Alex Agostino réagit

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Par Frank Rodi
Alex Agostino réagit
Le Montarvillois Alex Agostino pleure le départ de son ami Derek Aucoin. (Photo : archives)

Décès de Derek Aucoin

Un icône du baseball québécois, Derek Aucoin, s’est éteint le 26 décembre dernier. Il est décédé à l’âge de 50 ans des suites d’un cancer du cerveau. Alex Agostino réagit au décès de son ami et collègue.

Derek Aucoin a été lanceur au baseball majeur au cours des années 90. Il a notamment porté l’uniforme des Expos de Montréal pour se présenter au monticule dans le cadre de deux matchs. Il a aussi fait partie des filiales de la concession des Mets de New York. Depuis quelques années, il avait troqué le gant de baseball pour le micro de Bonsoir les sportifs, une émission du 98,5 FM. Il était aussi analyste à TVA Sports.

Le diagnostic est tombé il y a un an et demi, à l’été 2019, alors qu’il y avait encore du baseball sur les terrains amateurs et dans les stades de l’Amérique du Nord. La pandémie ne s’était pas encore pointée le bout du nez. Pour Derek Aucoin, c’est à une autre sorte d’épreuve qu’il a eu à faire face. Un glioblastome multiforme, une forme de cancer du cerveau incurable.

Derek Aucoin s’en est allé la tête haute (titre de sa biographie, écrite par Benoît Rioux) le lendemain de Noël, laissant dans le deuil sa femme Isabelle et son fils Dawson, entre autres.

Le lendemain, ils étaient plusieurs à lui rendre hommage, autant de la scène sportive que du domaine politique. Les organisations du Canadien de Montréal, de l’Impact de Montréal, des Blue Jays de Toronto ont commenté la triste nouvelle. Tout comme la ministre déléguée à l’Éducation et ministre responsable de la Condition féminine, Isabelle Charest. La mairesse de Montréal, Valérie Plante, Denis Coderre, Pierre Karl Péladeau, Mitch Garber, puis ses collègues du 98,5 FM, dont le Montarvillois Alex Agostino, lui ont aussi rendu hommage.

Un choc tragique

« C’est mon épouse qui m’a appris son décès, lorsque la nouvelle a été annoncée à la télévision. Nous tous au 98,5, nous savions que ça n’allait pas bien pour Derek. Depuis la dernière semaine, il ne répondait plus. Nous savions qu’il était malade. Nous savions qu’il n’allait pas bien. Nous savions que son décès était inévitable. Mais ça demeure tragique. Son départ m’a donné un choc », partage Alex Agostino, qui s’est confié au journal Les Versants.

Le superviseur des Phillies de Philadelphie dans le baseball majeur fait un parallèle entre le cancer d’Aucoin et celui de Gary Carter, qui a été emporté en 2012 par ce même glioblastome multiforme. « C’est un cancer qui aura été très virulent. J’espère qu’il n’a pas souffert. Jamais il n’a baissé les bras. L’important pour Derek, c’était de partager de la joie. Le public est en train de le découvrir », témoigne Alex Agostino.

Au téléphone, il qualifie Derek Aucoin d’athlète, de jeune père, d’un grand, d’un géant. Il mesurait 6 pieds 8 pouces. « Il était grand comme personne, mais il était aussi un homme plus grand que nature. Il avait cette prestance. Une force de la nature. »

Les entrevues qu’il a accordées au cours des dernières heures ont permis à M. Agostino de réfléchir sur la vie et de prendre le temps de se remémorer les bons moments passés avec Derek Aucoin. Au cours des années, les deux hommes se sont retrouvés sur la même route à plusieurs reprises.

Au début des années 90, Derek et Alex ont œuvré ensemble au sein de la Ligue de baseball Montréal junior élite du Québec, le premier comme joueur des Bisons de Saint-Eustache, le second comme entraîneur des lanceurs des Ducs de Longueuil. Ils se sont ensuite revus au sein des Expos de Montréal. L’homme de Saint-Bruno-de-Montarville était dépisteur pour l’organisation montréalaise. Derek était alors un jeune joueur de balle pour les Expos. Puis à la radio pendant les années 2000, ils ont renoué ensemble à nouveau, l’athlète à l’animation, le dépisteur en tant que collaborateur. « Avec Derek, la vie allait bien. Il ne parlait pas juste de sports, il aimait échanger avec le monde. Les gens se sentaient bien autour de lui. Il avait un impact. »

Promenade

L’hiver dernier, Derek Aucoin et Alex Agostino se sont à nouveau retrouvés sur la route, mais cette fois, littéralement. « Six mois après avoir appris pour sa maladie, j’ai eu l’opportunité d’aller marcher avec Derek dans son coin. C’est quelque chose qui était cher à lui. Il souhaitait prendre du temps pour se promener avec quelques personnes de son entourage. J’en ai fait partie. Je croyais prendre quelques minutes, mais cette rencontre a été plus longue que prévu. Nous avons parlé baseball, de ses parents, de la vie. Il était positif malgré la maladie. Quand je l’ai quitté ce soir-là, c’est lui qui m’avait remonté le moral! Mais il était comme ça, Derek; il faisait du bien autour de lui et donnait le goût d’être une meilleure personne », se rappelle Alex Agostino.

Avec son attitude, sa force, son courage, sa grâce et sa gratitude, « Derek Aucoin laisse à son fils cet héritage de ne jamais abandonner », estime Alex Agostino.

Un statut unique

En 1996, Derek Aucoin est devenu le seul Québécois signé et développé par l’organisation des Expos de Montréal à atteindre le grand club dans les majeures. « Il y a eu Claude Raymond et Denis Boucher, acquis par des transactions. Mais l’histoire de Derek Aucoin est différente et unique. Même s’il n’a joué que deux parties, il est le seul Québécois que les Expos ont signé et développé dans leur organisation. Son rêve, c’était de lancer pour l’équipe de son enfance. Que ce soit 2 ou 200 matchs, peu importe, il l’a fait! »

En octobre 2019, Derek Aucoin a été intronisé au Panthéon du baseball du Québec. Puis le 15 décembre dernier, l’ancien lanceur de baseball a été décoré de la Médaille de l’Assemblée nationale pour son implication sociale et ses valeurs humaines. « Il n’a pas connu une longue carrière dans le baseball, mais Derek aura su laisser sa marque », de conclure Alex Agostino.

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