André Michel : l’artiste amoureux des Amérindiens

Photo de Chloé-Anne Touma | Initiative de journalisme local
Par Chloé-Anne Touma | Initiative de journalisme local
André Michel : l’artiste amoureux des Amérindiens
André Michel présente l’exposition MAKUSHAN - le festin à la Maison amérindienne. (Photo : courtoisie)

André Michel est l’artiste derrière le « Bestiaire » du Musée de sculptures à ciel ouvert de la Route touristique du Richelieu. Ce parcours en 15 sculptures s’inspire des Amérindiens, tout comme l’ensemble de son œuvre.

Dans le cadre de ce projet initié par le Musée des beaux-arts de Mont-Saint-Hilaire, le peintre-sculpteur ethnographe a réalisé en moins d’un an, et malgré la pandémie, une quinzaine de sculptures en aluminium représentant chacune un animal fétiche dans plusieurs municipalités participantes, dont Saint-Basile-le-Grand.

Une fenêtre sur la nature

M. Michel a notamment réalisé La Tortue, située au parc Prudent-Robert à Saint-Basile.

Au lieu d’opter pour un monument massif et opaque, l’artiste raconte avoir plutôt misé sur le contour de la forme illustrée, puisque l’essentiel de la structure est un tracé de la tortue et de son cadre, dont l’intérieur vide laisse entrevoir la rivière Richelieu qu’il encadre telle une fenêtre. « Je voulais un concept qui permette d’admirer le paysage dans toute sa splendeur, à travers la pièce d’art. »

Pourquoi une tortue?

La tortue serait un symbole de persévérance et de sagesse, en plus d’être présente à l’état sauvage dans la rivière l’Acadie, tributaire de la rivière Richelieu, et son affluent, le ruisseau Massé, dont le réseau étendu sur 58 km traverse entre autres le territoire de Saint-Basile-le-Grand. En Montérégie, on retrouverait deux espèces de tortues, soit la tortue molle à épines et la tortue géographique.

« Je suis devenu (…) peintre-sculpteur ethnographe, laissant le témoignage d’une manière de vivre qui n’existe malheureusement presque plus aujourd’hui. » – André Michel

Une culture d’adoption

Originaire du Sud de la France, et adopté par les Amérindiens, son peuple de cœur, l’artiste a fait le tour du Canada, où il exposait déjà ses œuvres en 1970.

Tout comme la culture amérindienne, l’œuvre d’André Michel sacralise la nature jusqu’à en faire son essence première. L’artiste nous confie avoir consacré 50 ans à œuvrer pour mieux faire connaître les Autochtones d’ici et d’ailleurs. Fondateur des musées de Sept-Îles et de La Maison amérindienne à Mont-Saint-Hilaire, l’épicurien a vécu plusieurs mois en forêt avec les Innus, et créé des liens très forts avec les communautés amérindiennes.

André Michel nous parle d’une rencontre déterminante dans sa vie, celle de Jean-Marie Mckenzie, un chasseur, trappeur, joueur de tambour et chanteur. « Il s’est pris d’amitié pour moi, et j’avais beaucoup d’admiration pour lui. À la même époque, je montais des expositions. Au début, il y avait peu d’intérêt de la part des Québécois. J’ai donc été exposer à travers le monde dans des musées, et au lieu d’exposer dans les galeries comme la majorité des artistes, je suis devenu une sorte de peintre-sculpteur ethnographe, laissant le témoignage d’une manière de vivre qui n’existe malheureusement presque plus aujourd’hui. Puis, quand mon meilleur ami Jean-Marie est décédé, j’ai quitté le nord, car je ne voulais plus marcher dans ses pas. » L’artiste endeuillé s’est donc installé dans une maison au bord de l’eau à Mont-Saint-Hilaire ou, comme il l’appelle, « la ville d’Ozias Leduc, de Paul-Émile Borduas et de Jordi Bonet », trois artistes qu’il admire.

Depuis la mi-février, André Michel propose l’exposition MAKUSHAN – le festin, présentée à La Maison amérindienne dès sa réouverture. L’établissement fête son vingtième anniversaire cette année.

Partager cet article
S'inscrire
Me notifier des
guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
Voir tous les commentaires