Boisé des Hauts-Bois : des plantes rares toujours présentes

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Par Frédéric Khalkhal
Boisé des Hauts-Bois : des plantes rares toujours présentes
Le terrain qui pourrait accueillir 15 maisons jouxte le boisé protégé par Nature Action Québec. (Photo : Frédéric Khalkhal)

Un projet immobilier à 600 m d’une carrière et dans un boisé où demeurent des plantes rares protégées par une loi provinciale, fédérale et même internationale est sur le point d’être autorisé par la Ville de Sainte-Julie. Le ministère de l’Environnement a, quant à lui, déjà donné son aval.

L’autorisation du ministère de l’Environnement a été donnée en 2015 à la construction de 15 maisons en respectant certaines conditions environnementale dans le boisé des Hauts-Bois à Sainte-Julie.

Des conditions que la Ville de Sainte-Julie compte bien faire respecter par le promoteur.
Le Ministère a accepté de déplacer des plantes rares présente sur le site, bien que la pratique ne fait pas l’unanimité auprès des experts, afin de favoriser les constructions.

Une démarche qui motive maintenant la Municipalité à aller de l’avant dans ce projet, bien que de nouvelles informations lui aient été transmises.
« Nous avons indiqué à la Ville que sur le terrain, il y a encore des espèces rares. On a demandé à la mairesse qu’elle réclame une nouvelle évaluation du ministère de l’Environnement, mais elle a refusé, prétextant que tout était déjà autorisé et qu’elle était pour poursuivre le projet », nous explique Julie Charest.

Aller de l’avant

Suzanne Roy, mairesse de Sainte-Julie, a confirmé au journal qu’il n’y avait pas de raison de demander une nouvelle étude. « Nous avons eu l’autorisation du ministère de l’Environnement. Je ne veux pas lancer la Ville dans des procédures judiciaires. C’est un terrain privé qui est constructible. » Lors d’une séance du conseil municipal, elle a indiqué aux citoyens que les plantes rares n’étaient plus sur le site. Le journal a pu constater qu’il existe toujours de ces plantes protégées à l’endroit même où les maisons doivent se construire.

« On a demandé à la mairesse qu’elle réclame une nouvelle évaluation du ministère de l’Environnement, mais elle a refusé, prétextant que tout était déjà autorisé et qu’elle était pour poursuivre le projet. » – Julie Charest

Lors d’une séance du conseil municipal, la mairesse a indiqué craindre des poursuites pour une expropriation déguisée s’il y avait un changement de zonage pour préserver la nature relatant le cas de Saint-Bruno-de-Montarville avec le boisé des Hirondelles. « Saint-Bruno vient de perdre son procès contre les promoteurs », a-t-elle alors indiqué. En fait, l’action judiciaire qu’a intenté le sénateur Paul J. Massicotte contre la Ville de Saint-Bruno-de-Montarville pour construire des maisons de luxe dans le boisé des Hirondelles n’a même pas encore commencé. La mairesse a reconnu par la suite son erreur.

Le projet avance

En attendant, il semblerait, selon les habitants du quartier, qu’il serait déjà possible de réserver des terrains auprès du promoteur. Ce dernier n’a pas répondu à notre appel.
« On aimerait que la mairesse fasse partie de la solution. On aurait aimé avoir un peu d’ouverture », d’indiquer Mme Charest, qui regrette que la découverte de plantes rares dans le secteur constructible n’incite pas la Ville à contacter de nouveau le ministère de l’Environnement pour le signaler. Un groupe de citoyen s’en est chargé.

Depuis quelques séances du conseil municipal, plusieurs citoyens se mobilisent pour préserver ce boisé qui ressemble à celui du boisé des Hirondelles, qui n’est pas très loin.
La mairesse de Sainte-Julie souhaite cependant faire une distinction avec le boisé des Hirondelles. « Ce n’est vraiment pas le même dossier. Cet endroit a reçu l’autorisation du ministère de l’Environnement pour être construit. »

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