Vivre des réussites sans objectif de performance
Avez-vous déjà pris le temps de réfléchir que, durant la dernière année, vous devez avoir vécu plusieurs dizaines de réussites sans même vous en être rendu compte?
C’est bien connu, au cours de sa trajectoire de vie, l’humain a des besoins d’estime et d’accomplissement. À travers le regard des autres, il cherche souvent une forme de respect et d’acceptation. Il désire se sentir utile et reconnu, notamment pour ses qualités et ses capacités. J’aimerais vous faire part de comment, à La Butte, nous amenons les jeunes à vivre des sentiments liés à la réussite sans pour autant viser des indicateurs liés à des normes de performance.
Tout d’abord, l’école, les sports et le travail : voilà trois exemples de domaine où l’atteinte des compétences, les statistiques exceptionnelles et les rendements productifs sont des indicateurs de réussite. On vous remet un diplôme, un trophée ou une promotion devant des témoins pour vous féliciter et pour faire reconnaître vos résultats. Pourtant, les dispositifs mis en place par les différentes structures de notre société pour souligner les accomplissements ne sont pas les moyens exclusifs qui signifient que vous pouvez réussir dans la vie. Tous les jours, vous vous mettez dans des situations qui peuvent vous faire vivre des réussites. Du moins, c’est ce que nous transcendons aux jeunes.
Par l’entremise de nos différentes activités, nous mettons des moyens en place pour encourager les jeunes à se faire confiance en expérimentant leurs capacités. Le sentiment de vivre une réussite, ça peut être tout aussi simple que de se dire « Aujourd’hui, j’ai appris à faire une nouvelle recette de cuisine », ou bien « J’ai appris comment utiliser tel type d’outil », ou encore « J’ai appris comment partir des semis pour préparer un jardin ».
Nous offrons, chaque semaine, de multiples occasions où les jeunes peuvent apprendre et s’améliorer. Parfois, c’est à travers des situations simples, qui font partie de la vie courante et qui peuvent être reproduites à la maison, comme passer le balai, faire la vaisselle, laver une salle de bain.
Nécessairement, parmi nos stratégies d’intervention, nous accompagnons et encadrons continuellement les jeunes afin de travailler leur esprit d’engagement et de persévérance, davantage que leurs soucis de performance. Nous leur expliquons aussi que la qualité de leurs actions évoluera avec l’expérience. L’accumulation de petites victoires quotidiennes contribue grandement à renforcir l’estime de soi et nous prenons aussi le temps de souligner les bons coups des jeunes. Surtout lorsqu’ils ou elles se mettent dans une position de pairs aidants, de leur propre initiative.
À la maison, vous pouvez aussi contribuer à faire vivre des réussites à votre ado. Que ce soit pour lui apprendre à utiliser le lave-vaisselle ou la laveuse, comment démarrer une tondeuse, se servir d’un malaxeur pour se préparer un smoothie ou même apprendre à débloquer une toilette, votre accompagnement ne sera jamais futile. Ne doutez pas des bienfaits de faire confiance à votre jeune et de lui faire comprendre que commettre des erreurs, ça fait partie du processus d’apprentissage.
Pour terminer, je vous laisse avec une citation de Confucius qui résume bien le concept de l’accompagnement vers l’autonomie : « Quand un homme a faim, mieux vaut lui apprendre à pêcher que de lui donner un poisson. »


