Michel Picard : après les familles, le monde associatif

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Par Frédéric Khalkhal
Michel Picard : après les familles, le monde associatif
Michel Picard, candidat sortant pour le Parti libéral du Canada. (Photo : archives)

Les Canadiens se choisiront un nouveau gouvernement le 21 octobre. Le journal Les Versants a décidé de s’entretenir avec l’ensemble des candidats de la circonscription de Montarville pour les présenter aux citoyens. La diffusion des entretiens respectera un ordre alphabétique.

Comment se passe cette campagne?

De manière civilisée et sans anicroche, et cela me réjouit beaucoup. Il y a des attaques populaires, mais les échanges à ce jour avec les autres candidats sont à la hauteur de mes attentes et sont très civilisés. J’espère que cela va durer.

Plusieurs dossiers ont mis à mal le gouvernement fédéral dont vous faites partie, comment vous les traversez?

Cela a fait réaliser aux gens l’importance des décisions qu’on prenait et l’importance des valeurs qu’on défendait. Comment les gens auraient-ils réagi si nous n’avions pas sauvé le projet de pipeline et que la moitié de la province était au chômage? Un moment donné, il faut prendre ses responsabilités et faire des mouvements audacieux, mais nécessaires. Les gens doivent réaliser la nature spécifique de la problématique albertaine, qui n’a rien à voir avec la problématique québécoise où les ressources ici sont en abondance, dont l’électricité. Sur cette lancée, on se retrouve à utiliser une ressource naturelle, tout le monde s’accorde pour dire qu’elle est polluante et difficile à exploiter. Par contre, voilà l’occasion idéale d’emboîter le pas sur une transition énergétique qui permet de ne pas augmenter la production de pétrole en Alberta. Cela va nous permettre de garantir un revenu sur l’exportation d’un produit et de le prendre pour financer une transition énergétique comme le fait le modèle norvégien. On a beaucoup emprunté pour relancer l’économie, notamment dans des infrastructures vertes, mais maintenant, il faut trouver d’autres sources de revenus pour pouvoir faire cette transition. Le pétrole de l’Alberta nous permet d’avoir environ 500 millions de dollars par année. Zéro émission nette en 2050, voilà une vision d’avenir à long terme. Cela prend un objectif de la sorte pour donner une orientation aujourd’hui. On a des plans réalistes et ambitieux, mais c’est utopique de dire que dans 10 ans, tout va fonctionner sans énergie fossile. Si Steven Guilbeault, étant une référence en termes d’écologie et d’environnement, décide d’emboîter le pas et de dire que le Parti libéral a la bonne approche, c’est qu’on a la bonne façon d’avancer. Incitatif de 5000 $ pour l’achat d’un véhicule électrique, investissement de 70 millions dans une trentaine de projets dans le réseau de transport de Longueuil (ligne bleue, REM, tramway de Québec…). Des 20 milliards pour l’électrification des véhicules, 33 % sont au Québec. Les gens veulent de l’action, cela fait quatre ans qu’on a commencé. La transition est engagée et cela reste un défi sur la base individuelle. C’est le plus grand défi de tout le monde.

L’aéroport de Saint-Hubert accueille de plus en plus de gros avions qui posent des problèmes de nuisance sonores. C’est une des compétences du gouvernement fédéral, alors on va où avec cet aéroport?

Cela fait depuis 2009 que je travaille sur l’aéroport. J’ai rencontré tout le monde. Ces gens-là se sont tous entendus. Ce n’est pas une problématique nouvelle, c’est un problème sur lequel il faut garder notre attention. Cela fait un bon bout de temps que tout le monde s’est compris. Si on développe l’aéroport de Saint-Hubert, il y aura plus de gens qui prendront l’avion, mais les heures de trafic seront moindres sur les routes et le bruit ne sera pas plus fort. C’est bien de développer le transport en commun, mais pas au détriment de la tranquillité, surtout dans un endroit si proche de la population, cependant. Alors, sur les heures de trafic, ça, c’est un dossier qui va être traité lorsque l’aéroport de Saint-Hubert aura un plan en bonne et due forme de terminal et une planification commerciale et opérationnelle solide. Mais ça a du sens que l’aéroport de Saint-Hubert croisse et qu’il récupère une partie des transports nolisés, car ça n’affectera pas l’aéroport de Montréal. Ce ne sont pas les charters vers le Sud qui vont impacter négativement l’activité de l’aéroport de Montréal. Il suffit donc de remettre les ententes en ordre et ce sera le ministre des Transports qui décidera.

