Immobilier : agir pour éviter le pire

Par Gabriel Provost
Immobilier : agir pour éviter le pire
Les propriétés résidentielles de la région se vendent en moyenne en 5 jours, et ont environ 15 acheteurs intéressés chacune. (Photo: Gabriel Provost)

Alors que les acheteurs partent de la métropole pour s’établir dans les banlieues, le marché immobilier est de moins en moins accessible pour les premiers acheteurs et les vendeurs en ont pour leur argent.

Selon le courtier de Remax Jean-Harold Juin, qui connaît bien le marché de la région, « il y a une maison pour quinze acheteurs pour les propriétés de 500 000 $ et moins ». Il en serait ainsi depuis la période qui a suivi le premier confinement de 2020. « Les premiers acheteurs doivent désormais aller à Sainte-Madeleine ou à Saint-Hyacinthe pour obtenir une propriété », dit-il.

Le courtier souligne également la présence d’un engouement pour une fourchette de prix qui s’étend de 500 000 $ jusqu’à 1,3 million de dollars, où « il y a de trois à cinq acheteurs par propriété ».

Surenchère au menu

Si certains acheteurs sont attirés par le « bas prix d’une propriété », celui-ci risque d’être nettement inférieur au prix de vente auquel elle sera finalement acquise. C’est que des acheteurs offrent parfois des dizaines de milliers de dollars au-dessus du prix affiché justement pour s’assurer de remporter la résidence convoitée.

Pour Jean-Harold Juin, même si les prix payés sont parfois trop élevés, « la maison vaut ce que les acheteurs sont prêts à payer ». Le fait que les résidences se vendent en moyenne en cinq jours est certainement un autre aspect qui pousse à offrir davantage et ainsi avoir la garantie de gagner les enchères.

Essor du télétravail

Le phénomène de hausse constante du marché immobilier est entre autres attribuable au fait que des citoyens montréalais ont choisi de chercher un domicile ailleurs que dans la métropole. Les propriétés de la métropole ne sont pas toutes adaptées à la réalité du télétravail, ce qui augmente les départs vers les banlieues.

Cependant, alors que les ventes de propriétés montent en flèche, le nombre d’entre elles qui sont à vendre est de plus en plus faible. « On roule à environ 40 propriétés pour le marché de Saint-Bruno, ce qui est bas », dit M. Juin.

Éviter la catastrophe

Afin d’éviter que le marché immobilier n’implose, le Bureau du surintendant des institutions financières (BSIF) a proposé de « réviser le taux admissible minimal applicable aux prêts hypothécaires non assurés ».

Les acheteurs devraient se qualifier pour un taux hypothécaire à 5,25 % pour être en mesure d’accéder à un emprunt. Ainsi, les emprunteurs seraient assurés de pouvoir rembourser leur prêt, même en cas de baisse inattendue de revenu. Cela risque d’éviter que de nouveaux propriétaires d’une résidence ne soient plus en mesure de payer leur prêt dans l’éventualité où les taux d’intérêt augmentent sur les emprunts au Canada, ce qui pourrait survenir au fur et à mesure que l’économie reprend de la vigueur dans la période postpandémique.

Davantage d’encadrement

Deux experts du marché immobilier de la Banque de Montréal, Benjamin Reitzes et Robert Kavcic, ont également proposé d’autres solutions afin de mieux réglementer le secteur des ventes immobilières. L’une d’elles serait de rendre publiques les offres qui sont faites sur l’acquisition d’une résidence, ce qui aurait comme effet de réduire la surenchère.

Une autre piste de solution serait de procéder à une diminution du pourcentage de la valeur d’une maison que les acheteurs peuvent emprunter. Ainsi, en réduisant par exemple de 80 % à 65 %, une moins grande quantité de personnes seraient à risque de se surendetter avec l’achat d’une maison.

Coup d’œil au marché

À Saint-Bruno, la maison unifamiliale la moins chère sur le marché est présentement en vente à 399 000 $. À Saint-Basile-le-Grand, la moins chère est affichée à 369 000 $. À Sainte-Julie, le minimum pour une unifamiliale est de 349 000 $.

Les prix médians des propriétés ont, de leur côté, augmenté de manière représentative, surtout à Saint-Basile-le-Grand : les unifamiliales ont vu leur prix hausser de 27 % au dernier trimestre de 2020. À Sainte-Julie et à Saint-Bruno-de-Montarville, ces hausses sont respectivement de 11 % et 15 %.

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