Attroupements de jeunes et éclosions

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Par Chloé-Anne Touma, Initiative de journalisme local
Attroupements de jeunes et éclosions
Les attroupements et les éclosions se multiplient chez les jeunes. (Photo : Marie-Michèle Bouchard)

Le journal a constaté la présence quotidienne de plusieurs attroupements d’adolescents qui ne respectaient pas les normes sanitaires sur l’heure du dîner, sur le boulevard Clairevue et la rue Montarville de Saint-Bruno.

Au sein de groupes de 5 à parfois 10 jeunes venus de l’école secondaire à pied, des visages à distance d’un maximum de 2 pieds et sans masque, ou dont les masques ont été baissés sous le mention, s’animent comme si de rien n’était en socialisant.

Devant les regards de passants, une adolescente s’écrie « Je le sais, je ne porte pas mon masque ! », puis ricane comme pour dissiper sa gêne.

Wagd Shidid, un montarvillois dont les petits frère et sœur sont élèves à l’école secondaire du Mont-Bruno, raconte que sa fratrie se plaint de la promiscuité et de la négligence des uns et des autres. « Ils se plaignent de tout ce qui concerne le manque de respect des normes sanitaires à l’école. Les élèves se tiennent tous collés, ils se touchent, il y a des groupes fumeurs de 40 personnes. La distanciation de 2 mètres n’existe pas. Tous empruntent le même escalier pour se rendre à leurs cours. Et c’est pareil dans les autobus, aucune distanciation. »

« Les élèves se tiennent tous collés, ils se touchent, il y a des groupes fumeurs de 40 personnes. » – Wagd Shidid

On se plaint notamment du fait que dans les gymnases, le port du masque ne soit pas imposé. Cette décision s’explique notamment par le fait que le risque de contagion soit considéré comme étant minime au contact physique échangé en pratiquant un sport, puisqu’il ne dure qu’une fraction de seconde. Mais depuis le début des débats entourant la question de la réouverture des écoles, le discours qui prévaut est qu’il ne faut pas trop exiger des jeunes, dont les apprentissages et la santé mentale pourraient être affectés par une application trop stricte des mesures sanitaires.

« Les enseignants de l’école font valoir que la pandémie est difficile pour les jeunes, qu’ils ont besoin de soutien psychologique et qu’ils sont là pour les encadrer. Au moins, on ne peut pas leur reprocher de ne pas s’intéresser à leurs étudiants. À l’université, c’est bien différent. Il n’y a pas d’encadrement en ce moment et nous sommes livrés à nous-mêmes. », ajoute Wagd.

Sur le terrain et dans la cour de l’école, les élèves sont plus disciplinés et gardent leur masque lorsqu’ils se tiennent en groupe. Mais c’est lorsqu’ils échappent à la surveillance du cadre scolaire qu’ils se laissent aller.

Dans un précédent papier, le journal s’était entretenu avec Philippe, un jeune de l’école de Chambly qui fréquentait l’école secondaire du Mont-Bruno en attendant l’agrandissement de la sienne. Le jeune confiait avoir été témoin du même type de comportement, du nom respect du port du masque, d’embrassades, d’échanges de poignées de main et de cigarettes électroniques à tour de bras.

À la suite de plusieurs plaintes citoyennes, des patrouilles de police faisaient une ronde le midi dans le centre-ville, et en octobre, on avait remarqué un changement de comportement. Dernièrement, il semble y avoir une rechute.

Il n’est pas évident de s’assurer que les élèves qui traînent ensemble à l’extérieur de l’école fassent tous partie des mêmes bulles-classes. Mais pour certains citoyens, lorsque l’on en voit les attroupements dépourvus de masques, il est plus difficile d’accepter qu’autant de commerçants soient forcées de rester fermés, contrairement aux établissements scolaires. Lors de la conférence de presse du 5 novembre, François Legault a rappelé que si les restaurants, gyms, salles de spectacle et musées devaient rester fermés, c’était pour éviter de créer des opportunités de rassemblement. Il a aussi ajouté que son gouvernement, de concert avec la Santé publique, étudiait la possibilité d’envisager « un assouplissement pour permettre des rencontres individuelles entre jeunes » afin qu’ils maintiennent le contact avec leurs amis.

Notons que dernièrement, on parle des écoles comme de foyers d’éclosion puisqu’on y compte 27 % des éclosions de COVID-19 de la province, selon les récentes données rapportées par le gouvernement.

Trouvez-vous que les directives sanitaires imposées aux jeunes sont trop exagérées ?

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