C’est quoi votre bilan sur ces quatre ans de mandat?

La plus belle victoire sur ces quatre dernières années, c’est la proximité avec la population qui s’est améliorée grandement. Je m’étais lancé le défi de rendre la politique fédérale plus accessible et plus proche des gens, et les gens viennent sans gêne parler de leur dossier. Ça, ça a été une étape qui a été franchie. En termes de réalisations, le fait d’être au pouvoir, c’est sûr que cela fait un changement. Vingt millions d’investissements dans l’entreprise locale, c’est bon, aussi bien des milliers de dollars au monde communautaire. Sur le plan populaire, 11 000 familles et 20 000 enfants dans la circonscription bénéficient de l’allocation familiale bonifiée nette d’impôt. Ça, c’est de l’argent comptant dans leur poche pour payer la rentrée scolaire, les costumes d’Halloween, les effets scolaires, les équipements sportifs, mais c’est aussi 300 000 enfants qui sont sortis de la pauvreté. En examinant le bilan, en 10 ans, il suffit de regarder là où on était, et là où on est rendus aujourd’hui. Nos familles sont en bien meilleure santé sociale, économique et politique, comme sur le plan de l’emploi, par exemple. Au plan canadien, on est en déficit de 250 000 emplois et il y en a 120 000 au Québec. Nous avons investi un montant record de 180 milliards de dollars au total. On a beaucoup amélioré notre sort depuis quatre ans, à Montarville et partout dans le Canada.

Qu’est-ce qu’il reste à faire?

Travailler avec le monde communautaire. C’est le gros dossier qui s’en vient. On a la circonscription dont la moyenne de revenu est la deuxième plus élevée au Québec. Et pourtant, des organisations comme le Centre d’action bénévole (CAB) doivent fournir de l’aide à 10 fois plus de famille qu’il y a 15 ans. La pauvreté à Montarville, ce ne sont pas des gens qui couchent dehors. Ce sont des mères monoparentales qui travaillent à temps plein et qui sont limitées à gagner plus de revenus. C’est un exemple de pauvreté qu’on ne semble pas regarder, car cela croît tout le temps. Un moment donné, il faut faire quelque chose. On s’est impliqués dans des tables de concertation dès le début, ce qui a amené d’ailleurs le projet d’habitation sociale Paillasson à Saint-Bruno.

Il y a quatre ans, vous avez profité d’une vague rouge. Quatre ans plus tard, vous êtes plus connu?

Oui. Cela se voit partout. La proximité est tellement plus grande. Il y a encore des gens qui me disent « je ne sais vous êtes qui, puis on ne sait pas ce que vous faites ». Je leur dis qu’il suffit de lire le journal toutes les semaines, je ne peux pas faire non plus de miracles. Moi, j’ai un plan de match, avec une offre claire, nette et précise pour la population. Les gens choisiront de façon réfléchie au moment du vote. Les gens vont faire leur idée à partir du débat et des médias. Je suis là pour leur dire ce qu’on a fait ensemble, et ce qu’on va faire ensemble. La qualité de la plateforme sur l’environnement, les aînés, les familles, je n’ai aucun problème à vendre ce produit-là et tout le monde se porte mieux, après quatre ans, qu’il ne l’a jamais été. C’est aux gens de choisir.

L’écart se resserre entre vous et M. Bergeron. Pourquoi?

Les sondages sont une photo instantanée d’un échantillonnage très limité, puis ça change d’une journée à l’autre. La qualité de la plateforme que l’on va offrir. On a des moyens en termes de ressources et en termes de capacité de livrer notre plateforme, car nous avons déjà été au pouvoir et nous savons comment cela fonctionne. Quelqu’un qui a une plateforme et qui ne peut pas prendre le pouvoir ne peut pas faire grand-chose en définitive, sauf des vœux pieux.

