’élément qui me préoccupe, c’est la hausse de la masse salariale. »

Isabelle Bérubé, conseillère indépendante du district 3, récemment démissionnaire du Parti montarvillois, a voté en faveur du budget en allant dans le sens des arguments de Mme Cossette et M. Fortir. Elle a ajouté être opposée au gel de taxes. « Il y a d’autres moyens d’aider les citoyens les plus démunis et les commerces. »

Louise Dion, conseillère indépendante du district 1, a voté pour le budget. « On est en transformation. À l’automne 2019, avec l’annonce du nouveaux directeur général, on s’est rendu compte que notre fonction publique était mal en point. On a besoin de faire beaucoup d’investissements dans notre fonction publique. Il ne faut pas oublier que ce sont les fonctionnaires qui donnent les services aux citoyens. On parle d’une hausse de la masse salariale de 10,98 %, mais il ne faut pas oublier qu’on a pris des réserves qu’on avait conservé. Sans cette répartition, la hausse aurait été de 3,3 %. »

Marilou Alarie, conseillère indépendante du district 6, s’est rangée du côté des personnes ayant voté pour le budget.

Jacques Bédard, conseiller indépendant du district 7, a voté en faveur du budget, sans être enchanté du résultat. « Oui les salaires sont à la hausse. Ce n’est pas parce qu’on a perdu le cap, mais plus parce que depuis 8 ans, la fonction publique n’a pas été appuyée pour arrêter le fléau des départs en maladie et des démissions. Il y en a qui peuvent dire que la masse salariale est trop élevée, puis que c’est jamais de leur faute les problèmes qui arrivent, mais au final c’est le résultat d’une planification défaillante dans laquelle j’ai malheureusement participé en faisant de l’aveuglement volontaire pendant trop d’années. Je suis gêné pour le budget de ce soir, car au final, on n’a pas à se taper dans les mains tant que ça… J’ai encore sur le cœur la démission du directeur général. Le climat toxique dans l’hôtel de Ville, ce n’est pas le conseil municipal qui siège une fois par mois qui en est responsable. »

Sans relever les propos de M. Bédard, le maire, Martin Murray a indiqué avoir une inquiétude dans la problématique de la main d’œuvre à la Ville. « Le nombre d’employés a augmenté de 10 % entre 2019 et 2021. Dans ce contexte, il faut être très prudent. On ne sait pas ce que l’avenir nous réserve. Un effort collectif devra être fait les prochaines années. La Ville avait la chance d’être dans une situation financière extrêmement saine. Évidemment, on peut toujours regarder dans le passé. On aurait pu faire les choses de façon différente. Ce que le futur nous donnes comme perspectives, c’est une situation imprévisible. Je n’ai jamais été dans un contexte de gel, car tout augmente autour de nous. Il est préférable de se donner les moyens financiers plutôt que d’emprunter. Je vais partir en laissant la Ville dans une situation financière intéressante. »

Rappelons que Martin Murray ne se représentera pas au poste de maire.

 

Partager cet article
S'inscrire
Me notifier des
guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
Voir tous les commentaires