Votre plus belle réalisation depuis quatre ans?

J’ai trois types de belles réalisations. Le premier a été un problème d’assurance-emploi, où le citoyen est venu me rencontrer parce qu’il avait un problème de cotisation. Nous avons éclairci ça avec Revenu Canada et on a évité qu’il ne tombe en faillite, pour lui permettre de retrouver une certaine dignité et de continuer de chercher du travail. Ça, c’est la plus belle réalisation qui t’aide à comprendre à quoi sert le travail de député.

Ensuite, le champ de tir, c’est une belle réalisation, car le processus a suivi son cours pendant trois ans et demi, pour conduire finalement à arriver quelque part à obtenir la protection d’un beau joyau.

Et le dossier le plus intense que j’ai vécu, c’est d’aider une entreprise de Sainte-Julie dans ses démarches avec le gouvernement cubain. On a travaillé comme de vrais partenaires dans un dossier. Moi qui apportais la vision du gouvernement, elle qui apportait ses efforts en matière de développement commercial, et on a fait évoluer la manière dont le Canada fait affaire avec Cuba de façon catégorique, seulement après deux ans à avoir travaillé ensemble. Cela faisait plus longtemps que l’entreprise visait cette réalisation. Faire bouger un gouvernement étranger sur la base des affaires de deux personnes, en tant simplement que député, ça démontre toute l’importance et le prestige du poste de député et les résultats ont suivi; on ne peut pas être plus fier que ça.

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Sonia
Sonia
1 année

Monsieur Picard,

J’aimerais préciser et apporter certains points importants concernant vos commentaires dans la section de l’aéroport de Saint-Hubert. Tout d’abord, si je comprends bien, vous dites que cela fait un bout de temps que tout le monde s’est compris sur la problématique de la pollution sonore que subissent les citoyens de Saint-Bruno, de Saint-Hubert, de Boucherville, de Sainte-Julie et de Saint-Basile-le-Grand?

Malheureusement, je crois sincèrement que la pollution sonore aérienne est encore une grande problématique d’actualité et continue de soulever l’exaspération de plusieurs citoyens. Je ne parle pas de ceux ici qui sont sous les corridors aériens, mais des personnes vivant à proximité. Ainsi, vous pourrez aisément constater de vous-même que plusieurs petits avions circulent à une fréquence de 30 secondes à 2 minutes du lundi au dimanche de 6h30 du matin jusqu’à passer minuit le soir. À cela s’ajoutent des hélicoptères qui circulent entre minuit et 6 h du matin des Boeing 737 qui en sont à 2 essais par nuit pour le moment. Et ceci, avant même les projets de développement en cours et à venir (plus de 10 millions de dollars ayant été octroyée récemment par la ville de Longueuil).

D’autre part, il est facile d’entendre qu’aucune mesure intégrée d’atténuation du bruit n’a été mise en place pour les villes concernées! Seulement certaines écoles de pilotages ont été tenues de réduire le bruit de leur moteur et un seul horaire de vol a été établi pour une des pistes de décollages.

En plus de cette fréquence déraisonnable et pollution sonore (et que dire des gaz à effet de serre) inacceptable, la sécurité des citoyens est à risque. Les avions circulent au-dessus des quartiers résidentiels. Faut-il attendre un écrasement majeur avant d’agir efficacement?

Enfin, pourquoi les citoyens peuvent-ils uniquement porter plainte sur l’altitude de vols des avions (moins de 1000 pieds)? Pourquoi les citoyens ne peuvent-ils pas porter plainte sur le bruit? Pourquoi ne peuvent-ils pas porter plainte sur la fréquence déraisonnable des vols?

À quand le gros bon sens et la consultation citoyenne, à une discussion collégiale? Pourrait-on établir une cartographie aérienne intégrée que les citoyens pourront consulter avant d’acheter une maison? Pourrait-on élaborer une réglementation sur les horaires et la fréquence de vols ainsi que les types d’avions? Pourrait-on, une fois pour toutes, établir des liens entre fréquences des vols, leurs parcours, la pollution sonore et la sécurité des citoyens?